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African Business

Mohamed Bazoum, champion des télécoms (et de la ZLECAf)

Le nouveau président du Niger Mohamed Bazoum a déploré, auprès de professionnels des télécommunications, le retard du Niger en matière d’équipements, d’accès et d’usage de l’Internet. Il entend faire du secteur le moteur de la croissance du pays.

Par Marie-Anne Lubin

Le nouveau président du Niger veut aller vite pour mettre fin à « une situation peu reluisante ». Mohamed Bazoum a réuni, le week-end du 8 mai, les différents acteurs des télécommunications, afin de susciter l’accélération d’un secteur qu’il juge « ne pas avoir connu le développement auquel il était promis ».

ENCADRE – Le «champion» de la ZLECAf 

Le nouveau président du Niger, Mohamed Bazoum assume désormais le rôle de « Champion de la ZLECAf ». Le secrétaire général de la Zone de libre-échange continentale africaine, Wamkele Mene, s’est rendu en visite de travail à Niamey. Il a, une nouvelle fois, salué le Niger pour son rôle dans le processus de mise en œuvre du grand marché économique africain.  

« Je suis venu discuter avec le président de la République pour que le Niger continue le rôle de champion que l’ancien président de la République Issoufou Mahamadou, avait joué », a déclaré Wamkele Mene après un entretien avec le chef de l’État. Le secrétaire général souhaite que le Niger continue à être le leader chargé de promouvoir le processus de la Zone de libre-échange, jusqu’à la conclusion de la deuxième phase, c’est-à-dire la ratification complète par les pays membres. 

De plus, il a précisé que le Système panafricain de règlement (PAPSS), dont le lancement a été maintes fois repoussé, sera bientôt opérationnel. Son administation a directement pris en charge ce dossier du système de paiement commun aux pays membres de la ZLECAf, l’un des principaux écueils à la mise en œuvre de la Zone.

Pourtant, a-t-il insisté, l’industrie des télécommunications, – ainsi que le secteur privé en général –, « contribue pour une part importante dans l’essor des économies, de plus en plus financiarisées et numérisées ». Le Président a déploré des services de télécommunications « très chers, plutôt de mauvaise qualité, caractérisés par des faibles débits, un accès très limité et peu vulgarisé ». Malgré certaines avancées comme le déploiement de la 4G, la situation actuelle du secteur « reste totalement en deçà de ce qui aurait pu être espéré ».

En effet, le taux de pénétration de la téléphonie n’est que de 43% au Niger, tandis qu’il approche des 100% au Mali et au Burkina Faso. « Et le pourcentage de compte de monnaie électronique actif n’est que de 3% alors qu’il est de 45% dans des pays dont les économies sont comparables à celle du Niger », a regretté Mohamed Bazoum, qui a parlé d’une « situation peu reluisante ».

Le Président entend faire du secteur des télécoms l’un des moteurs de la croissance du Niger, d’ici 2025. Et déclencher un cercle vertueux : de meilleures communications améliorent l’attractivité du Niger, la pérennité du secteur privé, et permettent de plus fortes entrées fiscales. Il faut que le pays ne manque pas de nouvelles occasions, face à la dépendance de l’économie au monde numérique.

Une réglementation inadaptée décourage l’initiative, et donc la création d’emplois et de richesses. Sur le plan technique, l’amélioration de la couverture et de la qualité des services semble « urgente ». Elle permettra de transformer les conditions de vie des Nigériens qui pourront bénéficier des avantages de l’Internet, sans compte les services à valeur ajoutée qu’offrent les télécoms – paiement sécurisé, par exemple.

C’est pourquoi la réunion d’échanges avec les professionnels du secteur visait à discuter prioritairement autour de trois axes : la réglementation, notamment pour le déploiement de la fibre et le partage des infrastructures ; le cadre technique, qui contient la couverture et la qualité des services ; le cadre fiscal.

« Mon intention, c’est de faire jouer au secteur des télécommunications son rôle de catalyseur de développement et de créateur d’emplois qu’il joue partout ailleurs », a conclu Mohamed Bazoum, reprenant là son projet quinquennal dit « Programme de la Renaissance III. 

Selon la Banque mondiale, une augmentation de 10% du nombre d’utilisateurs de l’Internet se traduit par un gain de 1,4 point de croissance sur le PIB. De son côté, l’UIT (Union internationale des télécommunications (UIT) considère qu’une augmentation de 10% du nombre d’utilisateurs mobiles (large bande, 3G et 4G) se traduit par un gain de 2 points de croissance.

« Mon intention, c’est de faire jouer au secteur des télécommunications son rôle de catalyseur de développement et de créateur d’emplois qu’il joue partout ailleurs », a conclu Mohamed Bazoum, reprenant là son projet quinquennal dit « Programme de la Renaissance III. »

MALU

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