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African Business

Un système panafricain de surveillance des masses d’eau

Un système panafricain de surveillance des masses d’eau
  • Publiéjuin 17, 2024

Le service de suivi de Digital Earth Africa identifie plus de 700 000 masses d’eau uniques à travers l’Afrique, en intégrant plus de quarante ans d’observations par satellite.

 

Digital Earth Africa est une plateforme panafricaine qui fournit des images satellites et des produits de haute technologie spécifiques au continent. Elle se donne pour mission de transformer la manière dont l’Afrique utilise les données d’observation de la Terre, afin d’améliorer la vie des populations et aider les décideurs.

« Digital Earth Africa devient résolument le lien de connexion en ce qui concerne les efforts de l’Afrique visant à exploiter les ressources d’information pour la société et l’économie fondée sur la connaissance », résumait, à la mi-mai, Oliver Chinganya, directeur du Centre africain pour la statistique, à la Commission économique pour l’Afrique (CEA).

Aujourd’hui, la plateforme annonce le lancement de son service innovant de surveillance des masses d’eau. Ce service est le tout premier au monde  développé sur et pour le continent africain.

Ce service est unique parmi les ensembles de données satellitaires sur les eaux de surface dans le monde, étant donné la nature d’accessibilité et d’opérationnalisation des données, et l’accent mis sur la fourniture d’informations opportunes, pertinentes et facilement interprétables aux décideurs.

Le service de suivi de Digital Earth Africa permet d’évaluer et de surveiller les eaux de surface sur tout le continent africain. En regroupant les données d’observation de la Terre dans des ensembles de données accessibles et gratuits, les gouvernements africains, « les acteurs de l’industrie et les décideurs peuvent suivre les changements sur le continent avec un niveau de détail sans précédent », se félicite la société.

L’outil identifie plus de 700 000 masses d’eau uniques à travers l’Afrique, en intégrant plus de quarante ans d’observations par satellite. Mis à jour chaque semaine, le service cartographie les eaux persistantes et saisonnières, ainsi que les changements spatio-temporels de chaque masse d’eau. Les masses d’eau comprennent les lacs, les étangs, les réservoirs artificiels, les zones humides et les segments de systèmes fluviaux.

 

Mise à jour hebdomadaire

Lisa-Maria Rebelo (photo ci-contre) est scientifique en chef de Digital Earth Africa. Elle explique que l’équipe scientifique s’est interrogée sur les ensembles optimaux de données sur les masses d’eau qui permettraient de répondre aux besoins définis par les utilisateurs et d’avoir le plus d’impact possible, en examinant à la fois les lacunes actuelles des ensembles de données sur les masses d’eau et la manière d’assurer une meilleure interopérabilité pour les utilisateurs. Le résultat, considère-t-elle, est « un service robuste, conçu en collaboration avec les utilisateurs de Digital Earth Africa, qui fournit des informations très détaillées et de grande portée (à la fois actuelles et rétrospectives) sur les masses d’eau du continent ».  

Plusieurs fonctionnalités clés distinguent ce service panafricain de ses homologues. En particulier, il fournit des statistiques sur les masses d’eau pour chaque pays du continent, et est mis à jour chaque semaine avec les mesures satellitaires les plus récentes.

Alors que d’autres ensembles de données fournissent des informations importantes sur la présence ou l’absence d’eau de surface, le service de suivi des eaux continentales (Waterbodies Monitoring Service) de Digital Earth Africa va plus loin en détaillant l’étendue réelle de la surface, ainsi que la surface humide, sous forme de série chronologique pour chaque masse d’eau individuelle.

Selon Lisa-Maria Rebelo, l’un des aspects les plus intéressants du service est qu’il est accessible par le biais d’une interface de programmation (API) : le service est accessible via la plateforme de cartes interactives de Digital Earth Africa et l’environnement analytique Sandbox. « Cependant, pour le service de surveillance des masses d’eau, nous avons introduit une API afin que les fournisseurs de services et les développeurs de produits puissent intégrer directement ces données dans leur travail, créant ainsi des requêtes personnalisées sur l’étendue des masses d’eau, l’historique de la surface humide et les changements qui y sont liés » explique la scientifique.

Par exemple, un utilisateur pourrait demander des données sur toutes les masses d’eau d’une région donnée, ainsi que des séries chronologiques sur la surface humide pour chacune de ces volumes. À partir de ces données, il est possible de créer des résumés puissants et hautement personnalisés permettant de surveiller de près une masse d’eau individuelle ou de comprendre les tendances et l’état le plus récent d’un ensemble.

 

Aide à la décision

Lisa-Maria Rebelo souligne que si le service de Digital Earth Africa est novateur en matière d’accessibilité, d’interopérabilité et de transparence, c’est dans son application qu’il trouve tout son potentiel. Il s’agit notamment de fournir une compréhension détaillée de la disponibilité des eaux de surface, de l’accès à l’eau pendant la saison sèche, de l’évolution de la taille des masses d’eau au fil du temps et de la compréhension des risques potentiels d’inondation.

L’équipe attend désormais les retours des utilisateurs. Lisa-Maria Rebelo résume : « Ce service a été développé pour aider les gouvernements, les décideurs politiques et les principaux acteurs du secteur privé en Afrique à entreprendre une planification perspicace, à adopter des stratégies d’atténuation des risques et à gérer de manière proactive les établissements, les villes, les communautés et les activités de subsistance qui dépendent des masses d’eau ou qui leur sont adjacentes. »

@AB

Écrit par
Paule Fax

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