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African Business

Maroc : De fortes ambitions dans l’hydrogène vert

Un champion mondial de « l’hydrogène vert », le Maroc ? Tel est le pari du Royaume qui vient de renforcer son partenariat avec l’Agence internationale des énergies renouvelables. À terme, cette technique d’énergie pourrait alimenter l’Europe et les voisins africains.

Par Kimberly Adams

L’utilisation de l’hydrogène comme source d’énergie ne rejette pas de CO2. En revanche, sa fabrication est moins vertueuse ; l’élément est obtenu par reformage de méthane, un processus qui favorise l’effet de serre. Une autre technique, qui n’est utilisée qu’à hauteur de 4% de la production mondiale, consiste, par électrolyse, à séparer les molécules d’eau en deux, oxygène d’un côté et hydrogène de l’autre. Si cette électrolyse est elle-même fournie par une énergie « propre » (solaire, éolien), alors l’hydrogène produit devient « vert », car il n’émet pas de CO2.

On devine ainsi le sens de l’accord entre l’Agence internationale des énergies renouvelables (Irena) et le ministère marocain de l’Énergie, des mines et de l’environnement (MEME). Les deux partenaires vont renforcer leur collaboration pour faire avancer les connaissances dans les énergies renouvelables et accélérer la transition énergétique.

Les deux partenaires ont leur feuille de route : « Développer des études de technologie et de perspectives de marché, élaborer des modèles de coopération public-privé, explorer le développement de nouvelles chaînes de valeur de l’hydrogène vert et jeter les bases de son commerce au niveau national et régional. »

Plus précisément dans le domaine de l’hydrogène vert, une technique également appelée « Power-to-Gaz », dont le Maroc veut devenir un important producteur et exportateur. Au début du mois de juin, l’Allemagne et le Maroc, aux relations diplomatiques tendues, ont gelé leur collaboration dans ce domaine. Le Royaume est pourtant un partenaire naturel de l’Europe, y compris de la Grande-Bretagne, dans la recherche sur l’énergie.

Dans le cadre de l’accord stratégique signé par le directeur général de l’Irena, Francesco La Camera, et le ministre Aziz Rabbah, les deux parties poursuivront activement des études sur l’hydrogène vert et exploreront conjointement des instruments politiques pour engager le secteur privé à un niveau national dans l’économie verte de l’hydrogène.

Le Maroc, considère l’Irena, est reconnu comme étant un pionnier régional de la transition énergétique. Le pays a revu à la hausse son ambition en matière d’énergies renouvelables, par sa décision d’augmenter la part de la capacité totale installée à plus de 52% d’ici 2030, dépassant ainsi l’objectif annoncé lors de la COP21.

Une ambition nationale

« Le Royaume du Maroc a fait preuve d’un grand leadership en faisant progresser le déploiement des énergies renouvelables pour répondre à la demande énergétique croissante tout en créant de nouvelles opportunités industrielles à travers le pays », commente Francesco La Camera.

« Il est naturel que ce leadership s’étende à la poursuite de l’hydrogène vert, qui peut jouer un rôle essentiel dans les ambitions mondiales de décarbonations. » Dans le cadre de cet accord, l’Irena, organisation inter-gouvernementale basée à Abou Dhabi, travaillera en étroite collaboration avec le Maroc « pour faire avancer l’ambition nationale et créer des opportunités de partage des connaissances à l’échelle mondiale ».

Au nom du MEME, Aziz Rabbah rappelle que le Maroc a joué un rôle important dans la coopération mondiale en matière d’énergies renouvelables depuis la création de l’Agence, en 2009. « Nous continuerons à promouvoir et à encourager l’adoption des énergies renouvelables dans le contexte du changement climatique et développement au niveau régional et international. »

Les deux partenaires ont leur feuille de route : « Développer des études de technologie et de perspectives de marché, élaborer des modèles de coopération public-privé dans l’espace hydrogène, explorer le développement de nouvelles chaînes de valeur de l’hydrogène vert et jeter les bases de son commerce au niveau national et régional. »

Les deux parties mèneront également des analyses conjointes qui exploreront davantage les avantages sociaux et économiques des énergies renouvelables. S’appuyant sur le mandat mondial de l’Irena, le Maroc vise à renforcer la coopération Sud Sud par le biais d’échanges entre pairs et d’experts, le partage des connaissances et le renforcement des initiatives régionales.

Plus largement, les partenaires travailleront au renforcement des politiques et des cadres réglementaires pour le déploiement des énergies renouvelables et les applications d’efficacité énergétique dans le Royaume. En outre, les deux parties favoriseront les investissements dans les énergies renouvelables, y compris le financement climatique, à travers le développement de projets solides et la facilitation de l’accès au financement.

Selon les données de l’Irena, à fin 2020, le Maroc disposait d’une capacité totale d’énergie renouvelable installée de près de 3,5 GW. Le pays se tourne vers les énergies renouvelables et l’hydrogène vert pour remplacer sa production d’électricité au charbon. Par exemple, il envisage d’installer un terminal flottant d’importation de GNL pour utiliser davantage de gaz dans le secteur de l’électricité.

KA

Photo : Francesco La Camera (à gauche), et Aziz Rabbah (à droite)

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