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Togo : un appui du FMI sous conditions

Togo : un appui du FMI sous conditions
  • Publiémars 5, 2024

Le Togo obtient 390 millions de dollars d’aide du FMI qui exige de nouvelles réformes économiques et financières, dont l’arrêt des subventions au carburant.

 

Constatant « des difficultés », le FMI (Fonds monétaire international) accorde un nouveau soutien au Togo. Au titre de la FEC (Facilité élargie de crédit), l’institution lâche un montant de 293,6 millions de Droits de tirage spéciaux, soit environ 390 millions de dollars, dont 68,3 millions $ décaissés immédiatement. Cette « Facilité » n’est pas exempte d’exigences, notamment concernant les soutiens à l’économie.

En matière de conjoncture économique, le FMI constate que le Togo peine à se remettre des « chocs » mondiaux et régionaux. Le pays a du mal à trouver des financements, tandis que l’insécurité politique gagne la frontière nord, et tandis que l’insécurité alimentaire persistante est aggravée par le changement climatique. Durant les années pré-Covid, le Togo était loué pour la réduction de son endettement. Un résultat désormais effacé.

Le FMI tient à saluer « la manière impressionnante » dont les autorités ont entamé le rééquilibrage des finances publiques en 2023. Et approuve la volonté du pays d’augmenter ses recettes fiscales de 0,5% du PIB chaque année.

Certes, le « solide programme » de réformes a pour objectif de préserver la stabilité macroéconomique et d’accélérer la réduction de la pauvreté, reconnaît l’institution. Il s’agit de rendre la croissance plus inclusive tout en améliorant la viabilité de la dette. De plus, des réformes structurelles visent à soutenir la croissance et limiter les risques liés aux finances publiques et au secteur financier.

Les principales politiques prévues sont le renforcement des dépenses et de la protection sociale, le rééquilibrage des finances publiques pour stimuler la croissance. De leur côté, les réformes structurelles visent à favoriser la croissance en améliorant l’environnement des affaires, et l’exécution d’une réforme du secteur bancaire passant notamment par la recapitalisation de la dernière banque publique existante.
Néanmoins, le FMI considère que son programme d’appui au Togo « contribuera à accélérer la réduction de la pauvreté, à préserver la stabilité macroéconomique et à mobiliser davantage de financements extérieurs ». Ce qui, à l’en croire, profitera non au Togo ainsi qu’à la région ouest-africaine dans son ensemble.

 

Le défi de la dette

Dans ce contexte de réformes, qui vise aussi à compléter la riposte militaire au terrorisme par une réponse civile, le FMI a une exigence. « Il importera de remplacer les subventions généralisées aux carburants par des mesures de protection plus ciblées et moins coûteuses en faveur des plus vulnérables, notamment par le biais de transferts monétaires », déclare son représentant. Le FMI ne fait qu’exprimer là son leitmotiv depuis deux ans. Reste à savoir si le Togo peut répondre à cette attente sans aggraver les inégalités. Les subventions aux carburants n’ont, il est vrai, pas réussi à endiguer la hausse des prix à la pompe, et elles ne profitent pas toujours à ceux qui en ont le plus besoin. Cette mesure reste néanmoins populaire, dans un pays appelé à revenir aux urnes en 2024 et 2025.

Et pourtant, « les autorités doivent poursuivre sur la voie d’un rééquilibrage des finances publiques porteur de croissance, afin de se ménager l’espace budgétaire nécessaire aux dépenses de développement dont le Togo a besoin, tout en renforçant la viabilité de sa dette », insiste l’institution de Washington. Sur ce point, le programme du FMI, qui conditionne son aide, prévoit la réduction du « risque global de surendettement » ; la dette doit passer d’un niveau élevé aujourd’hui à un niveau modéré, c’est à d’au plus 55% du PIB. D’ici 2025, le Togo devra réduire son déficit budgétaire à 3 % du PIB d’ici 2025, pour éviter de mettre à trop rude épreuve la capacité des marchés financiers à apporter des financements.

Le FMI tient à saluer « la manière impressionnante » dont les autorités ont entamé le rééquilibrage des finances publiques en 2023. Et approuve la volonté du pays d’augmenter ses recettes fiscales de 0,5% du PIB chaque année. Précisant : « Pour que ces initiatives réussissent, il sera indispensable d’élargir l’assiette de l’impôt en réduisant les dépenses fiscales. »

De même, les autorités doivent « continuer d’améliorer le climat des affaires », insiste le FMI. De ce point de vue, la mise à disposition de ressources budgétaires pour la recapitalisation de la dernière banque publique, en difficultés, qui a permis de ramener à zéro le niveau des fonds propres réglementaires, constitue « un premier pas bienvenu. » L’essentiel ici est de réduire les risques pour la stabilité du secteur financier.

@AB

Écrit par
Aude Darc

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