Close
Avez-vous trouvé cet article intéressant?

African Business

Serge Degallaix, DG Fondation Prospective et Innovation

Ainsi, nous venons d’organiser un forum culturel franco-chinois, à l’occasion duquel une trentaine de jeunes français ont échangé avec leurs homologues chinois, sur leur expérience professionnelle, bien sûr, mais aussi sur la perception de l’autre : ce qu’ils en connaissent, ce qu’ils en pensent, comment approfondir cette connaissance et ces échanges, etc.

Nous organisons aussi des rencontres d’affaires, notamment pour les entreprises moyennes et intermédiaires, qui n’ont pas les mêmes facilités que les grandes entreprises pour aborder les marchés des pays émergents. Nous soutenons aussi un programme de bourses destiné aux jeunes Africains en France. Des rencontres entre jeunes sont également prévues en Afrique de l’Ouest en 2019 ou en 2020, etc. Ces activités multiples sont toutes assez clairement orientées vers ce double objectif : connaître et agir.

Quel bilan peut-on tirer des « Bonnes nouvelles d’Afrique » que vous avez engagées il y a déjà plusieurs années ?

Nous avons choisi ce thème, « Bonnes Nouvelles d’Afrique », il y a maintenant six ans, pour contrer cet afro-pessimisme « cyclique » qui se manifeste régulièrement. Il est vrai que l’Afrique doit faire face à des défis immenses, qu’elle a de fortes potentialités mais aussi des faiblesses.

À travers cette initiative, nous cherchons tout d’abord à dégager une analyse objective qui, bien évidemment, ne cherche pas à cacher les mauvaises nouvelles, mais qui vise aussi à faire connaître tout ce qu’il peut y avoir de positif dans les évolutions africaines, notamment dans le tissu des jeunes entrepreneurs, ainsi que dans les progrès juridiques, économiques et politiques qui peuvent être enregistrés.

Et cela a été utile au fil de ces six années ?

Je pense que cela a dû être utile dans la mesure où chaque édition permet ainsi, tous les ans, à des personnes qui se trouvent en position de décideurs d’échanger entre elles et d’améliorer leur connaissance de l’autre. Nous publions, à la suite de chaque édition, un ouvrage qui est diffusé auprès des décideurs français et africains ainsi qu’auprès du réseau des bibliothèques et des librairies universitaires.

Ces ouvrages sont appréciés, car il est tout de même assez original de réunir autour d’une même table d’anciens dirigeants comme Jean-Pierre Raffarin et Alain Juppé, des hommes politiques, des professeurs, des économistes, et des hommes d’affaires.

Pourtant, face à la multitude de colloques, de forums et de rencontres, comment gagner sa place, et cultiver une certaine singularité ?

Nous avons un principe qui est de ne pas faire ce que les autres font déjà, surtout lorsqu’ils le font bien. Nous ne sommes pas en concurrence mais en partenariat ou en complémentarité. Notre originalité, c’est ce mélange entre des personnalités d’horizons différents. C’est aussi une audience qui est très mélangée.

Ce ne sont pas forcément des spécialistes mais aussi des gens qui sont intéressés par l’Afrique et par la relation de la France avec l’Afrique. Nous pensons aller plus loin car la demande des jeunes entrepreneurs africains reste forte, nous regrettons de ne pas pouvoir toujours y répondre.

Nous en recevons chaque année une quinzaine pour qui nous organisons un programme de rendez-vous. Ils souhaiteraient approfondir ces contacts et nous souhaitons aller dans ce sens, pour que les jeunes entrepreneurs africains qui viennent en France et qui expriment très clairement leurs besoins, de manière très pratique, repartent avec le sentiment d’avoir été entendus.

Que recherchez-vous, le pouvoir d’influence, le pouvoir des idées au service des projets ?

Nous essayons d’éclairer, dans la mesure où nous pensons que le monde change et qu’il faut connaître ces changements pour voir quelle est la meilleure façon de rendre ces changements positifs pour tous. Par exemple, sur la Route de la soie – grand projet chinois – l’Europe exprime parfois des appréhensions, voire des réserves. Nous ne dissimulons pas, naturellement, les précautions à prendre pour aborder ce projet.

Mais nous disons qu’il vaut mieux connaître les projets et avoir une attitude proactive et pratique : c’est sur des cas précis que nous pouvons dépasser nos différences et nos appréhensions. Nous proposons un éclairage et une méthode qui respectent à la fois les intérêts des autres et nos valeurs. Et lorsque nous travaillons pour les jeunes, nous travaillons pour une vie entière, à travers ce qu’ils en retiennent. Par exemple, nous avons un programme de jeunes parlementaires français que nous envoyons en Chine chaque année. Ils en reviennent changés. Car il faut y aller pour avoir une idée des changements.

Jean-Pierre Raffarin a été un des tout premiers à promouvoir une coopération triangulaire Asie-Chine-Europe-Afrique. Sommes-nous bien au rendez-vous avec cette idée-force ?

C’est une idée-force, mais elle mérite d’être regardée et travaillée en prenant en compte les points de vue de chacun. Cela veut dire que dans le cas d’une opération triangulaire, les trois côtés du triangle soient vraiment chacun un côté. Que cela ne soit pas un « triangle à deux côtés » auquel on rajouterait un troisième… Il n’est pas évident que les Chinois aient envie, dans leur relation avec l’Afrique, de devoir tenir compte des Européens, comme il n’est pas évident que les Européens aient envie de devoir tenir compte des Chinois dans cette même relation avec l’Afrique, etc.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Related Posts