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Un secteur public marocain plus efficace

Un secteur public marocain plus efficace
  • Publiéjuin 25, 2024

La Banque mondiale accorde 600 millions de dollars à deux programmes visant à soutenir la performance du secteur public et l’amélioration et l’inclusivité des services publics au Maroc.

 

La demande du Maroc a été pleinement entendue. Le Conseil d’administration de la Banque mondiale vient d’approuver un financement de 600 millions de dollars en direction du pays, qui servira à financer deux projets visant à améliorer la prestation des services publics, l’inclusion et la performance du secteur public.

Le premier projet, baptisé « Appui à la mise en œuvre de la réforme des entreprises publiques au Maroc » (350 millions de dollars), est conçu pour améliorer la gouvernance, la restructuration, la neutralité concurrentielle et le suivi des performances des entreprises publiques. Pour ce faire, le programme « renforcera les fonctions de propriété de l’État, améliorera la gouvernance et les pratiques de gestion des entreprises d’État, encouragera le suivi des performances, y compris les impacts climatiques, et fournira un cadre pour une concurrence loyale », précise un communiqué de la Banque mondiale.

Les dernières données rendues publiques en mai 2024 par la presse marocaine précisaient que le programme ENNAJAA présentait un niveau d’avancement satisfaisant, de l’ordre de 43%, conformément aux prévisions.

Le financement supplémentaire pour le programme « Performance du secteur public », connu des spécialistes au Maroc sous l’acronyme ENNAJAA, reçoit 250 millions $, comme le réclamaient les autorités marocaines. Ce programme soutient les efforts du gouvernement marocain pour améliorer la performance et la transparence, en se concentrant sur la modernisation de l’administration publique à travers la numérisation et les réformes de la gestion des finances publiques.

Jesko Hentschel (photo) est directeur pays pour le Maghreb et Malte à la Banque mondiale. Il précise : « L’objectif ultime de ces deux projets est d’améliorer la performance du secteur public et de rehausser la qualité des services publics fournis aux citoyens marocains. Cela est conforme au nouveau modèle de développement du Maroc, qui souligne la nécessité d’un changement de paradigme pour promouvoir une croissance inclusive, tirée par le secteur privé. »

La Banque mondiale tient à préciser qu’elle a soutenu le gouvernement marocain dans les étapes initiales et la mise en œuvre de la réforme des entreprises publiques en se concentrant sur les résultats, en renforçant la capacité de mise en œuvre de la réforme des deux agences d’exécution, le ministère de l’Économie et des finances et l’agence de la propriété de l’État nouvellement créée, et en encourageant la coordination.

 

Des progrès à accomplir dans l’approche climatique

« Ces efforts ont déjà permis d’obtenir des résultats mesurables, notamment une augmentation de la représentation des femmes dans les conseils d’administration des entreprises d’État, qui est passée de presque aucune à 30 %, un plus grand espace concurrentiel pour le secteur privé et l’inclusion d’un rapport sur le climat. »

Jesko Hentschel considère que la réforme des entreprises publiques constitue « une priorité pour le Maroc », ainsi que l’a souligné le Conseil des ministres, le 1er juin. « Avec la vision d’un Maroc prospère, l’objectif est de reconfigurer le portefeuille public, d’améliorer sa performance et de mener des réformes pour assurer des services publics accessibles et de haute qualité à la population. »

En ce qui concerne la performance du secteur public, après presque deux ans de mise en œuvre, le programme initial de l’ENNAJAA a déjà montré des résultats, y compris une augmentation de près de 7 % des recettes fiscales supplémentaires grâce à une meilleure conformité au niveau national et une augmentation de 22 % des recettes collectées par les dix plus grandes municipalités au niveau infranational.

Ce financement supplémentaire pour le programme ENNAJAA donnera la priorité à l’amélioration de l’efficacité des dépenses publiques et de la gestion des recettes, y compris une plus grande transparence budgétaire pour les citoyens sur les dépenses publiques. Il permettra également l’adoption d’une budgétisation sensible au climat, une première au Maroc, et d’une budgétisation sensible au genre pour huit départements ministériels d’ici la fin du projet, repoussée au 31 décembre 2028.

Les dernières données rendues publiques en mai 2024 par la presse marocaine précisaient que le programme ENNAJAA présentait un niveau d’avancement satisfaisant, de l’ordre de 43%, conformément aux prévisions.

Seul bémol, la Banque mondiale évoquait « des retards initiaux » enregistrés dans l’élaboration d’un « mécanisme budgétaire sensible au climat ». L’institution de Washington jugeait « modérément satisfaisantes » les performances en matière de systèmes de gestion environnementale et sociale.

@AB

Écrit par
Paule Fax

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