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Un prêt pour l’économie et le climat de Madasgacar

Un prêt pour l’économie et le climat de Madasgacar
  • Publiéjuin 24, 2024

FMI et Banque mondiale approuvent une série de réformes du gouvernement malgache et accordent un appui financier supplémentaire au pays, sous forme d’un prêt commun.

                                

« Une véritable aubaine », s’est réjoui le ministre malgache de l’Environnement, Max Andonirina Fontaine, à l’annonce d’un appui des institutions de Washington à son plan de réformes en faveur d’une économie verte.

En effet, tout en accordant un appui de 337 millions de dollars au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC), le FMI (Fonds monétaire international), rejoint au plan technique par la Banque mondiale, octroi au pays 321 millions $ au titre de la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD). Une « facilité » conditionnée à une série de mesures en faveur de la résilience économique.

« Relever les défis du changement climatique sera essentiel pour la résilience macroéconomique à moyen terme de Madagascar ».

L’accord FEC fait suite à une renégociation avec le FMI, tandis que Madagascar a annulé l’accord précédent, supposé couvrir une période de 40 mois. « Le programme soutenu par la FEC apportera une aide essentielle pour accroître la résilience économique de Madagascar en ancrant la viabilité budgétaire, en renforçant la gouvernance, en consolidant la stabilité monétaire et financière et en faisant progresser les réformes pour soutenir l’industrialisation et le développement du capital humain », commente le FMI dans un communiqué.

De son côté, l’accord FRD « vise à remédier aux vulnérabilités climatiques grâce à la mise en œuvre de politiques climatiques appropriées ».

Sur le plan économique, social, l’urgence fait loi. La croissance de Madagascar est tombée à 3,8 % en 2023, tandis que les pressions inflationnistes se sont atténuées, relève le FMI. La faible mobilisation des recettes et les pertes de la compagnie d’eau et d’électricité (JIRAMA) ont continué de peser sur le solde budgétaire. Le déficit du compte courant s’est réduit, principalement en raison d’une baisse des importations et du ralentissement de l’activité économique.

Les autorités se sont engagées à stabiliser la dette en dessous de 60 % du PIB et à ramener le déficit primaire à environ 3 % du PIB pendant la durée du programme. Elles entendent prendre des mesures en matière de recettes et réduire les transferts vers le secteur énergétique, notamment par une suppression progressive des subventions aux carburants.

 

Une gouvernance à améliorer

Il s’agit notamment d’efforts de mobilisation des recettes à moyen terme par le biais de mesures de politique fiscale et d’administration des recettes. « Ces efforts devraient contribuer à créer un espace budgétaire pour investir dans le capital humain et physique », se félicite le FMI.

Les autorités sont également déterminées à renforcer la gouvernance, la transparence et la lutte contre la corruption, à poursuivre la mise en œuvre du cadre opérationnel de politique monétaire ciblant le taux d’intérêt et à renforcer la résilience, notamment grâce à des filets de protection sociale plus solides.

Cette nouvelle stratégie anti-corruption qui, associée à un « Diagnostic de la gouvernance » par le FMI, « soutiendra de nouveaux efforts pour lutter contre la corruption, promouvoir la transparence et améliorer la gouvernance », juge un émissaire du FMI. Qui précise que les autorités travaillent donc à la mise en œuvre d’un nouveau cadre opérationnel de politique monétaire, axé sur le renforcement de la gestion des liquidités et de la communication de la Banque centrale.

Voilà qui permet « des perspectives de croissance à moyen terme favorables », notamment grâce aux programmes du gouvernement visant à stimuler la productivité agricole, à accroître l’accès à l’électricité et à améliorer les infrastructures routières. Les risques diminuent, bien que le contexte mondial demeure incertain que la « Grande Île » reste vulnérable aux chocs climatiques. Le FMI prévoit une croissance de 4,5% en 2024 et 4,6% en 2025.

Max Andonirina Fontaine, 28 ans, ministre de l’Environnement (Madagascar).
Max Andonirina Fontaine, 28 ans, ministre de l’Environnement (Madagascar).

 

Pour autant, « relever les défis du changement climatique sera essentiel pour la résilience macroéconomique à moyen terme de Madagascar ». Les réformes soutenues devraient renforcer la gouvernance climatique et intégrer le climat dans les processus de gestion des finances et de l’investissement publics, renforcer l’adaptation au changement climatique et la résilience face aux catastrophes naturelles, freiner la croissance des émissions de gaz à effet de serre, renforcer la protection des forêts et de la biodiversité et mobiliser les financements climatiques.

Par exemple, le ministre Fontaine va réformer le décret sur l’accès au marché des carbones forestiers ; lequel, à son sens, « ne prend pas en considération les actions de restauration des terres » et n’est donc pas assez attractif aux yeux du secteur privé. « Le fait de le réformer va attirer davantage d’investissements à Madagascar pour financer les efforts d’adaptation », confie-t-il à RFI. Le ministre prévoit également la création d’un Fonds national sur l’énergie durable.

@AB

Écrit par
Aude Darc

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