Close
Avez-vous trouvé cet article intéressant?

Economie

Sénégal : Tour de vis budgétaire

À défaut d’un élargissement de l’assiette fiscale, la rationalisation des dépenses de fonctionnement est devenue le principal instrument de régulation de la politique budgétaire au Sénégal. Démarche facilitée par une croissance économique appréciable.

Dakar, Seydou Ka 

Les perspectives économiques à moyen terme du Sénégal restent favorables, selon le diagnostic de la dernière mission du FMI qui a séjourné à Dakar du 12 au 23 septembre 2019.

La croissance devrait passer de 6 % en 2019 à 7 % en 2020 et en 2021, tirée par l’investissement privé, avant de bénéficier d’un nouvel élan avec le début de la production commerciale des hydrocarbures, en 2022. 

Face à un début d’année difficile, le gouvernement avait pris des mesures de redressement et fait voter une première loi de finances rectificative pour l’année 2019, articulée autour de mesures, d’une part, d’administration et de politique fiscale et, d’autre part, de rationalisation des dépenses.

Toutefois, le gouvernement a jugé bon de s’accorder avec le FMI sur un ensemble de politiques macroéconomiques et des réformes structurelles susceptibles de favoriser l’approbation d’un nouveau programme, au titre de l’ICPE (Instrument de coordination des politiques économiques). Selon le ministre des Finances et du budget, Abdoulaye Daouda Diallo, cet outil permettra « de renforcer les bases de gestion pour des Finances publiques plus saines ». 

L’ICPE, instrument introduit par le FMI en 2017, concerne la politique budgétaire, la viabilité des Finances publiques et la soutenabilité de la dette à moyen terme.

Il faut un taux de pression fiscale représentant au minimum 20 % du PIB, afin d’accroître les ressources internes, qui sont essentielles pour le financement de la seconde phase du PSE (Plan Sénégal émergent). La parade à l’élargissement de l’assiette fiscale consiste à éliminer tout ce qui s’apparente à une gabegie, afin de dégager des économies. 

Comment réduire les charges de l’État 

Le Président Macky Sall avait annoncé la couleur dès sa réélection. Il avait affirmé, lors du conseil des ministres du 17 avril 2019, sa volonté de poursuivre la dynamique de réduction du train de vie de l’État. En ciblant les charges courantes de l’administration, notamment l’eau, l’électricité et le téléphone.

Enfin, un nouveau dispositif réglementaire sur les conditions d’acquisition, d’affectation, d’utilisation et de cession des véhicules administratifs a été mis en place, tandis que les dotations budgétaires en carburant, entretien et réparation de véhicules sont remplacées par des indemnités représentatives. 

Le gel et la résiliation de toutes les conventions de location de bâtiments à usage de logement, qui a permis de réaliser des économies de 7 milliards de F.CFA (10,7 millions d’euros). En lieu et place de la location, des indemnités de logement ont été octroyées aux ayants droit.

La compensation tarifaire sur l’électricité, pour 20 milliards de F.CFA (30,5 millions d’euros) a été économisée. Des économies ont été également réalisées sur les subventions octroyées aux agences qui bénéficient de ressources propres pour 1,080 milliard de F.CFA (1,65 million d’euros). À cela s’ajoute la fermeture de consulats et de bureaux économiques à l’étranger. 

Il faut mentionner également la rationalisation des dépenses liées au téléphone avec l’application, depuis le 1er septembre 2019, du décret n° 2019-1310 du 14 août 2019 fixant une allocation mensuelle sous forme d’indemnité compensatrice pour les ayants droit pour charge de téléphonie mobile, soit des économies de 15 milliards de F.CFA (22,9 millions d’euros) par an pour l’État. 

En outre, le processus de restructuration des agences donnera lieu, selon le gouvernement, à des dissolutions, fusions et absorptions de 24 agences et structures assimilées et permettra de dégager des économies budgétaires substantielles sur les dépenses de fonctionnement, ainsi qu’un meilleur recentrage des missions des structures. 

Un souci d’efficacité budgétaire 

Ces mesures se sont traduites dans le tableau des opérations financières de l’État par une progression moyenne des dépenses de fonctionnement de 3 % entre 2013 et 2018, très en deçà des 17 % de croissance moyenne notée durant la période 2006-2012, se félicite le ministre des Finances. 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Related Posts