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Promouvoir une irrigation résiliente au climat

Promouvoir une irrigation résiliente au climat
  • Publiéjuin 17, 2024

L’irrigation au goutte-à-goutte favorise une meilleure consommation d’eau et d’énergie tout en augmentant la productivité agricole, selon une étude de terrain conduite au Maroc.

 

On le sait, le Maroc connaît des fluctuations dans la disponibilité de l’eau. Difficultés exacerbées par les impacts du changement climatique, qui entraîne une baisse des précipitations, l’épuisement des eaux souterraines et une dégradation alarmante des ressources en eau. D’autant que les besoins des habitants, de l’agriculture, augmentent la demande.

Un projet de modernisation de l’irrigation à grande échelle favorise l’adoption de l’irrigation au goutte-à-goutte promouvant une meilleure consommation d’eau et d’énergie tout en augmentant la productivité agricole. Ce projet est appuyé par la Banque mondiale, ainsi que par le Partenariat mondial pour la sécurité de l’eau et l’assainissement. Cet organisme vient de financer une étude visant à évaluer la consommation et la productivité de l’eau, ainsi que les effets sur la conservation de l’eau et l’utilisation des eaux souterraines de la conversion des projets collectifs à l’irrigation au goutte-à-goutte, dans les régions irriguées modernisées du périmètre de l’El Haouz.

D’ici 2027, le projet devrait permettre à 51 485 hectares de bénéficier de services d’irrigation ou de drainage nouveaux ou améliorés et à plus de 23 000 agriculteurs de bénéficier d’actifs ou de services agricoles.

Ce programme vise à améliorer l’efficacité de l’utilisation de l’eau dans l’irrigation, principalement en modernisant l’irrigation sur environ 550 000 hectares, dont 220 000 sont couverts par des plans d’irrigation à grande échelle. L’objectif global est de fournir un service d’eau qui s’aligne sur les normes de l’irrigation au goutte-à-goutte et d’autres technologies d’irrigation plus efficaces.

L’étude financée par le GWSP a utilisé la télédétection et les technologies satellitaires pour collecter et analyser avec succès les données relatives aux changements de la biomasse (comme indicateur de la productivité) et de la consommation globale d’eau dans la zone d’étude.

Ce faisant, l’équipe chargée de l’étude sur l’irrigation résiliente au climat a établi la corrélation entre l’évapotranspiration et la biomasse, d’une part, et l’utilisation de l’eau dans l’agriculture, d’autre part. Par la suite, l’initiative a évalué le volume d’eau souterraine utilisé pour l’irrigation et sa corrélation avec l’eau de surface allouée par l’opérateur d’irrigation, renforçant ainsi la capacité du pays à gérer durablement les ressources en eau et la prestation de services.

 

Technologies novatrices

De plus, le travail entrepris a renforcé le dialogue avec le gouvernement marocain sur l’importance des politiques de conservation de l’eau. En effet, l’équipe d’irrigation de la résilience climatique a organisé un dialogue politique de haut niveau sur l’utilisation de l’eau dans l’agriculture marocaine et a élaboré une note technique pour soutenir l’engagement politique lié aux systèmes agroalimentaires résilients et inclusifs au Maghreb.

Selon les parties prenantes, les principales contreparties marocaines, le Bureau régional pour l’irrigation d’El Haouz (relevant du ministère de l’Agriculture) et l’Agence du bassin versant du Tensift (relevant du ministère de l’Équipement et de l’Eau), ont grandement bénéficié de l’adoption des technologies de suivi novatrices.

Les données ont également contribué à l’élaboration de quotas d’eau, que le gouvernement mettra en œuvre parallèlement à la modernisation des technologies. En outre, l’étude et le dialogue ont contribué à l’élaboration de deux projets financés par la Banque mondiale. En décembre 2022, le Projet de modernisation de l’irrigation à grande échelle avait bénéficié à plus de 9 000 agriculteurs en améliorant les services d’approvisionnement en eau et en leur donnant accès à des technologies d’irrigation améliorées couvrant une superficie de 20 700 hectares.

La collaboration entre la Banque mondiale et le Maroc a également fourni des informations importantes pour le projet RESWAG (Resilient and Sustainable Water in Agriculture), d’un montant de 182 millions de dollars, approuvé au cours de l’exercice 2022 sur la base d’une analyse de la capacité des technologies de conservation de l’eau à atténuer la pénurie d’eau dans l’agriculture. Cette analyse a fourni une base solide pour la mise en place d’observatoires pour mesurer les impacts des technologies de conservation de l’eau à long terme. Le projet vise à renforcer la gouvernance de l’eau dans l’agriculture, à améliorer la qualité des services d’irrigation et à moderniser les technologies d’irrigation à la ferme dans les zones soumises à de lourdes restrictions d’eau ou desservies par des aquifères surexploités.

D’ici à 2027, le projet devrait permettre à 51 485 hectares de bénéficier de services d’irrigation ou de drainage nouveaux ou améliorés et à plus de 23 000 agriculteurs de bénéficier d’actifs ou de services agricoles. L’ensemble de ces activités aidera les autorités marocaines chargées de l’eau et les exploitants d’installations d’irrigation à maintenir les prélèvements d’eau à un niveau durable et à faire face à la variabilité interannuelle.

 

PF d’après un compte rendu de la Banque mondiale

 

L’irrigation, une infrastructure négligée

@AB

Écrit par
Paule Fax

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