x
Close
African Business Economie

Rwanda : Des objectifs ambitieux dans la finance et la technologie

Rwanda : Des objectifs ambitieux dans la finance et la technologie
  • Publiémars 11, 2022

Les autorités rwandaises ont lancé le Centre financier international de Kigali et la Cité de l’innovation de Kigali dans le but de faire du pays un hub régional et d’attirer les investisseurs financiers et technologiques.

Par Dounia Ben Mohamed

Début 2020, le Rwanda a lancé le Centre financier international de Kigali. Le KIFC un projet piloté par Rwanda Finance pour transformer Kigali en un centre financier majeur capable d’attirer les investissements étrangers et d’encourager la création d’emplois hautement qualifiés dans le secteur financier.

Pour aider à atteindre cet objectif, les autorités du pays ont entrepris une restructuration ambitieuse du secteur bancaire et financier soutenue par un cadre juridique et fiscal incluant l’absence d’impôt sur les plus-values pour les Business Angels investissant dans une start-up locale et des exonérations fiscales pouvant aller jusqu’à sept ans dans certains secteurs d’activité.

Kigali Innovation City vise à produire et à attirer le capital humain nécessaire pour répondre aux
besoins futurs de l’industrie technologique dans le pays et dans toute l’Afrique. Déjà opérationnel, le
campus de la Carnegie Mellon University sera bientôt suivi de celui de l’African Leadership
University.

« Le pays dispose de solides atouts à valoriser, la stabilité, la croissance et la planification judicieuse étant unanimement reconnues à travers l’Afrique », considère Pierre Célestin Rwabukumba, directeur de la Bourse du Rwanda et l’un des artisans de la restructuration de la place financière de Kigali.

Les progrès sont supervisés par un groupe de travail composé d’experts financiers internationaux. Depuis novembre 2020, Tidjane Thiam, ex-patron de Prudential et du Crédit Suisse, est président du conseil d’administration de Rwanda Finance, la société chargée de promouvoir et de développer le KIFC.

Parmi les autres membres du conseil d’administration figurent Liban Soleman Abdi, ex-chef de cabinet du président Ali Bongo au Gabon et Umulinga Karangwa, PDG et fondateur de la société sud-africaine Africa Nziza Investment.
Les partenariats seront la clé de la vision du Centre, explique Nick Barigye, PDG de KIFC. Rwanda Finance a déjà noué des partenariats stratégiques avec BPI France, le Centre financier belge (BFC), et Casablanca Finance City (CFC), une autre plateforme financière importante sur le continent. « Nous voulons que KIFC soit une nouvelle destination pour les investissements panafricains », Nick déclare Barigye.

« Nous voulons être la place de choix pour les capitaux étrangers et être en mesure de les déployer efficacement sur tout le continent. Nous voulons connecter les investisseurs internationaux avec des entrepreneurs dans toute l’Afrique, et nous voulons connecter le peuple rwandais au capital mondial. »

Le KIFC a annoncé en novembre 2021 le lancement du Virunga Africa Fund, un véhicule d’investissement de 250 millions de dollars financé conjointement par la Qatar Investment Authority et le Rwanda Social Security Board.

Plus récemment, le 3 février, l’agence financière a officialisé le lancement du premier fonds africain axé sur les technologies financières. Doté de 50 millions $ et soutenu par les équipes de la firme sud-africaine GrowthFund Venture Partners, le fonds se concentrera sur les fintech opérant en Afrique.

Des objectifs technologiques

En décembre 2021, BK Group (Banque de Kigali) est devenue la première société holding du pays à inscrire auprès de KIFC. Ntoudi Mouyelo, directeur des investissements chez Rwanda Finance, explique
que « l’intégration du groupe BK est essentielle pour les efforts du KIFC visant à créer une communauté
d’entreprises locales et étrangères à Kigali. Celles-ci peuvent bénéficier des services de notre plus grande banque en termes de part de marché. »
Lors du développement de KIFC, « il est important de démontrer que nous avons le bon cadre pour lancer des champions locaux, c’est-à-dire des entreprises locales qui peuvent être référencées au-delà du Rwanda », poursuit-il.

KIFC vient de faire ses débuts dans le Global Financial Centers Index (GFCI), un classement de la compétitivité des centres financiers à travers le monde. L’indice évalue 116 centres financiers. Kigali occupe la cinquième place du continent après Casablanca, Le Cap, Johannesbourg et Maurice, et devant Nairobi et Lagos.

Parallèlement aux ambitions financières, le pays vise en outre à transformer numériquement l’économie et la société, en s’appuyant sur les priorités antérieures. Le programme Vision 2050 du pays vise à faire du Rwanda un pays à revenu élevé d’ici 2050, la technologie numérique jouant un rôle central.
Le secteur des TIC a bénéficié d’investissements en hausse pendant la crise de la Covid-19, la pandémie accélérant encore la numérisation en cours. Le résultat est que le pays a une pénétration mobile de plus de 80% et un vaste réseau 4G.
À l’image de ses ambitions avec le KIFC, le pays a lancé le projet Kigali Innovation City (KIC), une « smart city » située dans la zone économique spéciale de Kigali, dont la vocation est de servir de catalyseur à toutes les initiatives TIC du pays, tant publiques et privées.


KIC, qui bénéficie d’un partenariat avec le fonds BAD Africa50, vise à produire et à attirer le capital humain nécessaire pour répondre aux besoins futurs de l’industrie technologique non seulement dans le pays, mais dans toute l’Afrique. Déjà opérationnel, le campus rwandais de la Carnegie Mellon University sera bientôt suivi de celui de l’African Leadership University.
L’arrivée est également annoncée d’entreprises internationales de la tech et de sociétés spécialisées dans les biotechnologies comme la firme allemande BioNTech, qui installera les premières unités de production sur le sol africain de vaccins utilisant la technologie ARN messager au Rwanda et au Sénégal.


L’objectif global est de générer 150 millions $ d’exportations annuelles, d’attirer plus de 300 millions dollars d’investissements étrangers et de créer 50 000 emplois dans l’industrie technologique.
L’éducation est un élément clé de la dynamique numérique. Opérationnel depuis 2016, le programme Rwanda Smart Classroom vise à doter les établissements scolaires du Rwanda d’infrastructures informatiques afin de faciliter la numérisation de l’enseignement et de l’apprentissage dans toutes les matières et à tous les niveaux du système éducatif.


Selon les données du ministère de l’Éducation, quelque 1 783 lycées et 365 écoles professionnelles (52 % du nombre total d’établissements concernés) avaient accès à des « classes intelligentes », en août 2021.
Plus de 4 000 écoles primaires (35 % du total) étaient également connectées à l’Internet. Le pays accueille également de plus en plus d’écoles de codage et d’établissements spécialisés dans les TIC.

@ABF

Écrit par
Par Dounia Ben Mohamed

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.