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African Business

Serge Degallaix, DG Fondation Prospective et Innovation

Et comment la Route de la soie se situe-t-elle dans cette perspective ?

Précisément, il est nécessaire que nous recherchions l’intérêt commun de manière pragmatique et que nous dépassions les appréhensions, les idées toutes faites et les réactions de protection. Nous voyons bien, en effet, que la portée de ces mesures est assez limitée : les Chinois sont en Afrique, les Européens y sont aussi, mais il y a parfois de la concurrence avec la Chine.

Naturellement, nous ne pouvons pas supprimer cette concurrence, cela ne serait pas une bonne chose. Mais nous devons regarder de manière pragmatique quels sont nos atouts complémentaires et nos avantages comparatifs, et les faire jouer autour d’un certain nombre de projets pour que chacun en retire un bénéfice qu’il ne pourrait pas obtenir dans une relation purement bilatérale.

Comment votre Fondation est-elle financée ?

Par plusieurs sources. Nous avons d’abord une dotation, un capital, qui nous permet d’être « abrités » et de générer des ressources financières. Les fondations ne sont pas, en France, une tradition bien ancrée. Il y a relativement peu de fondations actives. Nous avons donc le produit de notre dotation ; par ailleurs, l’État nous aide, par la dotation qui nous est allouée par le Premier ministre. Elle n’est pas très élevée, si on la rapporte au niveau de nos activités. Elle témoigne de la reconnaissance de ce que nous faisons. Nous sommes une fondation d’utilité publique ; enfin, nous avons un club d’entreprises qui nous aide année après année. Nous bénéficions enfin de parrainages sur certaines opérations.

Quelle est votre ambition ?

Nous avons pour caractéristique d’inscrire nos actions dans la durée. Nous ne faisons pas de « papillonnage », ce qui nous oblige à limiter le nombre de nos activités. Si nous en faisions trop, sur la durée, la rémanence ne serait pas gérable. Le meilleur test, naturellement, c’est le succès que rencontrent nos opérations.

Nous étions le 31 août 2018 au Futuroscope de Poitiers, et nous y avons eu 500 inscrits. C’est dire que nos activités suscitent de l’intérêt. Chaque année, à Poitiers, nous avons entre 450 et 550 inscrits ! À Bordeaux, également, même si nous y avons moins de monde, nous sommes tout de même autour de 250 personnes. Chaque automne, à Pékin, nous tenons le Forum sino-européen où nous emmenons une centaine d’hommes d’affaires européens, et environ 250 chinois y participent.

Et cela, depuis huit ans ! Bien entendu, nous essayons, à chaque fois, de renouveler la thématique, mais aussi, d’être toujours sur des thématiques qui demandent une réflexion et une action en profondeur. Parce que d’une année sur l’autre, la thématique change : les systèmes financiers, la conjoncture économique, etc. Ce Forum est donc durable mais pas répétitif. 

ENCADRE

Un tropisme tunisien

Les activités de l’ancien diplomate ne se limitent pas aux fonctions qu’il exerce au sein de la fondation Prospective et Innovation. Il dirige également la Fondation Tunisie pour le Développement, créé par le président de Vermeg, Badreddine Ouali.

Un pays qu’il connaît bien pour l’avoir sillonné en auto-stop à l’époque où il était étudiant à Science Po et où il a occupé pendant plus de quatre ans le poste d’ambassadeur.

Cette fondation a pour mission de donner aux jeunes Tunisiens une formation – ou un complément de formation pour ceux qui sont déjà diplômés – afin de leur permettre un accès optimum au marché de l’emploi.

En partenariat avec le gouvernement tunisien, cette fondation a notamment développé un programme Smart Tunisia destiné à favoriser l’implantation en Tunisie d’entreprises occidentales, européennes ou américaines, soit directement, soit par le biais de commandes passées auprès d’entreprises tunisiennes.

Un programme ambitieux qui vise à créer 10 000 emplois par an dans le secteur des nouvelles technologies, pour les cinq années à venir. La Fondation Tunisie pour le développement tire pour l’instant ses ressources de financements internes provenant de ses membres fondateurs ainsi que de quelques aides de l’État.

Mais des pourparlers sont en cours avec l’AFD, l’Institut Français et les institutions européennes qui pourraient prochainement contribuer financièrement à ses actions futures.

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