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African Business

Un portail interactif de partage des capacités

L’Association des compagnies aériennes africaines (AFRAA) a revu en hausse ses estimations de pertes pour le secteur aérien. Ses dirigeants exhortent les pays africains à coordonner leurs actions, notamment leurs protocoles sanitaires, afin de limiter les dégâts.

Par Laurent Soucaille 

Pour sa part, l’AFRAA propose un portail interactif de partage des capacités pour les compagnies. Ce portail a été créé sous les auspices du partenariat stratégique entre l’AFRAA et l’ACC Aviation Group. Il permettra aux compagnies aériennes d’accéder à des services de pointe pour soutenir le développement de l’industrie aéronautique africaine.

Le 12 août 2020, lors du lancement, un atelier virtuel de renforcement des capacités a permis de démontrer les fonctionnalités de l’outil aux compagnies aériennes.

L’AFRAA exhorte les gouvernements africains à envisager des plans de sauvetage afin de compenser les lourdes pertes et d’alléger les coûts d’exploitation. L’industrie aéronautique soutient quelque 6,2 millions d’emplois et contribue à hauteur de 2,6% au PIB de l’Afrique.

« La coopération entre les compagnies aériennes est primordiale pour la durabilité de l’industrie du transport aérien », commente l’AFRAA. Le portail, alimenté par ACC Aviation Group, offre aux compagnies aériennes une plateforme pour partager les capacités et augmenter l’utilisation quotidienne des avions.

D’une part, les opérateurs ont la possibilité de faire des offres sur la disponibilité de leurs avions et de consulter la liste des avions proposés pour des locations. Que ce soit pour les avions avec équipage, des locations d’aéronefs coques-nues, des avions en vente, ainsi que pour l’utilisation des avions en attente prolongée en escale.

D’autre part, les utilisateurs peuvent faire des demandes de location ou de services. En effet, alors que les compagnies aériennes redéfinissent leurs modèles économiques, leur réseau et leur flotte, l’AFRAA et l’ACC proposent des services de conseil en restructuration pour les aider à élaborer des plans à court et moyen termes.

Un outil de long terme

« Cette plateforme est un outil pour renforcer la coopération entre les membres de l’AFRAA », commente le secrétaire général de l’AFRAA, Abderahmane Berthé. Ce, en vue de garantir que les opérateurs africains « fournissent des solutions aux défis africains avec des avantages gagnant-gagnant pour tous les opérateurs impliqués dans le partage des capacités des aéronefs ».

Bien entendu, l’intention de l’Association est que cette plateforme perdure bien au-delà de la crise pandémique. « Actuellement, les avions en escale dans certains aéroports offrent de fortes possibilités aux compagnies aériennes de desservir de nouvelles destinations sans investir dans des avions supplémentaires. »

Les compagnies aériennes ont été invitées à s’inscrire et à utiliser la plateforme afin d’exploiter les possibilités d’amélioration des opérations. Une deuxième édition de l’atelier de renforcement des capacités se tiendra ces prochains jours, pour les clients potentiels. À savoir les fournisseurs de services, les autorités de l’aviation civile, les entités logistiques et d’autres parties prenantes dans la chaîne d’approvisionnement.

Reprise espérée au troisième trimestre

L’AFRAA a donc revu à la hausse ses prévisions de pertes en revenus pour les transporteurs du continent, à 8,56 milliards de dollars contre 8,1 milliards estimés dans sa première analyse publiée le 2 juin.

Les revenus passagers des transporteurs africains avaient diminué de 17,3% (506 millions $) dollars au premier trimestre 2020. Le manque à gagner a été plus important au deuxième trimestre : 2,740 milliards $, soit 90,2% de moins par rapport à 2019.

Pour le seul mois de juin, la capacité offerte par les compagnies africaines, exprimée en sièges-kilomètres disponibles (ASK) a chuté de 76,24% en glissement annuel, note l’Association. Elle considère néanmoins que « la reprise devrait commencer à partir du milieu du troisième trimestre ». L’Association prévoit ainsi une reprise de 30% du trafic aérien à fin septembre, et de 65% à la fin de l’année.

Pour ce faire, dit-elle, il est nécessaire d’appliquer les directives émises par l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI). Celles-ci comprennent, entre autres, le port du masque, la distanciation physique, la désinfection routinière, les tests de dépistage, la sensibilisation ainsi que le suivi des contacts pour isoler efficacement tout voyageur susceptible d’être contagieux.

Enfin, l’AFRAA exhorte les gouvernements africains à envisager des plans de sauvetage afin de compenser les lourdes pertes et d’alléger les coûts d’exploitation. L’industrie aéronautique soutient quelque 6,2 millions d’emplois et contribue à hauteur de 2,6% au PIB de l’Afrique.

« Nombre de compagnies ont des problèmes de liquidités qui entraînent un risque d’insolvabilité et peut-être même de faillite », confie Abderahmane Berthé à RFI. Le secrétaire général précise : « Beaucoup d’États africains ont annoncé un soutien financier à leur compagnie, qu’ils détiennent le plus souvent. »

Le plan de relance de l’AFRAA, élaboré en avril 2020, comprend des actions pour surmonter la crise de la Covid-19. Elles sont ancrées sur neuf piliers, les gouvernements, les régulateurs, les prestataires de services, les clients, la maintenance, la gestion des coûts, les opérations de fret, la main-d’œuvre et la continuité des services. Le portail en cours de finalisation aborde les actions relevant des piliers sur la gestion des coûts, les opérations de fret et la continuité des services. 

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