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African Business

Internet à l’heure de l’IPv6

Assurer la stabilité et la pérennité de l’Internet en Afrique en vue de soutenir sa transformation numérique. Tel est l’objectif d’une série de rencontres organisées tout au long de l’année par l’Afrinic auprès des dirigeants et responsables des pays africains.

Par Paule Fax

 

Plusieurs pays africains, Bénin et Côte d’Ivoire, pour parler des plus récents, ont reçu ou vont recevoir la visite de l’African Network Information Centre. L’Afrinic est le registre Internet pour l’Afrique ; son siège est basé à l’île Maurice. Cette organisation à but non lucratif est chargée de la distribution et de la gestion des numéros Internet (adresses IPv4, IPv6 et numéros de systèmes autonomes) pour l’Afrique et l’océan Indien.

L’organisation intervient auprès de 2 000 organisations des secteurs publics, privés et universitaires. Arsenic contribue au développement du réseau africain à travers la distribution équitable des numéros Internet et le renforcement des capacités des décideurs et ingénieurs africains dans le domaine de la technologie et de la gouvernance. Elle entend approfondir ses relations avec une vingtaine de pays africains, durant l’année.

« Le détournement d’adresses IP à des fins malveillantes est une réalité aujourd’hui ; pourtant, il existe des technologies peu complexes pour le prévenir », explique Eddy Kayihura.

L’objectif des discussions est que chacun prenne conscience des enjeux. À savoir la disponibilité et la sécurisation des adresses IP publiques, le transfert des connaissances ainsi que l’établissement de la synergie nécessaire entre les partenaires. Chacun doit aller dans la même direction vers le maintien d’un accès sûr au réseau mondial, l’une des conditions du développement de l’Afrique, considère la structure.

« Dans le cadre de sa stratégie de croissance de l’internet en Afrique, Arsenic souhaite sécuriser et mettre à disposition des adresses IP dans l’ensemble des pays africains », explique souligne Eddy Kayihura, son directeur général. Arsenic ne détient que 2% du pool mondial d’adresses IP ; il lui faut donc veiller à ce que ces adresses soient allouées en priorité aux opérateurs africains, afin que ces derniers puissent utiliser ces ressources pour développer l’infrastructure Internet sur le continent.

Un Internet sécurisé et résilient

« L’Internet est désormais une condition essentielle au bon fonctionnement de toutes les économies du monde. Cela s’applique naturellement aux pays africains, d’autant plus que le continent regorge de ressources et de talents qui ne demandent qu’à libérer tout leur potentiel », explique la communication d’Afrinic.

Pour cela, les Africains ont besoin d’un environnement propice qui dépend largement d’un réseau internet performant. « Il est donc plus que jamais important d’unir nos forces pour œuvrer en faveur de la réalisation des objectifs de l’Agenda 2063 de l’Union africaine et des objectifs de développement durable des Nations unies ». Lesquels prévoient l’accroissement de l’accès aux nouvelles technologies. Il s’agit de travailler plus étroitement ensemble « pour un Internet accessible, sécurisé et résilient ».

Une diffusion trop lente de IPv6

Un peu de pédagogie : lorsque nous écrivons une adresse Internet, comme www.magazinedelafrique.com, en fait, sans le savoir, nous demandons au réseau de rejoindre un code IP, une série de chiffres (de type 194.156.87.0). C’est ce code qui est attribué par Arsenic. Les algorithmes IPv4 étant saturés, devant les milliards de pages créées et la multiplication des terminaux (téléphones, ordinateurs, tablettes, etc.), la génération IPv6 a été conçue pour déterminer les nouvelles adresses. Arsenic doit également générer l’immense répertoire (DNS) où vient s’inscrire chaque adresse du net.

L’adoption de la technologie IPv6 n’est pas assez rapide, en Afrique, regrette le directeur général d’Afrinic. Pourtant, elle n’est pas trop lourde ni trop chère. Il n’est pas besoin de consentir de lourds investissements mais il faut y être sensibilisé. Compte tenu de la rapidité et de la disponibilité de cette nouvelle technologie, les entreprises et les administrations auraient intérêt à l’adapter.

De plus, se pose un problème de sécurité, celui du détournement de réseau (highjacking). Quand on parle sécurité, on pense pare-feu ou antivirus, mais pas forcément à ce problème spécifique. Or, aujourd’hui, un pirate peut venir s’approprier une partie du réseau d’un opérateur et l’amener ailleurs. « Le détournement d’adresses IP, à des fins malveillantes, est une réalité aujourd’hui, pourtant, il existe des technologies, peu complexes, pour le prévenir », explique Eddy Kayihura. Sachant que contrairement à l’usage des antivirus, il appartient à chaque créateur de site d’assurer lui-même le bon fonctionnement de son site face à cette menace. « Certains le font, certains ne le font pas encore, nous devons savoir pourquoi. »

Le Bénin, par exemple, a adopté IPv6, l’a mis à la disposition des clients, mais trop peu d’adresses ont été allouées aux utilisateurs finaux. La migration se poursuit et les décisions ont été prises, en cette mi-mars, pour qu’au plus tard à la fin de l’année, la plupart des opérateurs béninois bénéficient de la technologie la plus récente.

@PauleFax

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