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African Business

OCP trouve les moyens de ses ambitions

Le leader mondial des phosphates a levé 1,5 milliard de dollars sur les marchés obligataires. De quoi répondre à sa soif d’innovations et de diversification. D’autre part, OCP n’a pas dit son dernier mot dans l’affaire des taxes exigées par les États-Unis.

Par Aude Darc 

Beau succès pour l’émission obligataire d’OCP. Le groupe marocain vient de boucler une émission de titres obligataires sur les marchés internationaux pour un montant total de 1,5 milliard de dollars. Cette nouvelle émission est composée de deux tranches de maturités de dix et trente ans, qui offrent des rendements de respectivement 3,750% et 5,125%.

OCP prévoit d’utiliser les fonds levés pour le financement de la seconde phase de son programme d’investissements. Une partie servira également au rachat partiel de ses obligations arrivant à maturité en 2024 et 2025, ce qui permettra d’allonger le profil de maturité de sa dette et de réduire la charge annuelle de remboursement.

« Le succès de cette émission obligataire internationale témoigne de la qualité de la signature du groupe OCP auprès des investisseurs internationaux. L’objectif de cette démarche proactive d’OCP est d’optimiser notre structure financière en tirant profit de l’évolution des conditions de marché », précise Mostafa Terrab, cité dans un communiqué.

Le PDG du groupe marocain a de quoi se satisfaire de l’accueil des marchés : l’opération a été plus de 4,7 fois sursouscrite pour un total d’environ 7 milliards $ pour les deux tranches, ce qui a permis « un resserrement significatif » des taux pour les deux maturités. Fait rare, la prime d’émission, payée par les nouveaux investisseurs, se révèle négative de 10 points de base pour les deux tranches.

OCP Group vient de lancer une procédure d’appel auprès de la Cour fédérale du Commerce international des États-Unis pour contester les décisions de la Commission américaine du commerce international et du Département du commerce.

Selon la direction financière du groupe, cette opération représente le plus important carnet d’ordres réalisé en Afrique, tous secteurs confondus, en 2021. De plus, la tranche de trente ans serait également la plus importante réalisée par une société du secteur, dans la région MENA.

Les obligations sont cotées sur le marché européen Euronext. Elles sont notées (BB+/ stable) par Fitch Ratings et (BB+/stable) par Standard & Poors. Les banques co-chefs de files mandatées pour l’émission et la mise en œuvre de l’opération Barclay’s, BNP Paribas et JP Morgan.

Soif d’innovations et de diversifications

OCP a été conseillé sur cette opération par Rothschild & Co. Ces obligations ont été placées auprès d’investisseurs institutionnels qualifiés, gestionnaires de fonds, banques et banques privées dans divers pays incluant le Maroc, les États-Unis, le Royaume-Uni, ainsi que plus largement en Europe, ainsi qu’au Moyen-Orient et en Asie.

Dans un marché redevenu porteur, le leader mondial des phosphates mise sur les nouvelles technologies et la R&D, élargissant son champ d’innovations. Ainsi, « le digital et l’analyse des données, les innovations en matière de recherche agricole, l’eau et l’énergie sont nécessaires pour la production, l’optimisation de la Supply Chain, le service aux clients », confiait récemment Mostafa Terrab au magazine Jeune Afrique. Sachant qu’en matière de développement durable, la décarbonisation et la mobilisation de ressources en eau recyclées ou dessalées constituent « des leviers importants ». OCP Group entend également poursuivre une stratégie ancienne de diversifications, y compris dans l’hôtellerie.

D’autre part, OCP Group n’a pas dit son dernier mot dans l’affaire des droits compensateurs exigés par les États-Unis à l’importation de ses produits. Il vient de lancer une procédure d’appel auprès de la Cour fédérale du Commerce international des États-Unis pour contester les décisions de la Commission américaine du commerce international (ITC) et du Département du commerce (DOC). Lequel avait décidé, le 9 février 2021, suite à une requête du producteur américain Mosaic, d’appliquer des droits sur les importations marocaines d’engrais phosphatés de 19,97% – Mosaic réclamait 70%. Une décision confirmée un mois plus tard par l’ITC.

L’OCP interviendra également à l’encontre de la procédure en appel initiée par Mosaic visant à accroître le niveau des droits appliqués, précise le groupe. Qui considère que ces actions s’inscrivent dans la continuité des efforts qu’il mène pour s’opposer à l’application infondée de ces droits compensateurs, « et dans la volonté de continuer à servir les agriculteurs américains en leur permettant de sécuriser un approvisionnement fiable et diversifié en engrais adaptés et de haute qualité ».

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