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African Business

Un plan d’action commun pour BAD et BEI

La Banque européenne d’investissement et la Banque africaine de développement partagent une vision commune du travail à réaliser, au-delà de l’urgence sanitaire. Les deux partenaires ont élaboré un plan d’action pour un continent qui reste une terre d’investissements.

Par Aude Darc

Un partenariat renforcé par un plan d’action. La BAD (Banque africaine de développement) et la BEI (Banque européenne d’investissement) veulent renforcer leur coopération et leurs priorités mutuelles, avec un accent fort et partagé sur la dynamisation des investissements publics et privés en Afrique.

Le plan d’action permet aux deux institutions de développer un panier commun de projets finançables axés sur des domaines complémentaires auxquels chaque partenaire pourra mettre à profit ses avantages comparatifs.

« L’Afrique se distingue pour ce qui est de la facilité de faire des affaires tandis que l’explosion du numérique constaté aujourd’hui en Afrique est très prometteuse », martèle le président Adesina, citant en exemple la vague de fusions et acquisitions enregistrées sur le continent.

Il s’agit notamment de la lutte contre les effets du changement climatique et la viabilité environnementale, les investissements novateurs de grande ampleur dans des infrastructures de qualité, les infrastructures et les services pour les technologies de l’information et de la communication. Sans oublier l’inclusion financière visant à l’autonomisation des filles et des femmes, l’éducation, la formation et la santé.

 « Il est essentiel qu’un plus grand nombre de banques de développement et d’autres institutions de financement s’engagent dans une collaboration plus étroite et plus forte, afin que nos pays membres soient soutenus de manière plus efficace durant cette période difficile », a déclaré Bajabulile Swazi Tshabalala vice-présidente de la BAD. « Une croissance économique durable et la sécurité dans les régions confrontées à des problèmes spécifiques, comme le Sahel et la Corne de l’Afrique, sont notre priorité absolue. »

Pour Thomas Östros vice-président de la BEI, les partenaires « renforceront la coopération et la collaboration avec les partenaires africains pour faire en sorte que l’Afrique puisse s’extraire des problèmes sanitaires, sociaux et économiques créés par la pandémie de Covid-19 et s’acheminer vers un 21e siècle encore plus radieux ».

Le plan est axé sur les cinq domaines prioritaires de développement de la BAD ainsi que sur les domaines prioritaires de la BEI pour l’Afrique. À la suite de la crise sanitaire, les deux institutions ont réservé leur aide financière à des mesures d’intervention rapides pour répondre aux besoins budgétaires et sanitaires.

De l’utilité des banques de développement

Au cours des cinq dernières années, le portefeuille commun des deux institutions est passé à 3,4 milliards d’euros et a généré un total d’investissements de 10,2 milliards d’euros pour vingt-six projets à travers le continent.

Le travail de coopération pour augmenter le financement du capital-risque des entreprises axées sur l’innovation et les technologies, grâce à l’initiative « Boost Africa » et à la participation au programme « Desert to Power », montre comment les banques publiques contribuent à l’accélération des financements dans les domaines prioritaires.

La participation financière et technique unique des banques publiques a encore été démontrée, début janvier 2021, lorsque les présidents de la BEI et de la BAD ont confirmé un soutien accru à la biodiversité et à l’investissement au Sahel dans le cadre de la Grande muraille verte.

Au cours des dernières années, la BEI et la BAD ont soutenu ensemble des projets portant sur l’énergie propre, l’eau, les transports ou relevant du secteur privé à travers le continent, que ce soit au Maroc, au Sénégal, au Kenya, en Zambie, etc.

De son côté, le président de la BAD estime que l’Afrique reste un terrain propice aux investissements, mais que l’ampleur de ces derniers dépend en grande partie de la capacité du continent à dynamiser son secteur de la santé. Akinwumi Adesina s’est exprimé lors de la Conférence sur l’investissement en Afrique, qui s’est tenue à Londres le 20 janvier 2021.

L’Afrique, nouvelle frontière

« L’Afrique possède encore les fondamentaux qui ont contribué à la croissance phénoménale du continent au cours des dix dernières années », a-t-il détaillé. Au tournant des années 2010, le continent offrait de vastes possibilités en matière de ressources naturelles, d’immenses étendues de terre arable et une population jeune, moteur d’une urbanisation rapide.

« Les fondamentaux de ces taux de croissance phénoménaux en Afrique existent toujours », juge le président Adesina. « L’Afrique se distingue pour ce qui est de la facilité de faire des affaires tandis que l’explosion du numérique constaté aujourd’hui en Afrique est très prometteuse », a-t-il ajouté, citant notamment la vague de fusions et acquisitions enregistrées sur le continent.

L’économie de l’Afrique a reculé de 2,1 % en 2020 et devrait croître de 3,4 % en 2021 alors que l’économie mondiale se remet de l’impact de la pandémie de Covid-19. Les dix économies à la croissance la plus rapide se trouvaient encore en Afrique.

Pourtant, le continent ne compte que 365 sociétés pharmaceutiques, contre 7 000 en Chine et 11 000 en Inde, deux pays avec des populations de taille comparable à celle du continent. « C’est là que se trouve la nouvelle frontière! », a conclu le président Adesina, s’adressant aux investisseurs britanniques.

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