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African Business

Hausse de 16% du chiffre d’affaires pour OCP

Le géant marocain des phosphates affiche une hausse substantielle de son activité et de ses marges opérationnelles, au premier trimestre. S’il réduit quelque peu ses investissements, OCP Group demeure positif, face aux prévisions optimistes concernant ses marchés.

Par Kimberly Adams

Excellent début d’année pour l’Office chérifien des phosphates. OCP Group a enregistré un chiffre d’affaires de 14,288 milliards de dirhams (1,33 milliard d’euros), à comparer aux 12,270 milliards du premier trimestre 2020 (+16,4%). La marge brute (Ebitda) ressort à 37%, contre 27% en 2020 « principalement en raison de la forte progression des ventes et d’efficiences opérationnelles continues sur la période », relate OCP dans un communiqué.

Selon la Banque mondiale, les prix des engrais devraient augmenter en moyenne de 27% en 2021, mais reculer en 2022 à mesure que la demande se modère et que les capacités de production augmentent.

Soit un bénéfice avant impôts et amortissements de 3,329 milliards de dirhams (310 millions d’euros). Le producteur de phosphates a consacré 1,75 milliard de dirhams en dépenses d’investissements, une somme moindre qu’au premier trimestre 2020, 2,125 milliards. On notera que pour la première fois depuis 2017, où elles avaient atteint 4 milliards de dirhams, ces dépenses d’investissement (Capex) sont inférieures à 2 milliards de dirhams par trimestre.

OCP considère là afficher « une solide performance opérationnelle et financière » au premier trimestre 2021, « grâce à l’effet combiné des efforts constants en matière d’optimisation de la production et de réduction des coûts, et des conditions de marché favorables ».

L’activité a été soutenue par la hausse des volumes ainsi que la progression des prix de vente sur les trois segments par rapport au premier trimestre 2020. Concernant le bond de la marge brute, le groupe rappelle qu’au premier trimestre 2020, la hausse des prix de vente ayant largement neutralisé la hausse des prix des matières premières, principalement le soufre.

Évoquant ses perspectives annuelles, OCP considère que « le premier trimestre 2021 amorce un bon début d’année illustré par une performance solide, soutenant les perspectives positives pour 2021 ». Comme anticipé, les conditions de prix restent favorables, reflétant une hausse de la demande mondiale, une offre stable et une hausse des prix des matières premières. Dans cet environnement, OCP continue d’adresser les marchés à forte croissance sur lesquels il renforce sa position de leader.

Sérénité

Sur le plan mondial, le groupe marocain représente 24 % des parts du marché des engrais phosphatés contre 49 % pour l’acide phosphorique. Le groupe possède près de 20 000 collaborateurs sur tous les continents. OCP fait état d’« initiatives » qui lui permettront de favoriser une croissance rentable à long terme, de garantir une chaîne d’approvisionnement durable et de rationaliser davantage ses opérations.

Récemment, OCP s’est associé à la Société financière internationale (Banque mondiale) pour l’accompagner dans le processus d’obtention de la certification Economic Dividends for Gender Equality ; EDGE principale norme au monde évaluant la performance des entreprises en matière d’égalité des genres et de création d’opportunités égales de carrière entre les hommes et les femmes.

Le groupe marocain n’a, en effet, guère de raisons de se montrer pessimiste, en dépit de ses déboires outre-Atlantique. Les États-Unis continuent d’imposer des taxes de près de 20% sur les importations marocaines. L’indicateur des prix des engrais calculé par la Banque mondiale a bondi de 24 % au premier trimestre 2021, mené par les phosphates et l’urée et stimulé par une forte demande et des coûts d’intrants plus élevés.

Une forte demande attendue en 2021

Selon la Banque mondiale, les prix des engrais devraient augmenter en moyenne de 27% en 2021, mais reculer en 2022 à mesure que la demande se modère et que les capacités de production augmentent. Il subsiste quelques incertitudes, notamment du côté d’éventuelles pénuries d’approvisionnement dues aux tensions géopolitiques et aux retards dans l’expansion des capacités. À l’inverse, les possibilités de baisse comprennent la baisse des coûts des intrants et les politiques environnementales limitant l’utilisation des engrais.

Au premier trimestre, les gains ont été soutenus par une forte demande des principales régions productrices de cultures sur des revenus agricoles sains et des programmes de soutien du gouvernement. La demande d’aliments pour le bétail en Chine a augmenté à mesure que le pays reconstitue son troupeau de porcs à la suite d’une épidémie de peste porcine africaine. Du côté de l’offre, les droits compensateurs imposés par les États-Unis sur les importations d’engrais en provenance du Maroc et de Russie ont perturbé les importations et les flux commerciaux.

KA

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