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African Business

RD Congo : la voie de l’avenir

ENCADRÉ

Trois questions à… André Mushama Ndjeneconseiller principal de la Primature, en charge du collège Climat des affaires

Comment évaluez-vous l’attractivité de la RD Congo aujourd’hui ?

Je prends pour repère 2012 et l’arrivée du premier gouvernement conduit par Matata Ponyo. Il y a eu depuis, beaucoup d’avancées. Avec les réformes engagées depuis 2012, nous nous situons aujourd’hui dans le top 10 des pays réformateurs dans le rapport Doing Business de la Banque mondiale, ce qui est un signal important. En termes de volume d’investissement, selon les données l’Agence nationale pour la promotion des investissements (Anapi), le pays a connu une progression : 2,56 milliards $ en 2013 contre 1,81 milliard $ en 2011. Ce qui témoigne d’un regain d’intérêt pour l’investissement en RDC.

Plus précisément, quelles réformes ont porté leurs fruits ?

En ce qui concerne la création d’entreprises, une des réformes importantes porte sur la mise en place d’un guichet unique, qui permet aux investisseurs d’effectuer leurs démarches à moindres frais. Autre grande réforme, l’adhésion à l’Ohada. La sécurité juridique et judiciaire des investissements est un élément clé du climat des affaires. La RDC n’était pas attractive à ce niveau. L’adhésion récente de la RDC à la convention de New York est également un élément majeur qui renforce la sécurité juridique et judiciaire. Sur la protection des investissements, nous avons créé des tribunaux de commerce, à Kinshasa, à Lubumbashi et dans plusieurs provinces. Nous avons créé deux centres d’arbitrage. Toutes ces innovations rassurent les investisseurs. Autre réforme visible : la centrale des risques. Nous ne sommes pas encore arrivés au bout de cette réforme, mais la Banque centrale a installé un logiciel, ISYS-CERI, pour la communication et le partage en temps réel des informations sur le crédit, qui permet d’avoir une base de données sur les emprunteurs. En 2015, l’une des réformes sur laquelle le gouvernement est en train de miser fortement, est le guichet unique intégral du commerce extérieur. Cette réforme importante à venir va renforcer notre attractivité.

Avec l’arrivée d’une nouvelle réglementation, au sein du Code minier notamment, les entrepreneurs craignent un alourdissement de la fiscalité…

Ce Code minier a plus de dix ans ! Le contexte de la RD Congo à l’époque était particulier : nous avions besoin de dynamiser l’économie via les mines. Les paramètres ayant évolué, il faut changer le Code et adapter la fiscalité minière. Il faut tirer le bilan de ce Code : est-ce que le pays y a gagné quelque chose ? Je n’en suis pas certain. Est-ce que toutes les taxes prévues ont été payées ? Je ne pense pas non plus. Il nous faut un Code gagnant-gagnant à la fois pour les investisseurs mais aussi pour l’État. C’est cela le message que fait passer le Premier ministre : venez investir en RDC, mais dans le cadre d’un partenariat profitable à tous, et dans le strict respect des lois et règlements. Si nous voulons atteindre l’émergence d’ici à dix ans, il faut, à un moment, prendre des décisions courageuses.

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