Close
Avez-vous trouvé cet article intéressant?

African Business

Mieux tenir compte du capital naturel

Le capital que constitue la nature ne doit plus être négligé par la statistique, par les décideurs politiques, les banques de développement. La Fondation MAVA, au-delà de ses actions sur le terrain, défend une autre manière d’intégrer la biodiversité dans les prises de décision.

Par Paule Fax

MAVA est une fondation philanthropique qui promeut la conservation de la biodiversité. Elle plaide pour des économies durables en Méditerranée, en Afrique de l’Ouest et en Suisse.

La Fondation vient d’accorder à la Plateforme de connaissances sur la croissance verte (GGKP) ainsi qu’à la BAD (Banque africaine de développement) une subvention de deux ans, portant sur 241 875 francs suisses (147,3 millions de F.CFA). Charge à ces deux partenaires d’intégrer le capital naturel dans le financement du développement en Afrique.

Dans la plupart des pays africains, le capital naturel représente entre 30% et 50% de la richesse totale. En Afrique subsaharienne, plus de 70% des personnes dépendent des forêts et des terres boisées pour leur subsistance.

Indirectement, cette subvention soutiendra des activités visant à développer une analyse de rentabilisation du capital naturel, au sein des banques multilatérales de développement.

Elle permettra d’intensifier l’application du capital naturel dans le financement des infrastructures, à intégrer la croissance verte et le capital naturel dans les notations de crédit des dettes souveraines d’Afrique et à renforcer l’adoption du capital naturel comme élément de la prise de décision, via une Natural Capital Academy.

Le capital naturel est le stock de ressources naturelles renouvelables et non renouvelables, telles que les plantes, les animaux, l’air, l’eau, les sols et les minéraux, qui se combinent pour fournir des avantages aux personnes et soutenir la vie.

Les solutions fondées sur la nature émergent, comme des stratégies essentielles d’atténuation et d’adaptation au changement climatique en Afrique. De plus en plus, on reconnaît que la protection des écosystèmes pourrait fournir au moins un tiers de l’atténuation climatique nécessaire d’ici 2030, tel que prévu par l’accord de Paris sur le climat.

Des arguments clairs

Vanessa Ushie est responsable de la division de l’Analyse des politiques au Centre africain des ressources naturelles de la BAD. Elle souligne : « L’initiative d’intégration du capital naturel offre une opportunité stratégique pour une banque de développement d’intégrer la nature et le capital naturel au cœur de la prise de décision ». Ce, tant sur la planification du développement, que sur les investissements et le financement des infrastructures en Afrique.

Les arguments en faveur de la prise en compte du capital naturel dans les décisions d’investissement sur le continent sont clairs. Dans la plupart des pays africains, le capital naturel représente entre 30% et 50% de la richesse totale. En Afrique subsaharienne, plus de 70% des personnes dépendent des forêts et des terres boisées pour leur subsistance.

Cette prise en compte se vérifie également par un nouveau calcul de l’IDH (Indice de développement humain) ; le PNUD accordera un poids plus grand au capital naturel et à sa soutenabilité dans ses prochains calculs.

La vision de cette subvention est d’attirer des ressources supplémentaires pour compléter les interventions existantes sur le capital naturel. La BAD et le GGKP administreront conjointement le don et coordonneront la mise en œuvre des activités du projet dans le cadre d’un partenariat bilatéral existant et d’une coopération technique établie.

Le Fonds mondial pour la nature (WWF), un partenaire d’exécution majeur, fournira des composantes et des activités spécifiques. L’initiative est particulièrement pertinente alors que l’Afrique se tourne vers l’ère post-Covid-19.

PF

EN BREF

MAVA lance un nouveau programme de leadership

Suite au succès de sa Nature Academy, qui vient de s’achever, la MAVA lance un nouveau programme de leadership, ciblé sur les besoins des acteurs de la conservation de la nature dans le bassin méditerranéen et en Afrique de l’Ouest.

Il s’agit d’un parcours de six mois, en français, destiné à soutenir le développement du leadership sur ces questions – affirmation de ses compétences, communication, examen des systèmes complexes, etc.

Le programme s’adresse aux professionnels francophones des organisations partenaires directes et indirectes de la MAVA dans le bassin méditerranéen (hors Union européenne) et en Afrique de l’Ouest.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Related Posts