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African Business

NTIC : Dirigeants africains, encore un effort !

Différents représentants d’organisations des Nations unies exhortent les pays africains à intensifier leurs investissements en faveur des Technologies de l’information et de la communication. Les TIC transforment l’Afrique et participent de l’inclusion des populations.

Par Paule Fax et Marie-Anne Lubin

La crise sanitaire rend plus que jamais indispensable l’avancée de l’Afrique vers les nouvelles technologies. Telle est la principale conclusion du Sommet mondial sur la société de l’information (SMSI) dont l’une des cessions était consacrée à l’Afrique, le 1er septembre.

Elle a réuni différents représentants d’instances onusiennes et africaines en charge de ces questions. Selon eux, un meilleur accès à l’Internet permettra d’améliorer les prestations d’éducation, de santé et d’entrepreneuriat.

« La fracture numérique est aujourd’hui généralisée en Afrique avec un taux de connectivité très faible. Nous ne pourrons jamais atteindre l’objectif de 2030 si nous ne résolvons pas d’urgence la question de la connectivité à travers le continent », juge Jean-Paul Adam (CEA).

Les participants à ce sommet – virtuel – ont jugé que les efforts visant à promouvoir l’utilisation de la technologie numérique pour renforcer l’intégration régionale sont bien de nature à améliorer la prestation de services.

Moctar Yedaly, chef de la division de la société de l’information à la Commission de l’Union africaine (CUA), a déclaré que les dirigeants africains pensaient que le numérique était d’une importance capitale pour l’avenir du continent.

Bien sûr, les dirigeants africains estiment tous que le numérique est d’une importance capitale pour l’avenir du continent. Moctar Yedaly, qui dirige la division Société de l’information à la CUA (Commission de l’Union africaine), y voit là « une grande opportunité pour le continent de se transformer ».

L’économie numérique est un secteur important, « nous devons donc adopter la technologie et faire un bond en avant si nous voulons survivre », a-t-il déclaré. Il juge « essentielle » la stratégie de transformation numérique pour débloquer la transformation de l’Afrique.

Dans l’ensemble, les panélistes ont déclaré que l’investissement dans les nouvelles technologies était « crucial ». Non seulement pour promouvoir l’intégration de l’Afrique mais aussi pour générer une croissance économique inclusive, stimuler la création d’emplois, combler la fracture numérique et éradiquer la pauvreté, selon les informations fournies par la CEA (Commission économique des Nations unies pour l’Afrique), basée à Addis-Abeba.

Les programmes existent

Aussi les panélistes exhortent-ils les pays africains à mettre en œuvre la Stratégie globale de transformation numérique pour l’Afrique de la CEA, qui a été élaborée en collaboration avec divers partenaires :

Smart Africa, AUDA-Nepad, les Communautés économiques régionales, la Banque africaine de développement et l’Union africaine des télécommunications, la Fondation pour le renforcement des capacités en Afrique, l’Union internationale des télécommunications et la Banque mondiale.

La stratégie s’appuie sur des initiatives et des cadres existants tels que le Programme de développement des infrastructures en Afrique (PIDA), pour soutenir le développement d’un Marché unique numérique pour l’Afrique.

Son objectif principal est de servir de cadre de référence afin de réaliser la vision commune de la création d’une société et d’une économie numériques intégrées et inclusives en Afrique qui améliore la qualité de vie de ses citoyens, renforce et permette la diversification et le développement d’un secteur économique existant, et assure l’appropriation continentale. Dans ce contexte, l’Afrique est vue comme un producteur et pas seulement comme un consommateur dans l’économie mondiale.

De son côté, Andrew Rugege, directeur régional de l’Union internationale des télécommunications (UIT) pour l’Afrique, considère que la pandémie de Covid-19 en cours « montre le caractère pratique d’une société de l’information luttant non seulement contre celle-ci, mais aussi contre d’autres pandémies et crises ».

À son sens, « les organisations, les gouvernements, le secteur privé et même les particuliers essaient de trouver des moyens d’utiliser les TIC pour détecter, gérer et minimiser les effets du virus », at-til déclaré. L’UIT travaille à divers projets qui pourraient aider l’Afrique à lutter contre la pandémie, si celle-ci s’accélérait.

Il a cité en exemple l’Initiative Giga, lancée en 2019 sous l’égide des Nations unies. Le projet se fixe comme objectif de fournir une connectivité à toutes les écoles du monde. Quelque 3,6 milliards de personnes dans le monde n’ont pas accès à Internet, dont 1,3 milliard d’enfants qui ont été exclus de l’école par la crise actuelle, a fait observer Andrew Rugege.

Des outils de développement durable

Giga « apportera la puissance d’une connectivité significative visant à accélérer l’accès des jeunes aux ressources et opportunités éducatives, en particulier en Afrique ».

Pour sa part, Jean-Paul Adam, Directeur de la division de la technologie, du changement climatique et de la gestion des ressources naturelles de la CEA, considère que les nouvelles technologies sont un moteur important pour réaliser les Objectifs de développement durable.

« Les TIC peuvent jouer un rôle crucial dans nos vies et peuvent grandement contribuer à la mise en œuvre des ODD. Elles apportent de nouvelles solutions et, là où les infrastructures, les compétences et les services appropriés sont disponibles, elles peuvent être incroyablement puissantes pour transformer l’éducation, les soins de santé ou la façon dont nous faisons des affaires. »

Il pointe le principal défi de l’Afrique : la fracture numérique. « Elle est aujourd’hui généralisée en Afrique avec un taux de connectivité très faible. Nous ne pourrons jamais atteindre l’objectif de 2030 si nous ne résolvons pas d’urgence la question de la connectivité à travers le continent. »

Aussi, dans la perspective des ODD et de l’Agenda 2063 de l’UA, « sera-t-il essentiel de s’engager dans une coopération constructive, d’améliorer l’échange d’informations en relation avec les initiatives en cours sur le continent et d’identifier conjointement les questions et interfaces intersectorielles ainsi que des partenariats solides entre toutes les parties prenantes ».

Y compris les gouvernements, les organisations internationales, le secteur privé, la société civile et les communautés techniques et universitaires.

PF et ML

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