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African Business

Le méga projet d’usine OCP en Éthiopie enfin scellé

L’ex-Office chérifien des phosphates constituera une coentreprise en Éthiopie afin de construire un imposant site de production d’engrais. D’ici à 2030, le pays devrait devenir autosuffisant en la matière. Un projet de 2,4 milliards $ dans sa première phase.

Par Marie-Anne Lubin

C’est un projet de cinq ans qui prend corps, le plus important mené par une entreprise marocaine hors du Maroc. Le gouvernement éthiopien a signé un accord de développement conjoint avec le groupe OCP dans la mise en œuvre d’un site de production d’engrais dans le pays.

À partir de 2022, les importations d’engrais en Éthiopie représenteront 1 milliard $, et pourraient potentiellement atteindre 2 milliards $ en 2030. Le niveau de production du nouveau site devrait donc permettre au pays d’atteindre l’autosuffisance en engrais.

Le ministère éthiopien des Finances a révélé cet accord, lequel suit la visite d’une délégation de haut niveau au Maroc.

Délégation conduite par le ministre éthiopien Ato Ahmed Shide, accompagné de représentants de l’Ethiopian Chemical Industry Corporation (CIC), de l’Ethiopian Agricultural Businesses Corporation (EABC) et de l’Ethiopian Mineral, Petroleum and Biofuel Corporation (EMPBC).

Au terme des discussions, le leader marocain des phosphates et l’Éthiopie ont décidé de développer en commun, par le biais d’une coentreprise, le projet qui conduira à la création d’une usine d’engrais Made in Ethiopia. L’accord se base sur des rapports de faisabilité, sur l’évaluation d’impact conceptuel, environnemental et social, ainsi que sur les études hydro et géotechniques déjà menées.

Selon ses termes, un complexe d’engrais intégré sera construit à Dire Dawa, une ville située à l’est de l’Éthiopie, à 250 km de Djibouti. Le site utilisera les ressources des deux partenaires, c’est-à-dire du gaz éthiopien et de l’acide phosphorique marocain.

Siège de l’OCP

Le projet représente un investissement initial estimé à environ 2,4 milliards de dollars, au cours de la première phase, laquelle consiste à la mise en service d’une une unité de production d’engrais de 2,5 millions de tonnes – combinant les produits Urée et NPK/NPS.

Le site pourrait atteindre une capacité de production de 3,8 millions de tonnes par an. L’investissement total pouvant atteindre 3,7 milliards $ au cours d’une seconde phase.

Des résultats très attendus

Le gouvernement éthiopien, ainsi que son partenaire, sont « fermement convaincus » que ce projet contribuera de manière significative à répondre à la demande croissante d’engrais de l’Éthiopie (principalement de l’urée et du NPS+).

À partir de 2022, les importations d’engrais en Éthiopie représenteront 1 milliard $, et pourraient potentiellement atteindre 2 milliards $ en 2030.

Le niveau de production de Dire Dawa devrait permettre au pays d’atteindre l’autosuffisance en engrais et donc, de réaliser de substantielles économies. Cet accord répond à la volonté du gouvernement éthiopien de soutenir l’agriculture et de trouver des solutions sur mesure aux défis agricoles et industriels du pays.

Ce projet fait suite à la signature d’une convention de partenariats entre le Maroc et l’Éthiopie, signée en novembre 2016 à l’occasion d’une visite d’État de Mohammed-VI à Addis-Abeba. OCP Group s’est lancé depuis plusieurs années dans la fabrication d’engrais élaborés sur ses plateformes de Jorf-Lasfar et Safi, notamment, et cherche à dupliquer cette expérience à l’international.

D’ailleurs, le site de Safi accueillera, fin 2022, une unité de production d’acide sulfurique, d’une capacité de production de 2 300 tonnes par jour, selon un procédé ultramoderne de cogénération d’énergie.

« S’appuyant pleinement sur la complémentarité entre les ressources naturelles respectives des deux pays, cette plateforme de production d’engrais, Dire Dawa Fertilizer Complex, produira des engrais à base de potasse et de gaz d’Éthiopie et d’acide phosphorique du groupe OCP », indiquait déjà le groupe en 2016.

D’autre part, le groupe OCP devrait publier ses résultats semestriels tout prochainement. Il a enregistré, au deuxième trimestre, un chiffre d’affaires de 18,191 milliards de dirhams (1,72 milliard d’euros), contre 15,133 milliards un an plus tôt. Soit un bond de 20,2%.

La période a été marquée par une hausse des prix de ventes. De leur côté, les dépenses d’investissement pour le développement industriel ont atteint 2,552 milliards de dirhams (240,9 millions d’euros) au deuxième trimestre, contre 2,962 milliards entre avril et juin 2020.

Le chiffre d’affaires semestriel dépasse donc les 32,4 milliards de dirhams (3, 06 milliards d’euros). Reste à savoir les répercussions sur les résultats semestriels, ainsi que pour les perspectives annuelles, de la taxe de 20% appliquée sur ses produits aux États-Unis, qui a commencé à s’appliquer en mars.

@Malu

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