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Maroc – Économie : Un ambitieux plan d’aide aux petites entreprises

Entamé en octobre 2019, le programme marocain d’appui à la création d’entreprises et à la formalisation de l’économie se poursuit par un nouvel accompagnement financier aux apporteurs de projet.

Par Laurent Soucaille

Les banques marocaines n’ont pas été longues à répondre à l’appel du roi Mohammed VI en faveur des très petites, petites, et moyennes entreprises (TPME) et des apporteurs de projets.

Nouvelles conventions, nouveaux produits financiers, taux d’intérêt en baisse, le Maroc choisit de solidifier son important réseau de TPE et de soutenir activement la création d’emploi, notamment dans le monde agricole et rural.

Les créateurs de projets se verront appliquer un taux d’intérêt limité à 2% l’an, lors d’un emprunt bancaire. Tout en signant la création d’un Comité de coordination et de l’accompagnement des porteurs de projets et des TPME, le roi Mohammed VI, le 27 janvier 2020, avait regretté les taux d’intérêt souvent dissuasifs appliqués à ces entreprises créatrices d’emplois.

« Pensé pour renforcer la place du secteur bancaire dans la redynamisation de l’économie nationale, ce programme devrait contribuer à la création annuelle de 27 000 nouveaux postes, en accompagnant 13 500 nouvelles entreprises. »

Bien sûr, ces largesses des banques marocaines seront facilité par le soutien de la Banque centrale, la Bank Al-Magrhib, qui consentira un taux préférentiel aux banques prêteuses et qui relèvera son taux de garantie. De même, la Banque centrale s’engage à diminuer les exigences en capitaux propres appliqués à ces crédits.

Pour la part qui lui revient, le fonds Hassan II va mettre à la disposition du Fonds d’appui au financement de l’entrepreneuriat, pas moins de 2 milliards de dirhams, sans intérêt.

Il sera principalement un soutien à l’agriculture. Ce segment bénéficiera d’ailleurs d’un taux d’intérêt plafonné à 1,75%, en dépit d’un risque crédit parfois élevé, en raison des aléas du climat et des prix des denrées agricoles.

Par son ampleur économique et monétaire, font observer certains économistes, cette politique du Maroc ressemble à celle pratiquée par les États-Unis et l’Europe pour répondre aux crises financières de 2008-2010, appelée « Quantitative Easing ».

Elle consiste en une abondance de liquidités et de facilités financières mise à la disposition, tantôt des ménages, tantôt des entreprises. Cette « générosité » en matière d’emprunts s’explique aussi par un contexte international de très forts bas taux d’intérêt, le Maroc empruntant à un taux voisin de 1,5% actuellement.

« Pensé pour renforcer la place du secteur bancaire dans la redynamisation de l’économie nationale, ce programme devrait contribuer à la création annuelle de 27 000 nouveaux postes, en accompagnant 13 500 nouvelles entreprises », souligne le ministre des Finances et de l’économie, Mohamed Benchaâboun.

Le programme d’accompagnement des porteurs de projets et des TPME représente six milliards de dirhams (564,5 millions d’euros) étalés sur trois ans.

Le besoin s’en faisait sentir : Abdellatif Jouahri, directeur de la Banque centrale, rappelle que malgré les efforts consentis pour promouvoir et soutenir l’investissement, ces dernières années, le tissu productif de l’économie marocaine est resté précaire.

Il est marqué par la part prépondérante (77% de l’ensemble) des très petites entreprises dont le chiffre d’affaires ne dépasse pas 1 million de dirhams, sachant que les entreprises dont le chiffre d’affaires se situe entre 1 et 3 millions de dirhams ne représentent que 10%.  

Et les grandes entreprises ne représentent que 1% de l’ensemble du tissu productif. Selon une étude du Haut-commissariat au Plan, l’accès au financement est cité par 75% des PME comme étant l’une de leurs principales préoccupations.

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