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African Business

Par ses visas, l’Afrique peut attirer des capitaux

Accorder la citoyenneté aux entrepreneurs ou créer des programmes de résidence à long terme présente des avantages pour les pays africains. Un programme répondant à cette demande pourrait augmenter les investissements étrangers dans des secteurs stratégiques.

Par Nicolas Salerno, associé directeur de Golden Visa Consultancy

Interrogés sur les raisons de leur recherche de résidences secondaires ou de passeports, les hommes d’affaires africains font savoir, en grande partie, les mêmes motivations. Elles sont basées sur quatre aspects clés. Premièrement, la mobilité.

La plupart des passeports africains sont assez limités lorsqu’il s’agit de voyager, et en tant que tels représentent une contrainte sérieuse lors du développement d’une entreprise. Cela était encore plus perceptible pendant la pandémie de la Covid-19, lorsque la plupart des frontières du monde étaient fermées. Et nous avons vu une demande croissante de candidats africains au Portugal, au Royaume-Uni et même à Antigua et Sainte-Lucie.

Avec la possibilité de voyager sans visa dans 146 pays, un environnement commercial convivial et des incitations pour ouvrir une entreprise, Maurice est certainement le candidat le plus prêt à développer un programme d’immigration d’hommes d’affaires.

Deuxièmement, l’éducation. La plupart des hommes d’affaires africains considèrent favorablement le Royaume-Uni, l’Europe continentale, le Canada et les États-Unis pour l’éducation, et naturellement ils opteront pour ces destinations lorsqu’ils envisagent l’immigration, surtout s’ils ont des enfants.

Troisièmement, la sécurité. Instabilité politique ou économique, montée de l’insécurité et de la criminalité… telles sont quelques-unes des raisons qui nous sont données par les candidats africains. Dès lors, il n’est pas surprenant de voir le Portugal, le Canada et l’Australie se classer en tête des choix de résidences secondaires, puisque ces pays obtiennent les meilleures notes pour assurer la sécurité de leurs citoyens.

Enfin, l’impôt. En tant qu’homme d’affaires, un aspect clé à considérer est la gestion de ses finances et de ses obligations fiscales. À l’inverse, de nombreux pays sont en concurrence pour attirer les talents et souhaitent attirer des professionnels et des entrepreneurs hautement qualifiés. Nous voyons des pays comme Malte, l’Irlande, la Bulgarie attirer des entrepreneurs grâce à des incitations aux entreprises, et le Portugal et les îles des Caraïbes grâce à des incitations personnelles. Elles offrent un régime fiscal favorable en plus de la citoyenneté).

Il est intéressant de noter que le continent africain n’a pas encore mis en action de programme d’immigration d’hommes d’affaires, bien qu’il abrite plus d’un milliard de personnes, dont beaucoup de jeunes, et que s’organise la plus grande zone de libre-échange au monde.

On a vu le Maroc et d’autres pays développer des zones franches pour attirer les capitaux étrangers, tout en offrant des conditions avantageuses aux étrangers désireux d’y prendre leur retraite.

Le Rwanda, l’Afrique du Sud, le Kenya, l’Éthiopie, Maurice ont tous développé des incitations fiscales pour apporter des capitaux frais à leurs économies, tandis que les pays d’Afrique de l’Ouest ont créé une union monétaire pour faciliter les échanges économiques.

Pourtant, encore à ce jour, on ne trouve pas de programme d’immigration d’hommes d’affaires en Afrique ; les Seychelles l’envisagent mais aucune annonce officielle n’a été faite.

Maurice et l’Afrique du Sud bien placés

Et si les nations africaines accordaient la résidence à long terme et la citoyenneté aux entrepreneurs ? C’est ce qu’ils devraient certainement considérer. Cette avancée pourrait augmenter les investissements étrangers dans des secteurs stratégiques.

Les pays des Caraïbes qui ont adopté des programmes similaires ont été en mesure de compléter considérablement leurs budgets publics grâce à ces programmes, de nombreux projets d’infrastructure étant financés par ces derniers. Il est vrai que la plupart des passeports africains ont une mobilité limitée, donc l’impact n’est peut-être pas tout à fait le même, mais il reste une fenêtre pour mettre en œuvre un programme d’immigration d’hommes d’affaires en Afrique.

Avec la possibilité de voyager sans visa dans 146 pays, un environnement commercial convivial et des incitations pour ouvrir une entreprise (sans parler d’un taux d’imposition des sociétés de 15 % et d’une distribution de dividendes non imposable, d’une grande sécurité et d’un bon système éducatif), Maurice est certainement le candidat le plus prêt à développer un tel schéma. Le pays est très apprécié de tous ceux qui l’ont visité et est connu pour sa bonne infrastructure et son hospitalité.

Un autre candidat est l’Afrique du Sud. Avec des voyages sans visa dans 102 pays, le pays a la possibilité de négocier davantage d’accords sans visa, mais l’Afrique du Sud reste une destination très attrayante, avec des villes où il fait bon vivre, telles que Le Cap, et d’excellentes infrastructures.

Le Botswana a un excellent bilan en matière de gouvernance, de croissance, de sécurité, d’éducation et de santé. De nombreuses entreprises étrangères s’implantent déjà au Botswana, qui est considéré comme un pays sûr où l’environnement fiscal est favorable.

D’autres pays comme l’Égypte, le Maroc, le Sénégal, l’Éthiopie, le Kenya, le Rwanda sont économiquement dynamiques et offrent de bonnes infrastructures et services mais leur manque de mobilité mondiale les freine en termes d’attractivité, du moins pour les Golden Visas. Je reste cependant convaincu que l’opportunité est là pour développer ces services.

@NS

Nicolas Salerno est Managing Partner de Golden Visa Consultancy. Au cours d’une carrière de 18 ans, il a aidé plus de 2 000 familles à acquérir une deuxième résidence ou citoyenneté.

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