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African Business

Résultats solides pour OCP, dans un contexte défavorable

Malgré une forte baisse des prix sur le marché des phosphates, le groupe OCP a réussi, en 2019, à limiter le recul de ses résultats. Le producteur marocain se montre plutôt optimiste pour les mois à venir, assurant l’essentiel de son activité durant la crise sanitaire.

Par Laurent Soucaille

L’Office chérifien des Phosphates (OCP) a réalisé un exercice 2019 plutôt convaincant, malgré des conditions de marché devenues plus difficiles. En dépit d’un tassement du chiffre d’affaires, à 54,094 milliards de dirhams (4,84 milliards d’euros, -3,24%), la marge brute s’est stabilisée à 63%, soit 34,225 milliards de dirhams (3,065 milliards d’euros).

Le résultat avant impôts et amortissements (EBITDA) ressort à 15,33 milliards de dirhams (1,373 milliard d’euros), en repli de 10,2%, soit une marge encore confortable de 28% contre 31% en 2018. Durant la période, le groupe a consenti près de 14 milliards de dirhams d’investissements, contre moins de 11 milliards l’année précédente.

Le producteur attend, une fois la crise sanitaire passée, une croissance de la demande, une relative stabilité des prix, accompagnée également par la hausse des prix des matières premières agricoles.

Au cours de l’année, les prix des engrais ont diminué d’un trimestre à l’autre et ont globalement reculé de 35%, en raison d’une offre abondante, d’un phénomène de stockage-déstockage en Amérique du Nord et en Inde, de la baisse des prix des matières premières (notamment le souffre), de conditions climatiques défavorables ainsi que de la dévaluation de la monnaie chinoise.

Croissance des produits de spécialité

« En 2019, OCP a réalisé des résultats opérationnels solides malgré des conditions de marché moins favorables que l’année passée », commente Mostafa Terrab, PDG de OCP, qui pointe « une performance financière parmi les plus élevées du secteur. »

L’activité et la rentabilité ont été soutenues par une croissance des capacités de production ainsi que par l’efficacité opérationnelle. Comme prévu, la correction des prix en 2019 a conduit à une baisse des principaux indicateurs financiers.

Les prix des engrais ont baissé largement en deçà des prévisions de l’industrie. Dans ce contexte, « OCP a réussi à maintenir une performance équilibrée sur les trois segments de la chaîne de valeur lui permettant d’afficher une marge d’EBITDA de 28%, significativement supérieure à la moyenne du secteur ».

En 2019, le producteur a continué à satisfaire les besoins en produits sa clientèle diversifiée, plus particulièrement en Amérique Latine et en Europe, tout en développant la demande d’engrais sur les marchés émergents du continent africain, où les ventes ont connu une hausse de 11% par rapport à 2018.

En outre, le groupe a renforcé ses positions sur les produits de spécialité, (34% des volumes). Mostafa Terrab précise que ces produits de spécialité continueront de représenter « une part importante des exportations grâce au développement de nouvelles solutions de fertilisation adaptées aux cultures et aux sols, qui répondent davantage aux besoins spécifiques des agriculteurs à travers le monde ».

Optimisme

Concernant les mois à venir et au-delà de la crise sanitaire actuelle, OCP considère que les fondamentaux du marché devraient légèrement s’améliorer. Le producteur attend une croissance de la demande dans les régions où il opère, une relative stabilité des prix en 2020, accompagnée également par la hausse des prix des matières premières agricoles et un indice d’accessibilité favorable au fermier.

Du côté de l’offre, la montée en puissance des capacités en Arabie saoudite, au Maroc, en Turquie et en Égypte devrait être partiellement absorbée par les fermetures annoncées de certaines usines. Principale incertitude : le niveau des exportations chinoises, fonction de la demande intérieure de la Chine. OCP pronostique la poursuite de la baisse des prix des matières premières, notamment du soufre.

Bien sûr, la pandémie de coronavirus rend les prévisions plus incertaines, mais le groupe considère que ses effets « devraient être temporaires » et qu’ils semblent, pour le moment, limités à des problèmes logistiques.

« OCP est fermement engagé à soutenir la sécurité alimentaire mondiale », précise un communiqué. « Nous croyons en notre responsabilité envers les agriculteurs, que nous exerçons en veillant à ce qu’ils disposent des ressources nécessaires pour assurer l’approvisionnement alimentaire à long terme à mesure que le monde émergera de cette pandémie. »

À noter que le groupe aurait apporté une contribution de 3 milliards de dirhams au Fonds spécial pour la gestion de la pandémie, demandée par le roi Mohammed VI. « Cette enveloppe fait partie d’un ensemble de mesures que nous comptons déployer dans les jours à venir pour appuyer l’État dans ses efforts de lutte contre la propagation du Coronavirus et ses conséquences sur l’économie », indique un porte-parole cité par L’Observateur.

Le groupe met à contribution ses programmes, notamment Act4Community et ses infrastructures.

 A LIRE

RSE : Une nouvelle dynamique entre OCP, ses employés et les populations

Dès l’apparition de la pandémie – un cas de Covid-19 avait été signalé au siège du groupe dès le 16 mars –, OCP avait constitué une Business Resilience Task Force.

Elle est pilotée par les entités métiers et supports de l’entreprise, afin de suivre l’évolution de la crise et déployer les modes opératoires afin de poursuivre l’activité de production et de livraison, dans le respect de la sécurité des opérateurs.

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