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African Business

Vers une réduction de 50% des coûts de l’Internet

L’Alliance Smart Africa confirme son grand dessein de mieux connecter les Africains à l’Internet, et à moindre coût. Ses pays membres mutualiseront l’achat d’espaces de données. Ils financeront et faciliteront les outils nouveaux. 

Par Kimberly Adams  

L’alliance Smart Africa a tenu cette semaine son 9e Conseil d’administration. Elle avait comme thème générique « Capitaliser les technologies de l’information et de la communication pour booster le développement durable ». Outre des représentants d’organismes internationaux et de groupes privés, pas moins de 27 pays étaient représentés au plus haut niveau, sous la présidence de Paul Kagame.

Les dirigeants ont, une nouvelle fois, approuvé l’objectif global d’amélioration des capacités. Il vise la multiplication par six de l’utilisation de l’Internet, et à réduire ses coûts jusqu’à 50%. Mutualiser les ressources et la demande permet, constatent-ils, d’en réduire les prix.

Si le président de Djibouti a salué une jeunesse africaine qui « agit, créé, innove », il a rappelé la nécessité pour l’Afrique de peser davantage dans l’espace numérique. « Il n’est plus question de suivre le monde mais d’anticiper sur les réalités du monde de demain », a prévenu Ismail Omar Guelleh.

Dans le domaine de la donnée, par exemple, les pays africains vont procéder à des achats groupés de capacités (emplacements dans les Data Centers) afin de les revendre à plus bas prix aux utilisateurs finaux. Une structure ad hoc sera créée pour concrétiser cette ambition, dès 2021. Elle réunira les fournisseurs d’accès à l’Internet et les opérateurs de télécoms.

« La pandémie a montré que la connectivité n’est pas un luxe, mais une nécessité », a déclaré Paul Kagame, président du Rwanda, cité New Times. Quotidien du Rwanda auquel Didier Nkurikiyimfura, directeur de la technologie et de l’innovation pour Smart Africa, a confié qu’une réduction des coûts de 50% « aidera les populations et les pays à obtenir une meilleure connectivité, à lancer des produits et services en ligne et à être en mesure de parvenir à une économie basée sur la connaissance ». Dans une première phase, a-t-il précisé, sept à dix pays seront mobilisés.

Les chefs d’État ont approuvé le lancement du Plan d’identification numérique pour l’Afrique. Cette initiative, conduite par le Bénin, veut constituer un système d’identification numérique interopérable dans toute l’Afrique. L’identification numérique facilitera la participation des Africains à l’économie numérique, générant des dividendes pour l’inclusion et la croissance et le développement globaux du continent.

La Tunisie, championne des start-up

De plus, l’Alliance va procéder au lancement du Smart Broadband 2025 Blueprint for Africa, un projet phare pour augmenter la pénétration du haut débit en Afrique de 34% à 50% d’ici à 2025. En effet, nous disent les études, une meilleure utilisation du haut débit favorise la croissance du PIB par habitant. C’est pourquoi l’alliance vise à faire passer douze pays supplémentaires à plus de 20% de pénétration du haut débit.

L’Internet, c’est aussi l’écosystème des start-up. C’est pourquoi l’alliance Smart Africa soutient les initiatives de la Tunisie, appelées à faire école en Afrique. Le programme cherche à créer les conditions optimales pour permettre aux pays membres de prospérer grâce à des actions de démarrage de projets. Il s’agit de renforcer les connaissances sur les principaux défis auxquels sont confrontés les start-up et les innovateurs africains des TIC ainsi que les meilleures pratiques développées dans le monde.

Smart Africa

De son côté, le Niger pilotera le plan directeur des « Villages intelligents » : 59% de la population africaine vit dans les zones rurales. Ils sont confrontés à des infrastructures médiocres et un manque de connectivité Internet avec les pires taux de connectivité au monde. Dès lors, les « Villages intelligents » constituent une approche globale et inclusive de la transformation numérique rurale ; l’initiative rejoint les objectifs de développement durable dans les communautés éloignées et mal desservies.

Pour sa part, Djibouti va développer le premier Data Center écologique de l’Afrique, a annoncé le président Ismail Omar Guelleh. Ce Data Center présentera « les meilleurs standards » en matière de fiabilité de fonctionnement, de sécurisation physique, de connectivité, de modularité et de performance énergétique.

Si le président de Djibouti a salué une jeunesse africaine qui « agit, créé, innove », il a rappelé la nécessité pour l’Afrique de peser davantage dans l’espace numérique. « Il n’est plus question de suivre le monde mais d’anticiper sur les réalités du monde de demain », a-t-il prévenu. C’est pourquoi, à son sens, il est nécessaire d’investir dans les infrastructures, l’amélioration de la connectivité, et la formation du capital humain.

Enfin, le Conseil a acté l’arrivée de la Mauritanie comme 31e membre de l’Alliance Smart Africa.

KA

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EN BREF

L’engagement de l’Europe

Le 10 décembre 2020, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a lancé le Digital4Development (D4D) Hub. Cette plateforme rassemble des acteurs clés des États membres de l’Union européen, du secteur privé, de la société civile et des institutions financières.

Elle entend accroître les investissements dans la transformation numérique des pays partenaires, et promouvoir un ensemble complet de règles fondées sur des valeurs en faveur d’une économie et d’une société numérique à l’échelle mondiale. Et promouvoir un engagement plus marqué et plus stratégique de l’Union dans le cadre de partenariats numériques internationaux.

Le African Union-European Union D4D Hub est la première composante régionale opérationnelle. Il fonctionnera comme un outil stratégique pour faire progresser le dialogue entre les différentes parties prenantes, les partenariats conjoints et les investissements dans l’économie numérique africaine.

Pour Thierry Breton, commissaire au marché intérieur, cet outil « dontribuera à réduire la fracture numérique mondiale et à accroître les économies numériques de l’Europe et de l’Afrique conjointement. »

« L’économie numérique sera un moteur essentiel du développement durable inclusif en Afrique uniquement si nous comblons la fracture numérique, y compris la fracture entre les sexes. Le lancement du Hub est une étape importante de notre partenariat avec l’Union Africaine pour atteindre cet objectif », a confirmé Jutta Urpilainen, commissaire chargée des partenariats internationaux.

 

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