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African Business

Covid-19 au Gabon : Bongo en première ligne

Depuis le début de la pandémie de la Covid-19, s’il est un nom qui revient régulièrement pour ses initiatives dans la lutte contre le virus au Gabon, c’est Noureddin Bongo Valentin. Qui est-il ?

Par Serges David

Coordonnateur général des Affaires présidentielles depuis le 5 décembre 2019, Noureddin Bongo Valentin est à la pointe du combat contre la Covid-19 au Gabon. Il ne cesse de multiplier les théâtres d’opérations pour porter l’estocade à cette pandémie qui n’épargne aucun pays.

Rien au Palais présidentiel, ne peut se faire sans qu’il en soit informé et qu’il ait validé : rencontre du Président avec la presse, les hommes d’affaires, les décideurs, etc., l’avis de Bongo Valentin prime.

Dès le début le 12 mars 2020 de la maladie au Gabon, il a mis en route une opération caritative de distribution d’un don alimentaire et sanitaire sur l’ensemble du pays.

Selon lui, l’objectif est d’aider les couches gabonaises fragilisées à se nourrir pendant la période de confinement en cours à cause de la pandémie.

« En cette période de Covid-19, la solidarité n’est plus une option, mais une obligation », explique celui qui reste convaincu que pour arriver à vaincre la crise sanitaire induite par la Covid-19, l’arme absolue est la « solidarité ».

Jouant avec dextérité et détermination son rôle, Noureddin Bongo Valentin a fait aussi un don de produits de consommation courante aux Gabonais économiquement faibles. Ce package est composé de 715 tonnes de riz, 286 tonnes d’huile, 72 tonnes de poissons et 143 tonnes de savons pour les besoins hygiéniques.

Charge aux élus locaux d’assurer la distribution aux populations vulnérables et à faibles revenus. Celle-ci a déjà commencé par la commune de Ntoum.

Solide réputation dans les affaires

Celui qui porte deux casquettes, celle de Coordonnateur général des Affaires présidentielles et fils aîné du président Ali Bongo Ondimba et de la Première dame, Sylvia Bongo Ondimba, est diplômé de l’École des études orientales et africaines de Londres, en Grande-Bretagne.

Noureddin Bongo Valentin a commencé sa carrière professionnelle au sein du groupe singapourien de l’agroalimentaire basé à Libreville : Olam. Quelques années plus tard, il a élargi son champ professionnel en ouvrant sous sa propre marque, « Mayena Foods », des restaurants à Libreville. Et dans la foulée, en 2017, il crée « Shanah Investments », une société d’investissement spécialisée dans les conseils et services aux entreprises internationales intéressées par l’Afrique et souhaitant y investir.

Bien avant ces deux actions dans le domaine de l’entrepreneuriat, Valentin Bongo a été membre, entre 2014 et 2018, du conseil d’administration de l’École ruban vert.

Cette école internationale est basée à Libreville. Et c’est d’ailleurs Bongo qui a supervisé la construction et les premières années d’exploitation en tant que président du conseil d’administration. Malgré ses bons résultats, il démissionne en 2018 pour mieux se concentrer sur ses différents engagements professionnels, qui le contraignent à effectuer de nombreux voyages à l’étranger.

Valentin Bongo a la réputation tenace de l’homme d’affaires qui n’échoue jamais. D’ailleurs, à Libreville, il se raconte que tout ce qu’il touche, il le transforme en bijou. Pour dire qu’il a la compétence des affaires chevillée au corps… Tous ceux qui l’ont rencontré indiquent qu’il est « affable, débonnaire et a la générosité du cœur ».

Le bilan de la Covid-19 dimanche 26 avril 2020, était de 176 cas, 3 morts et 30 guérisons depuis le début de l’épidémie le 12 mars 2020

Un destin présidentiel 

À seulement 29 ans, Noureddin Bongo Valentin est le plus jeune fonctionnaire à occuper ce poste de Coordonnateur général des Affaires présidentielles. Il signifie officiellement qu’il est chargé d’« assister le président de la République dans la conduite de toutes les affaires de l’État ».

Ce qui veut dire aussi que rien au Palais du bord mer, le Palais présidentiel, ne pourra se faire sans qu’il en soit informé et qu’il ait validé : rencontre du Président avec la presse, les hommes d’affaires, les décideurs, etc., l’avis de Bongo Valentin prime.

Suffisant pour qu’on se perde en conjectures et que certains avancent, avec des trémolos dans la voix, que Valentin Bongo est un dauphin en passe de succéder à son père, le président Ali Bongo.

Cette analyse est rendue possible, car la révision de la Constitution gabonaise, adoptée en janvier 2018, a fait sauter le verrou de la limitation des mandats du Président. Et surtout, cela est inédit, la loi fondamentale n’exige plus d’âge minimum requis pour être élu à la tête du pays, ce qui, en théorie, est favorable à Bongo-fils. Noureddin Bongo Valentin succédera-t-il à son père afin de perpétuer la dynastie présidentielle des Bongo au Gabon?

À cette question, les faits historiques attestent de la faisabilité d’un tel scénario. De fait, le passage de relais de père en fils n’est pas nouveau dans le pays. Ali Bongo lui-même, ministre de la Défense (1999-2009) dans le gouvernement de son père, Omar Bongo, accède au pouvoir en 2009. Profitant de la machine électorale et de l’ancrage territorial du Parti démocratique gabonais (PDG, au pouvoir) dont il était le vice-président, Ali Bongo hérite du fauteuil d’Omar Bongo (1967-2009). Son fils continuera-t-il l’œuvre ?

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