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African Business

Les cabinets d’avocats Firon et UGGC regroupent leurs forces

La normalisation des relations entre le Maroc et Israël, entre autres éléments, permet à deux cabinets d’avocats d’affaires, le français UGGC et l’israélien Firon & Co., de constituer une alliance inédite. Le nouvel ensemble souhaite accélérer sa croissance en Afrique.

Par Laurent Soucaille

 

Le cabinet d’avocat français UGGC, particulièrement actif en Afrique, associe ses équipes avec celle de son partenaire israélien Firon & Co. L’alliance a donné lieu à une cérémonie de présentation, le 29 mars à Paris.

UGGC est un cabinet indépendant d’avocats leader en droit des affaires ; il ne cesse de se développer depuis sa création, en 1993. Il était déjà présent dans quatre zones géographiques (Afrique, Europe, Asie, Amérique du Sud) ; ce rapprochement avec le cabinet israélien Firon & Co., une référence depuis plus de 70 ans, élargit la zone d’activité au Proche-Orient.  

Par cette opération, les deux cabinets internationaux, dont les équipes se connaissaient déjà bien, constituent une plateforme de services juridiques au soutien des investissements entre Israël, la France, l’Europe, et les zones d’interventions. En Afrique, UGCC est notamment implanté au Maroc. L’opération permet au nouvel ensemble de se redéployer par deux axes, Europe Moyen-Orient et Maroc Moyen-Orient. L’alliance bénéficie d’un contexte favorable : les accords d’Abraham normalisent les relations entre les pays du Golfe et l’État hébreux ; depuis décembre 2020, les relations diplomatiques entre le Maroc et Israël sont « normalisées ». Il en ressortira tôt ou tard un afflux massif d’investissements entre les deux pays, considèrent les dirigeants de Firon-UGGC. D’où l’attrait que peut représenter un cabinet présent sur chaque rive de la Méditerranée.

« Ce partenariat constitue une évolution naturelle, qui renforcera notre capacité à fournir des services juridiques transfrontaliers, essentiels dans le climat actuel, à un plus grand nombre et à une plus grande variété de clients, les aidant à relever des défis internationaux toujours plus importants », résume le gérant du cabinet Firon.

Les relations entre Maroc et Israël ne sont pas nouvelles, fait observer Ali Bougrine, de UGCC Paris-Casablanca. La communauté juive au Maroc est la plus importante d’Afrique du Nord. Déjà, le Bureau central des statistiques israélien fait état d’une très forte hausse des échanges économiques entre les deux pays, depuis 2020 et la normalisation des relations diplomatiques. Celle-ci pourrait conduire à un niveau d’échanges commerciaux de 500 millions de dollars par an. En 2019, le Maroc était, du point de vue d’Israël, le quatrième plus important importateur et le huitième marché d’exportation.

 

Des compétences étendues

Cette année, le rétablissement des lignes régulières entre les deux pays devait permettre à plus de 100 000 Israéliens de se rendre dans le royaume.

Les deux cabinets partagent des valeurs communes, une plateforme commune d’échanges d’informations au service de leurs clients, et interviennent régulièrement dans des opérations transfrontalières, ont rappelé les dirigeants des deux sociétés en conférence de presse. Dès lors, pourquoi aller jusqu’à un rapprochement ? « L’alliance permet de faire jouer des complémentarités qui ne sont pas que géographiques, sinon, en effet, elle n’aurait aucun sens », explique Ali Bougrine. Par exemple, la partie israélienne est fort compétente en matière de sociétés de haute technologie. En matière de cybersécurité, Israël est le deuxième pays au monde à exporter ses services ; à l’heure où l’Afrique entend investir dans ce domaine, comme en témoigne le récent Sommet de Lomé, ce partenaire ne peut pas être négligé.

Concrètement, l’alliance prend la forme d’équipes constituées par des avocats venant des deux partenaires, structurées autour d’un comité de direction, d’un comité de développement et d’un comité opérationnel. Ainsi que par un programme « d’échanges » d’avocats entre les différentes implantations.

Elle permet de faire tourner les équipes et de valoriser les compétences, un atout essentiel dans un métier où le capital humain est essentiel. De plus, un cabinet réparti sur quatre continents et dans des pays aussi différents que la Roumanie ou la Côte d’Ivoire, par exemple, permet d’unifier les pratiques, les méthodes de travail. Un atout précieux pour une entreprise cliente désireuse de s’internationaliser.

 

Une évolution naturelle

En Afrique, les contraintes spécifiques liées à la mise en musique de l’OHADA (Organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires), à des législations et des pratiques souvent différentes des pays occidentaux, ajoutent une difficulté supplémentaire. Le nouvel ensemble entend conquérir de nouveaux marchés, y compris la Chine. Sur le continent, il envisage d’accentuer sa présence en Afrique subsaharienne, par le renforcement des représentations à Abidjan (Côte d’Ivoire) et à Douala (Cameroun), notamment. Présent à Casablanca depuis 2002, le cabinet français gère son « bureau africain », créé en 2014, depuis Paris.

Pour l’heure, le nouvel ensemble revendique 450 avocats, 120 partenaires, 40 domaines d’expertise (Fusions & Acquisitions, Concurrence, Propriété intellectuelle, OHADA, etc.), 20 implantations.

« Firon et UGGC sont deux cabinets qui se distinguent par leur vision internationale et la qualité des services qu’ils offrent à leurs clients », résume Zvi Firon, gérant du cabinet Firon. « Ce partenariat constitue donc une évolution naturelle, qui renforcera notre capacité à fournir des services juridiques transfrontaliers, essentiels dans le climat actuel, à un plus grand nombre et à une plus grande variété de clients, les aidant à relever des défis internationaux toujours plus importants. »

@LS

 

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