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African Business

Alliance dans le fret entre Djibouti et l’Éthiopie

Les compagnies aériennes Ethiopian Airlines et Air Djibouti s’associent avec le port de Djibouti afin de proposer un hub de fret aéromaritime depuis l’aéroport de Djibouti. L’objectif est de concurrencer Dubaï dans le trafic de marchandises.

Par Aude Darc

L’Éthiopie et Djibouti affrontent Dubaï sur son terrain. Les compagnies Ethiopian Airlines et Air Djibouti, ainsi que le port de Djibouti, regroupent leurs forces dans le trafic de marchandises. L’objectif est de « proposer un hub global de fret aéromaritime depuis la place Djibouti, en acheminant par cargo aérien vers tout le continent africain les marchandises déchargées aux ports de Doraleh », souligne un communiqué du gouvernement de la République de Djibouti.

De son côté, Ethiopian Airlines renforce sa position sur le segment du fret aérien en Afrique. La compagnie avait déjà, en 2020, face à la crise sanitaire, transformé une partie de sa flotte passagers en avions-cargos. Cet accord confirme que cette stratégie s’inscrit dans la durée. Air Djibouti ne dispose que d’un seul avion-cargo – l’achat d’un Airbus A 320 est évoqué depuis un an – contre onze pour la compagnie éthiopienne.

Djibouti est engagée dans la modernisation de sa législation, de son système financier, la mise à niveau de ses ressources humaines et la réalisation d’infrastructures performantes adaptées aux exigences du marché international.

Néanmoins, Djibouti entend attirer, par cette opération, le trafic vers ses ports maritimes et confirmer son rang de destination de choix en Afrique de l’Est. Le port trouve un nouveau débouché et peut ainsi prendre des marchés au rival Dubaï, où transitent chaque année quelque 850 000 tonnes de marchandises à destination de l’Afrique. De nouveaux accords noués avec la Chine permettraient de reprendre une grande partie de ces volumes ; la Chine étant présente dans de nombreux projets d’infrastructures à Djibouti.

Une modernisation en marche

Quoi qu’il en soit, cet accord confirme les ambitions de ce petit pays d’Afrique de l’Est. Selon la Banque mondiale, Djibouti devrait enregistrer en 2021 une croissance des plus robustes : +7,1%. Voilà qui fait écrire à son gouvernement que le pays aborde l’année qui vient « avec détermination, malgré une conjoncture internationale particulièrement difficile du fait de la crise sanitaire ».

Cette perspective n’est pas due au hasard, poursuit la communication officielle. Dépourvu de richesses naturelles, soumis à une nature exigeante et aride, Djibouti table sur son principal atout : sa situation géostratégique, à l’entrée du détroit de Bab-el-Mandeb. Lequel se situe au carrefour des grandes voies maritimes mondiales, emprunté par un navire gros porteur toutes les 25 minutes.

Dans ce contexte, l’État a développé un « business model » basé sur une offre portuaire et logistique qui lui est propre. Depuis 2013, année de la mise en œuvre du plan de développement « Vision 2035 », Djibouti s’est engagée dans la modernisation de sa législation, de son système financier, la mise à niveau de ses ressources humaines et la réalisation d’infrastructures performantes adaptées aux exigences du marché international.

Aujourd’hui, le terminal à conteneurs de Doraleh, revenu dans le giron de l’État en 2018, s’impose comme l’un des plus performants de la région. Son écosystème de premier plan comprend la nouvelle ligne de chemin de fer vers Addis-Abeba, le port Doraleh Multi Purpose, la Zone franche internationale, le port minéralier de Goubet et celui de Tadjourah.

Concurrence au centre d’affaires de Dubaï

À moyen terme, Djibouti prévoit un nouveau programme portuaire. D’une part, avec le projet Djibouti Damerjog Industrial Development (DDID). D’autre part, avec le réaménagement du port historique, situé en plein centre-ville, en centre d’affaires international attractif.

Le projet DDID sera réalisé sur une durée de quinze ans pour un investissement total de 3,8 milliards de dollars. Il prévoit, dans sa première phase, la réalisation d’une raffinerie et d’une jetée pour un terminal pétrolier.

Port de Djibouti

Concernant le « vieux port », le partenaire stratégique China Merchants Group a signé début 2021 un premier accord d’investissement de 350 millions $, ouvrant ainsi la voie au démarrage de ce projet dans lequel il prévoit d’investir un total de 3 milliards $.

Le réaménagement du port historique prévoit aussi la création d’un chantier de réparation naval en partenariat avec l’un des leaders mondiaux du secteur, le néerlandais Damen.

Les projets d’infrastructures concernent aussi les secteurs clés de l’énergie, de l’eau et du développement durable. L’énergéticien français Engie sera chargé de concevoir, de construire et de gérer le projet de centrale photovoltaïque dans le désert du grand Barra. L’espagnol Siemens Gamesa a été sélectionné pour la construction du parc éolien de Ghoubet. Enfin, les travaux de l’usine de dessalement d’eau de mer menés par le groupe Eiffage en association avec l’espagnol Tedagua sont en voie de finalisation.

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