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Raccorder 300 millions d’Africains à l’électricité

Raccorder 300 millions d’Africains à l’électricité
  • Publiéavril 19, 2024

Quelque 30 milliards de dollars d’investissements publics seront nécessaires pour mener à bien un ambitieux projet, connecter 300 millions d’Africains à un réseau électrique.

 

La Banque mondiale, en partenariat avec la BAD (Banque africaine de développement (BAD), a pour objectif de fournir un accès à l’électricité à au moins 300 millions de personnes en Afrique, d’ici à 2030.

L’institution de Washington s’efforcera de connecter 250 millions de personnes à l’électricité grâce à des systèmes d’énergie renouvelable, tandis que la BAD soutiendra 50 millions de personnes ; cette ambition nécessitera des investissements substantiels.

« Nous aurons besoin de l’action politique des gouvernements, du financement des banques multilatérales de développement et de l’investissement du secteur privé pour y parvenir. »

On estime que 30 milliards de dollars d’investissements du secteur public seront nécessaires pour mener à bien cet ambitieux projet. L’Association internationale de développement (IDA), une branche de la Banque mondiale qui fournit des fonds aux pays en développement à faible revenu, devrait fournir 20 milliards $ pour le projet ; les 10 milliards $ restants devant provenir d’autres fonds publics.

La Banque mondiale espère également que le secteur privé contribuera aux efforts de financement. En outre, elle insiste sur le fait que les gouvernements africains devront mettre en œuvre des politiques qui attirent les investissements privés et réformer leurs services publics.

« À l’heure actuelle, 57 % des compagnies d’électricité d’Afrique subsaharienne ne parviennent même pas à couvrir leurs coûts d’exploitation, et encore moins le service de la dette ou les investissements en capital, ce qui les rend peu attrayantes pour les investisseurs privés qui souhaitent y fournir de l’électricité. En mettant en œuvre des réformes qui améliorent les performances opérationnelles et financières des compagnies d’électricité, celles-ci peuvent devenir financièrement saines et attirer des investissements privés », confie un porte-parole de la Banque mondiale à African Business.

Selon la Banque mondiale, le fait de raccorder 250 millions de personnes à l’électricité ouvrirait au secteur privé des possibilités d’investissement dans les seules énergies renouvelables distribuées (ERD), d’une valeur de 9 milliards $. Les défenseurs de l’ERD affirment que celle-ci peut être facilement installée, qu’elle est fiable et qu’elle fonctionne indépendamment des réseaux électriques nationaux, ce qui la rend particulièrement utile dans les zones reculées.

 

Un important déficit

Actuellement, 600 millions de personnes en Afrique n’ont pas accès à l’électricité, soit environ la moitié des 1,2 milliard d’Africains, ce qui crée des obstacles aux soins de santé, à l’éducation, à l’inclusion numérique et à la création d’emplois. Tel est le leitmotiv d’Akinwumi Adesina, président de la BAD, lors de l’annonce de cet engagement : « L’énergie est essentielle à la vie, tout comme le sang dans le corps humain. Les économies se développent grâce à l’énergie, et il existe un lien direct entre l’accès à l’électricité et la croissance économique. Aucune économie ne peut prospérer dans l’obscurité. »

« L’accès à l’électricité est le fondement de tout développement. C’est un ingrédient essentiel à la croissance économique et à la création d’emplois à grande échelle. Notre aspiration ne se réalisera qu’avec des partenariats et de l’ambition. Nous aurons besoin de l’action politique des gouvernements, du financement des banques multilatérales de développement et de l’investissement du secteur privé pour y parvenir », a commenté Ajay Banga, président du groupe de la Banque mondiale.

Pourtant, les militants de la campagne « Big Shift » organisent des manifestations devant les bureaux de la Banque mondiale pendant les réunions de printemps de l’Institution, affirment qu’il n’existe pas de feuille de route détaillée sur la manière dont ces objectifs peuvent être atteints pour l’Afrique en six ans.

Certains s’interrogent sur l’initiative, notamment sur la manière dont elle sera mise en œuvre et financée, et sur ses différences par rapport aux chantiers existants.

 

Luke Kilian, édité par LS

@AB

Écrit par
Luke Kilian

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