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African Business

Covid-19 : Lourdes pertes pour le secteur du tourisme

Les revenus du tourisme pourraient drastiquement chuter, selon les Nations unies. En Afrique, Maroc et Kenya seraient les pays les plus touchés tant par la raréfaction des touristes que par les pertes indirectes de débouchés.

Par Kimberly Adams

Le secteur du tourisme mondial pourrait perdre au moins 1 200 milliards de dollars, soit 1,5% du PIB mondial, après avoir été immobilisé pendant près de quatre mois en raison de la pandémie de coronavirus. Telles sont les conclusions de la CNUCED (Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement) dans un rapport publié début juillet.

La perte pourrait atteindre 2 200 milliards $, 2,8% du PIB mondial, si la suspension du tourisme international durait huit mois. Scénario d’ailleurs envisagé par l’Organisation mondiale du tourisme des Nations unies. Dans un scénario encore plus pessimiste, la Cnuced estime les pertes, avec une interruption d’un an du tourisme international, à 3 300 milliards $ ou 4,2% du PIB mondial.

Le Maroc pourrait voir ses revenus des loisirs et ceux de la restauration chuter de 55%, selon un scénario médian. Si les autres secteurs sont sensiblement moins affectés, la crise pourrait entraîner indirectement une chute de 5% de l’emploi qualifié.

Si les pays africains ne sont pas les plus dramatiquement touchés, six d’entre eux seront néanmoins lourdement affectés. Principalement le Kenya et le Maroc, qui pourraient afficher une baisse de 5% de leur PIB, selon un scénario médian. Maurice, le Sénégal, l’Égypte et l’Afrique du Sud pourraient subir un recul de 3% du PIB.

Le tourisme mondial, dont les revenus ont plus que triplé au cours des vingt dernières années, passant de 490 milliards $ à 1 600 milliards $, est l’épine dorsale des économies de nombreux pays et une bouée de sauvetage pour des millions de personnes dans le monde. Mais, la Covid-19 a mis ce secteur à l’arrêt, entraînant de graves conséquences économiques à l’échelle mondiale.

Les mesures de verrouillage en vigueur dans certains pays, les restrictions aux voyages, la réduction du revenu disponible des consommateurs et le faible niveau de confiance pourraient ralentir considérablement la reprise du secteur. Même si le tourisme redémarre lentement dans un nombre croissant de pays, il reste au point mort dans de nombreux autres.

Des effets indirects sur d’autres secteurs d’activité

« Ces chiffres rappellent ce nous semblons souvent oublier : l’importance économique du secteur et son rôle de bouée de sauvetage pour des millions de personnes dans le monde », commente la directrice du commerce international de la Cnuced, Pamela Coke-Hamilton.

« Pour de nombreux pays, comme les petits États insulaires en développement, un effondrement du tourisme signifie un effondrement de leurs perspectives de développement. Nous ne pouvons pas nous le permettre.»

Les pays en développement pourraient subir les pertes de PIB les plus importantes. Si les pays les plus touchés sont la Jamaïque et la Thaïlande, des pays africains, donc, ne sont pas épargnés. Les pays occidentaux (France, Grèce, Italie, Portugal, Espagne, États-Unis) pourraient perdre également des milliards de dollars en raison de la chute spectaculaire du tourisme international.

Indirectement, ces pertes touristiques induites par le coronavirus « ont un effet d’entraînement sur d’autres secteurs économiques qui fournissent les biens et services que les voyageurs recherchent pendant leurs vacances », poursuit la Cnuced. Qui cite en exemple l’agroalimentaire et les divertissements (piscines, parcs à thème, spectacles, etc.).

Les analystes estiment que pour chaque million de dollars de recettes touristiques internationales perdues, le revenu national d’un pays pourrait baisser de 2 à 3 millions $.

Ainsi, le Maroc, par exemple, pourrait voir ses revenus des loisirs et ceux de la restauration chuter de 55%, selon le scénario modéré. Les autres secteurs seraient sensiblement moins affectés. La crise entraînant indirectement une chute de 5% de l’emploi qualifié.

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