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African Business

L’Intelligence artificielle, une réalité concrète

Les pays africains misent sur les possibilités qu’offrent l’Intelligence artificielle et la recherche fondamentale, en matière de gains de productivité, par exemple. L’Algérie ouvre deux écoles spécialisées et le Congo un Centre africain, porte d’entrée du continent dans l’IA.

Par Kimberly Adams

L’Intelligence artificielle et la recherche fondamentale progressent, en Afrique. Deux ans après la publication d’un rapport remarqué de l’Unesco appelant les dirigeants africains à s’orienter vers « la quatrième révolution industrielle », afin d’accélérer son développement. L’IA devrait doubler la productivité et les revenus des petits agriculteurs, faciliter les avancées scientifiques et les facultés d’apprentissage des humains, considère ainsi la CEA (Commission économique pour l’Afrique). À horizon 2030, l’IA pourrait représenter 15 700 milliards de dollars dans la richesse mondiale.

Dans cette perspective, le Congo Brazzaville s’active pour accueillir le premier Centre africain de recherche sur l’IA (Caria). Et, dès la prochaine rentrée universitaire, l’Algérie sera dotée de deux Écoles nationales supérieures, l’une spécialisée en mathématiques et l’autre en IA. Dans un premier temps, elles devraient accueillir des promotions composées de 200 étudiants chacune.

« L’intelligence artificielle requiert une parfaite appropriation et vulgarisation afin de permettre non seulement aux États, mais aussi au secteur privé et à l’ensemble de la population, d’en tirer pleinement profit dans les meilleures conditions », juge Léon Juste Ibombo, ministre de l’Économie numérique.

Le ministre algérien de l’Enseignement supérieur, Abdelbaki Benzian, a confié à l’agence APS que ces deux écoles, situées à Sidi Abdellah (banlieue ouest d’Alger), avaient reçu de nombreux dossiers d’inscription. « Plus de 8000 demandes vers l’École de l’intelligence artificielle et 1000 demandes pour l’École nationale supérieure des mathématiques ont été enregistrées. » La capacité de ces deux écoles s’élève à 1000 places chacune, en comptabilisant le total des étudiants durant les cinq prochaines années. C’est pourquoi le nombre a été limité à 200 étudiants pour cette année.

En matière d’équipes pédagogiques, Abdelbaki Benziane a cité la formation « d’une équipe complète regroupant des compétences scientifiques issues de différents établissements universitaires à travers le pays, chargées de la mission d’élaborer des programmes de formation susceptibles d’assurer un niveau d’enseignement exceptionnel ». La capacité d’encadrement étant fixée à dix étudiants pour chaque enseignant. Une prouesse dans la mesure où la décision de créer cette filière n’a été actée qu’en avril 2021.

« La liste des enseignants chercheurs a également été élaborée à 95% dans les différentes filières et spécialités, les cours devant être assurés en arabe, en français et en anglais », révèle le ministre. Qui a fait appel à des compétences nationales établies à l’étranger pour participer à l’enseignement, « voire à la formation à distance ou en présentiel en cas d’amélioration des conditions sanitaires ».

Une dynamique pour l’innovation

En approuvant la création de ses écoles, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune avait souligné la nécessité de « réunir toutes les conditions pédagogiques et de service pour encourager les inscrits des deux écoles et leur accorder toutes les incitations nécessaires pour développer le niveau d’apprentissage scientifique et faciliter leur intégration professionnelle ».

Pour le Président, il s’agit aussi de trouver « des mécanismes juridiques » pour encadrer les diplômés de ces écoles et lutter contre la fuite des cerveaux. Abdelmadjid Tebboune veut conduire l’Algérie vers une formation poussée dans le domaine des sciences, toutes spécialités confondues, « tout en encourageant l’échange d’expériences dans le domaine de la formation avec nos partenaires étrangers ».

L’intelligence artificielle fait partie des technologies émergentes et elle offre davantage d’opportunités de développement au continent ; elle pourrait contribuer significativement à créer plus d’emplois, explique Mactar Seck, qui supervise le projet Caria pour la CEA. Durant le mois d’août, le Congo a organisé un atelier destiné à accélérer le projet. « Le potentiel que représente l’intelligence artificielle est d’une importance capitale dans la transformation socio-économique du monde en général et de l’Afrique en particulier », considère Ange Antoine Abena, président de l’université Denis Sassou N’Guesso

« L’intelligence artificielle étant une matière transversale, à ce titre elle contribue efficacement au développement de la société et assure une dynamique pour l’innovation, la recherche, le divertissement, la communication. Elle requiert donc une parfaite appropriation et vulgarisation afin de permettre non seulement aux États, mais aussi au secteur privé et à l’ensemble de la population, d’en tirer pleinement profit dans les meilleures conditions », a indiqué Léon Juste Ibombo, ministre de l’Économie numérique. Qui révèle que les premiers cours en ligne issus de Caria pourraient débuter dès 2022.

KA

EN BREF

Des royautés pour Dubus ?

En Afrique du Sud, une intelligence artificielle, nommée Dubus, a reçu un brevet « d’inventeur », lors d’un dépôt de brevet ! La machine a conçu, sans aide humaine autre que celle ayant servi à sa propre création, un récipient alimentaire conservant mieux la chaleur. Certes, l’invention n’a rien de révolutionnaire, mais son statut juridique est pour le moins original et témoigne du volontarisme sud-africain en matière de recherche. Et de la nécessité de trouver, en Afrique comme dans le reste du monde, un cadre légal nouveau pour l’Intelligence artificielle.

KA

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