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RSE : Une nouvelle dynamique entre OCP, ses employés et les populations

OCP développe une politique RSE active dans les territoires miniers et les régions dans lesquelles il opère. Depuis deux ans, le groupe a lancé son programme « Act for community » qui instaure une nouvelle dynamique entre le groupe, ses employés et les populations locales.

Par Olivier Deau à Rabat

Sous la pergola emblématique de l’université Mohammed-VI Polytechnique, dessinée et réalisée par l’architecte catalan Ricardo Bofill, s’est tenu début mars 2020 le premier forum du programme « Act for community » du groupe OCP, un des leaders mondiaux sur le marché des phosphates.

Les profils et les codes vestimentaires des participants détonnent un peu avec ceux des étudiants de l’université, habitués des lieux. Chemises à carreaux bien mises, casquettes, chaussures robustes au pied, les invités du jour donnent un aspect plus rural au parvis et à la salle de conférences de l’université du groupe OCP.

« Notre devise est simple : de l’innovation sociale pour plus d’impact auprès des populations. »

Arrivés des territoires environnants et de plus loin encore – Gantour, Khouribga, Safi, Laayoune, les sites de production et extraction du phosphate –, pour investir les salles de séminaires et le grand amphithéâtre universitaire, ils étaient 800 participants.

La plupart issus de projets associatifs des territoires, venus rejoindre les employés et cadres OCP pour discuter et présenter les projets de développement soutenu par le programme de RSE (Responsabilité sociétale des entreprises) Act for community (Act4C). « L’implication du groupe OCP en tant qu’acteur social du territoire n’est pas nouvelle, elle est même centenaire, mais nous changeons de logique avec le programme Act4C », explique la responsable du programme Nabila Tbeur, chargée de mission.

« Act4C est un programme qui permet aux employés et cadres de s’impliquer localement dans les activités associatives à fort impact social. Le programme leur permet de déduire de leurs heures de travail leur engagement associatif et de co-construire de nouveaux programmes avec les habitants ».

Lancé fin 2017, le programme aurait déjà permis à plus de 5 500 employés OCP, le quart de l’effectif total, de donner quelque 16 600 journées de travail associatif.

En introduction au lancement du forum Iliass El Fali, directeur exécutif des opérations industrielles de OCP, souligne « le rôle primordial du dialogue entre OCP et les communautés vivant à proximité des lieux d’extraction du phosphate ».

2011, le tournant RSE

Le programme est désormais géré au niveau de chacun des sites opérationnels d’extraction pour rester au plus près des ressources humaines internes.

« Depuis 2011, OCP a investi plus fortement dans des programmes de formation à l’employabilité pour répondre aux attentes sociales ; mais il a aussi formé les jeunes à l’initiative et à l’entrepreneuriat. Il a incité les jeunes à renforcer leurs compétences.

Jusqu’ici, nous opérions via des intermédiaires, des opérateurs de formations extérieurs. Act4C permet de prendre une autre option : nous valorisons toutes nos compétences humaines et nous les impliquons directement dans la réussite de nos programmes de développement », explique Nabila Tbeur.

2011 reste une date marquante dans l’histoire centenaire du groupe, alors en pleine expansion à travers son programme de développement industriel. Depuis, des centaines de jeunes, se sont formés à la recherche d’emploi, aux langues étrangères, à la gestion de projet ou à la gestion d’une association.

Act4C s’appuie largement sur cette population pour aller chercher « le plus d’impact », partager « les bonnes pratiques et les bonnes idées », explique Nabila Tbeur.

Le forum rassemble les différentes déclinaisons de l’initiative selon quatre axes thématiques : l’agriculture sociale et solidaire, l’employabilité et l’entrepreneuriat, la culture et la création artistiques et enfin le sport.

Le développement agricole par l’innovation

Lhoussaine Aït Brahim, responsable de la médiathèque flambant neuve de Khouribga, explique comment le programme fonctionne localement : « Autour de la médiathèque, nous voulons construire une animation culturelle et éducative de qualité avec une approche de la culture comme métier et vocation, plutôt qu’un simple loisir.

Nous avons passé un appel public qui a réuni 179 projets dont la moitié d’entre eux ont été choisis pour être réalisés. Nous avons formé les porteurs de projet à la présentation de leurs idées, à la budgétisation et nous réaliserons avec eux leur développement. » La médiathèque fait régulièrement appel au tissu associatif pour animer rencontres et ateliers à travers une trentaine de marchés, chaque année, ce qui bénéficie aux associations locales.

Ailleurs, ce sont les projets agricoles solidaires qui sont mis en avant comme celui de cette coopérative de femmes qui s’essaient à la culture du quinoa dans la région de Youssoufia, ou encore ce président de coopérative qui expérimente la culture du fourrage en hydroponie. 

« Les agronomes du groupe OCP ont soutenu notre démarche, ils sont venus nous voir pour nous expliquer les bénéfices à tirer de l’hydroponie pour nourrir les bêtes. Concrètement, nous arrivons à produire plus de fourrages et nous prémunir des variations du climat ; cela bénéficie à 2 000 familles », explique ce président de coopérative sur la scène du grand amphithéâtre.

L’exemple des coopératives n’est pas mis en avant par hasard, il permet d’illustrer les capacités du groupe à aider des communautés, afin de construire des activités résilientes, alors que la sécheresse menace l’année agricole 2019-2020.

Au total, le programme Act4C s’engage auprès de 26 coopératives agricoles dont dépendant 675 emplois directs et un nombre encore plus important de familles marocaines.

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