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RD Congo : une croissance de 4,8 % l’an, à moyen terme

RD Congo : une croissance de 4,8 % l’an, à moyen terme
  • Publiéjuillet 4, 2024

Accordant un nouvel appui à la RD Congo, le FMI souligne les efforts du pays en matière d’orthodoxie budgétaire et monétaire. Le rythme de croissance prévisionnelle reste confortable.

 

L’environnement macroéconomique de la RD Congo demeure difficile, note le FMI (Fonds monétaire international), qui déplore l’aggravation de la crise sécuritaire et humanitaire à l’est du pays. Le FMI décaisse 152,2 millions de DTS (environ 224,7 millions de dollars) pour soutenir les besoins de balance des paiements du pays.

Les économistes de Washington constatent néanmoins que les autorités congolaises ont maintenu une politique macroéconomique « prudente » et qu’elles progressent dans la mobilisation des recettes domestiques. Ces dernières demeurent sensibles aux fluctuations des cours internationaux des matières premières. Le gouvernement s’est engagé auprès du FMI à ne pas recourir à « la planche à billet » tandis que son profil de risque de surendettement est « modéré ».

« Il est également crucial de faire avancer les réformes visant à améliorer la gouvernance et la transparence, y compris dans le secteur minier, et à améliorer le climat des affaires, pour soutenir le développement du secteur privé. »

Toutefois, « les réformes de la gestion des finances publiques ont progressé plus lentement que prévu et des efforts supplémentaires sont nécessaires pour rationaliser l’affectation des recettes », prévient l’exigeant FMI.

Dans le même esprit, si l’accumulation des réserves de change a largement dépassé les prévisions, des efforts supplémentaires sont nécessaires pour renforcer les cadres de politique monétaire et de taux de change.

En 2023, la croissance réelle du PIB a atteint 8,4 %, soutenue par le secteur minier. L’inflation est restée élevée, atteignant 23,8 % à la fin de 2023, avant de diminuer progressivement à 21,2 % fin mai 2024. Les élections et le contexte sécuritaire ont aggravé le déficit budgétaire, qui atteint 1,3 % du PIB, « malgré de bonnes performances des recettes au dernier trimestre 2023 » ; les réserves internationales ont continué de se renforcer.

 

Les risques demeurent

Néanmoins, le FMI accorde un satisfecit d’ensemble à la RD Congo, dont les critères de performance liés à ses programmes ont été respectés, à l’exception du solde budgétaire intérieur. Les autorités rassurent : « Des mesures correctives sont mises en œuvre pour remédier à ce critère de performance manqué », veut croire le FMI. Qui considère que l’agenda des réformes structurelles progresse, bien qu’à un rythme plus lent que prévu.

La croissance économique devrait s’inscrire à 4,7 % en 2024 et à une moyenne de 4,8 % entre 2024 et 2028, soutenue par l’expansion continue des principales mines et une accélération progressive de la croissance du secteur non-extractif. L’inflation devrait rester élevée à 17,2 % en moyenne en 2024 et atteindre 12 % fin décembre 2024, avant de revenir progressivement à l’objectif de 7 % de la Banque centrale du Congo (BCC), à moyen terme.

À ce propos, la BCC s’est engagée à resserrer davantage sa politique monétaire si nécessaire, revoyant sa stratégie d’intervention sur le marché des changes, ce que le FMI qualifie d’« étapes cruciales pour améliorer la transmission de la politique monétaire et atténuer les pressions sur le marché des changes ».

L'Hôtel du gouvernement, à Kinshasa.
L’Hôtel du gouvernement, à Kinshasa.

 

Les pressions fiscales devraient persister, mais de bonnes performances des recettes et des efforts pour contenir les dépenses non prioritaires aideront à réduire le déficit budgétaire intérieur en dessous de 1 % du PIB en 2024 et à moyen terme.

Bien sûr, il subsiste de nombreux risques, que ce soit une aggravation des conflits à l’Est, la forte volatilité des prix du pétrole et des denrées alimentaires, sans oublier les répercussions des risques internationaux.

« Il est également crucial de faire avancer les réformes visant à améliorer la gouvernance et la transparence, y compris dans le secteur minier, à renforcer les dispositifs de lutte contre la corruption et le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, et à améliorer le climat des affaires, pour soutenir le développement du secteur privé et promouvoir une croissance diversifiée, durable et inclusive », recommande le FMI.

Qui juge qu’à moyen terme, si le pays maintient son « orthodoxie » budgétaire et monétaire, les dépenses cesseront de progresser au gré des cycles économiques, laissant une marge pour l’investissement et les dépenses sociales, permettant une meilleure résilience aux chocs et renforçant la crédibilité budgétaire.

@AB

Écrit par
Aude Darc

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