x
Close
Actualité African Business

Macky Sall s’en prend aux institutions internationales

Macky Sall s’en prend aux institutions internationales
  • Publiémai 20, 2022

Le président du Sénégal, et de l’Union africaine, souhaite changer le modèle de financement mondial pour remédier à la marginalisation de l’Afrique. Il déplore que les pays du continent se remettent mal de la pandémie tandis que de nouveaux risques surviennent.

 

 Par Leo Komminoth

Dans un discours enflammé prononcé à Dakar, le président Macky Sall a reproché aux organisations internationales de faire un mauvais sort à l’Afrique. Celui qui est aussi président en exercice de l’Union africaine a reconnu le rôle de premier plan joué par la Banque africaine de développement et Afreximbank dans le soutien au développement.

Macky Sall a appelé les banques centrales à accorder davantage de flexibilité aux politiques monétaires, qui limitent les dépenses des pays africains. « Nous voulons changer les règles du crédit. Regardons la réalité et faisons en sorte que leurs conditions soutiennent le développement. »

Toutefois, le président Sall considère que la situation actuelle de l’Afrique dans le système international constitue un frein à son développement. « Les règles sont injustes, dépassées et doivent être contestées », a-t-il déclaré devant les délégués participant à la Conférence des ministres africains des finances, de la planification et du développement économique de la CEA, dans le luxueux nouveau centre des conférences de Dakar.

Le risque est surévalué par les agences de notation et le système est biaisé négativement envers le continent en général, considère-t-il. Il est donc impossible pour les pays d’emprunter de l’argent à des taux équitables, bien que « le retour sur investissement soit plus important en Afrique que partout ailleurs ».

Le président du Sénégal a évoqué le nouveau train à grande vitesse de Dakar, qui a été achevé en cinq ans et est entré en service fin 2021. Un motif de satisfaction : bien d’autres grands projets ont été financés et livrés à temps : « Expliquer le sous-développement en Afrique est très simple. Les règles établies par les institutions internationales nous ont mis dans une camisole de force. » Il est temps que l’Afrique s’exprime. Les voix ne doivent pas seulement être celles des dirigeants, mais aussi celles des ministres des Finances et des autres acteurs affectés un système qui fonctionne contre le continent. «  Nous devons chercher des solutions innovantes. »

 

« Quelle est notre place dans le monde ? »

Macky Sall appelle à un nouvel accord sur les DTS (Droits de tirage spéciaux) ; question qui l’obsède depuis un an, a-t-il révélé. Il a regretté que l’Afrique n’ait reçu que 33 milliards de dollars sur les 650 milliards $ destinés à la relance post-Covid-19. Les États-Unis, le Japon, la Chine et l’Allemagne ont reçu chacun plus d’allocations que toute l’Afrique ! Cela met en évidence le poids accordé à l’Afrique dans l’économie mondiale par les institutions de Bretton Woods.

« L’allocation ne répond pas à l’ampleur de la crise à laquelle nous sommes confrontés. Que doit faire l’Afrique ? Quelle est notre place dans le monde ? », s’est interrogé Macky Sall.

« Nous devons être assez courageux pour remettre cela en question. On nous dit que nous ne pouvons plus demander une réallocation des DTS. Mais nous devons parler d’une nouvelle allocation, car les pays ont déjà puisé dans ces ressources. »

En outre, le président de l’UA déplore le coût élevé des emprunts auprès des pays de l’OCDE, qui ralentit le développement en Afrique. À son sens, les taux d’intérêt devraient être ramenés au maximum à 5 %, contre 15 % actuellement. Macky Sall engagera une discussion avec les pays membres à Paris en juin pour reconsidérer les conditions d’octroi des crédits.

« Nous ne voulons plus entendre parler d’aide financière. Nous faisons des partenariats économiques et nous voulons un accès équitable au marché financier. » Pour sa part, le Sénégal a des partenariats diversifiés avec différentes parties et ne cherchait pas de partenaires exclusifs « tant que ses intérêts sont servis ».

Le président Macky Sall a appelé les banques centrales à accorder davantage de flexibilité aux politiques monétaires, qui limitent souvent les dépenses des pays africains. Les solutions comprennent l’introduction de prêts à long terme en échange de projets d’infrastructure importants, sans conditions irréalistes. « Nous voulons changer les règles du crédit. Regardons la réalité et faisons en sorte que leurs conditions soutiennent le développement. »

La guerre en Ukraine compromet le redressement postpandémie de l’Afrique et le continent devrait agir collectivement pour faire face à ce nouveau défi, qui accentue la pression sur les prix dans les pays africains.

Le président sénégalais a déclaré avoir reçu de ses pairs africains le mandat de se rendre à Moscou pour demander au président russe Vladimir Poutine de permettre à l’Ukraine de pouvoir exporter des céréales. Il considère que certaines sanctions devraient être levées pour atténuer les souffrances de l’Afrique à la suite de la guerre.

@AB

 

Écrit par
Leo Komminoth

1 Commentaire

  • Cest un discours qui décrit la triste situation dans laquelle se trouve notre continent. Cet Appel qui est lancé par une personnalité aussi connue et engagée mérite tout notre soutien.
    Il faudrait pour se faire créer autour de lui un comité de pilotage formé par les Chefs d’Etat des 5 régions de l’Afrique car le combat restera dans l’Histoire et la Solidarité Africaine est capitale ; elle sera aussi notre Capital. Bon courage
    Félicitations Président

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *