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Un Datacenter, pour la souveraineté numérique du Congo

Un Datacenter, pour la souveraineté numérique du Congo
  • Publiémai 17, 2024

Dès la fin de l’année, un centre de stockage et de traitements de données, en plein cœur de Brazzaville, offrira au Congo et à l’Afrique centrale un nouveau champ des possibles.

 

La construction du Datacenter national de Brazzaville avance à grands pas, annonce la BAD (Banque africaine de développement) qui a participé au financement de l’ouvrage. Un bâtiment à l’architecture futuriste sera bientôt le centre névralgique de stockage et de traitement de toutes les données numériques de la République du Congo. Il hébergera aussi les différentes applications développées ou acquises par le pays.

« Il est facile de pirater les données quand elles sont hors de votre territoire. Avec ce Datacenter, on maîtrisera plus aisément le traitement et l’accès des données dans notre pays. »

« Bientôt, le Congo sera le seul pays d’Afrique centrale à disposer de son propre Datacenter. Les vidéoconférences qu’on organise ici ne transiteront, à terme, plus par un serveur basé en Europe, en Amérique ou ailleurs avant de nous revenir. Tout se passera ici », se félicite Michel Ngakala, coordonnateur du Projet de la dorsale à fibre optique d’Afrique centrale (CAB), composante du Congo.

Michel Ngakala, coordonnateur du Projet de la dorsale à fibre optique d’Afrique centrale
Michel Ngakala, coordonnateur du Projet de la dorsale à fibre optique d’Afrique centrale.

 

Ce projet d’un financement total de 66,55 millions d’euros (52,47 millions d’euros de la BAD et 14,50 millions d’euros du gouvernement du Congo), a permis la pose d’un linéaire de plus de 600 kilomètres de fibre optique sur les axes d’interconnexion avec le Cameroun (341 km) et la République centrafricaine (281 km) via le fleuve Congo. « Une prouesse » d’après l’économiste de la BAD dans le pays, Sié Antoine-Marie Tioyé, surtout en ce qui concerne le volet sous-fluvial pour l’interconnexion Congo-Centrafrique à travers le fleuve Sangha. Quelque 13,8 millions d’euros du montant du projet sont consacrés à la construction et à l’opérationnalisation du Datacenter.

Sur les trois niveaux du bâtiment en construction, les ingénieurs prévoient des salles serveurs, de contrôle et supervision, de réunion et de conférence ainsi que les emplacements pour les équipements d’énergie et de climatisation nécessaires au bon fonctionnement du Datacenter, explique le coordonnateur qui indique que le chantier sera livré d’ici à décembre 2024.

Toutes les données qui vont être produites au Congo doivent être stockées quelque part. Actuellement, ces données sont stockées à l’étranger si bien que les Congolais utilisent des noms de domaines qui se terminent souvent par « .fr » ou « .com », alors que le nom de domaine du Congo est « .cg ». « Dorénavant, nous pourrons héberger toutes les données publiques au niveau du Datacenter, ainsi que celles des opérateurs de télécommunications, des banques, des compagnies d’assurances et des autres sociétés privées qui veulent les faire héberger ici, y compris les sauvegardes des sites de stockage primaires éventuels qu’ils utilisent », assure Michel Ngakala.

Sié Antoine-Marie Tioyé, économiste de la BAD au Congo.
Sié Antoine-Marie Tioyé, économiste de la BAD au Congo.

 

« Ce projet va consacrer la souveraineté numérique du pays parce qu’on ne peut pas se dire souverain alors que nos données, même les plus sensibles, sont stockées hors de notre territoire, dans des pays étrangers », avec des risques réels de mésusage, de violation ou encore de fuite massive, poursuit-il.

 

Vers une économie circulaire digitale

« La thématique de la localisation des données prend de l’épaisseur ces dernières années à travers le continent surtout en ce qui concerne les données sensibles. La disponibilité des données produites localement ouvrira la voie à un cercle vertueux de création de valeur locale qui sera bénéfique à l’ensemble de l’écosystème digital (public, privé, etc.) de nos pays. Ce sont les prémices d’une économie circulaire digitale qui contribuera à un développement bas carbone de notre continent », ajoute Samatar Omar Elmi, chargé en chef des technologies de l’information à la BAD.

En plus de renforcer la souveraineté numérique, ce projet va « contribuer à l’amélioration de la compétitivité de l’économie du Congo en termes de coût de facteur car, la communication est un facteur important dans le développement de l’économie », souligne l’économiste Sié Antoine-Marie Tioyé.

« Il est facile de pirater les données quand elles sont hors de votre territoire. Avec ce Datacenter, on maîtrisera plus aisément le traitement et l’accès des données dans notre pays », insiste Michel Ngakal.

Qui donne l’exemple du ministère des Postes qui met en œuvre un projet d’identification numérique de toute la population congolaise, soit un grand nombre de données qui seront générées et pourront être stockées au niveau national et non plus à l’étranger. D’autres partenaires du Congo se positionnent de manière complémentaire sur d’autres segments pour amplifier l’impact de ce projet.

À la fin des travaux, le Datacenter sera géré par un délégataire (public ou privé) qui prendra en charge la gestion, la commercialisation et la maintenance de l’infrastructure.

Le Datacenter national du Congo en construction. La partie génie civil est à environ 60% d’avancement à début mai 2024
Le Datacenter national du Congo en construction. La partie génie civil est à environ 60% d’avancement à début mai 2024

 

PF, d’après une note de la BAD

@AB

Écrit par
Paule Fax

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