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African Business

L’initiative timbuktoo, un milliard de dollars pour les start-up

L’initiative timbuktoo, un milliard de dollars pour les start-up
  • Publiéjanvier 18, 2024

Sous l’égide des Nations unies, plusieurs pays africains et le secrétariat de la ZLECAf lancent un grand programme de soutien aux jeunes pousses africaines. Le Rwanda a déjà apporté 3 millions de dollars.

 

C’est de Davos que le PNUD (Programme des Nations unies pour le développement) a dévoilé, le 17 janvier 2024, son initiative, baptisée « timbuktoo », en collaboration avec plusieurs pays africains. L’agence onusienne présente cette initiative, « audacieuse et ambitieuse », comme étant la plus grande facilité de financement au monde réunissant des capitaux catalyseurs et commerciaux pour soutenir l’écosystème des start-up en Afrique. Ses promoteurs veulent « propulser » l’élan de la jeunesse africaine et l’abondance de talents innovants.

« Nous ne pouvons pas accepter qu’une autre génération de jeunes africains ne dispose pas des outils nécessaires pour atteindre leur plein potentiel », a justifié le président du Rwanda. Son pays offre une contribution immédiate de 3 millions de dollars pour lancer le Fonds d’innovation africain de timbuktoo, qui sera hébergé à Kigali. « Avec l’objectif d’un milliard de dollars fixé par timbuktoo, nous pouvons créer davantage d’opportunités pour que la jeunesse africaine puisse mettre à profit son talent et sa créativité », considère Paul Kagame.

À l’Université d’Abomey-Calavi (Bénin), l’initiative vise à offrir aux étudiants le cadre, les équipements et l’accompagnement adéquats pour partir de leurs idées d’innovation à des prototypes vérifiés et mis en avant sur le marché.

« Pour de nombreux pays africains, notre principal défi est désormais de garantir que nous mettons en place les structures adéquates pour permettre aux jeunes Africains de créer des entreprises innovantes et convaincantes qui peuvent contribuer de manière significative à la création d’emplois et à une croissance économique durable », a souligné Nana Akufo-Addo. « Je suis enthousiasmé par l’avenir de notre continent. J’ai hâte de nous voir créer un avenir où l’innovation est encouragée, l’ingéniosité est soutenue et la prospérité est partagée », s’est exclamé le président du Ghana.

L’initiative vise à combler des lacunes critiques et à travailler avec les gouvernements africains, les investisseurs, les entreprises et les universités pour soutenir l’écosystème des startups africaines.

« timbuktoo est un nouveau modèle de développement », considère son administrateur, Achim Steiner (PNUD). « Nous rassemblons des acteurs clés pour agir sur tous les fronts en même temps. » Qu’il s’agisse d’une législation favorable aux start-up, de la création de jeunes pousses de classe mondiale et de la réduction des risques de capital pour augmenter les investissements, jusqu’aux UniPods – University Innovation Pods – établis à travers l’Afrique, « nous visons à combler les lacunes critiques et à soutenir l’écosystème des startups. Cela permettra aux innovations de se développer et de bénéficier aux populations d’Afrique et d’ailleurs sur la planète ».

 

Transformer le continent

Il est vrai qu’aujourd’hui, l’Afrique ne pèse qu’un maigre 0,2% dans la valeur mondiale des start-up, et 2% du commerce mondial. L’essentiel (89%) du capital-risque entrant en Afrique est du capital étranger et 83 % sont concentrés dans quatre pays : le Nigeria, le Kenya, l’Afrique du Sud et l’Égypte ; et plus de 60 % du capital va vers un seul secteur, la Fintech.

De gauche à droite, réunis le 17 janvier 2024 à Davos : Achim Steiner, administrateur du PNUD, Wamkele Mene, Secrétaire général du secrétariat de la ZLECAf, Eleni Gabre-Madhin, responsable de l'innovation au PNUD Afrique, Paula Musoni, ministre rwandaise de l'Information et de la Technologie, Ahunna Eziakonwa, directrice du bureau Afrique du PNUD, Nana Akufo-Addo, président du Ghana, Paul Kagame, président du Rwanda, James Manyika, vice-président de Google, Bosun Tijani, ministre nigérian de la Communication.
De gauche à droite, réunis le 17 janvier 2024 à Davos : Achim Steiner, administrateur du PNUD, Wamkele Mene, Secrétaire général du secrétariat de la ZLECAf, Eleni Gabre-Madhin, responsable de l’innovation au PNUD Afrique, Paula Musoni, ministre rwandaise de l’Information et de la Technologie, Ahunna Eziakonwa, directrice du bureau Afrique du PNUD, Nana Akufo-Addo, président du Ghana, Paul Kagame, président du Rwanda, James Manyika, vice-président de Google, Bosun Tijani, ministre nigérian de la Communication.

 

« Une économie africaine axée sur la connaissance peut transformer le continent, bien au-delà même de la richesse des ressources qui se trouvent sous son sol et sur ses terres. C’est une véritable révolution », commente Hunna Eziakonwa, directrice du bureau Afrique du PNUD. « timbuktoo transformera les idées et les innovations naissantes en entreprises panafricaines significatives et disruptives qui attireront des investissements mondiaux et locaux, générant de la richesse et du bien-être pour des millions de personnes en Afrique et au-delà, en se concentrant sur des solutions innovantes pour les gens et notre planète. »

Avec une augmentation sans précédent des investissements privés en capital-risque, une croissance six fois plus rapide que la moyenne mondiale en 2022, une population jeune et dynamique et des start-up technologiques en croissance rapide, l’Afrique est une future puissance technologique, considère le PNUD. Qui rappelle que des entreprises africaines clés sont déjà à la pointe de certaines technologies numériques mondiales, telles que l’argent mobile, et des millions de personnes abandonnent les voies de développement traditionnelles.

« L’ambition de timbuktoo est de mobiliser et d’investir 1 milliard de dollars de capital catalyseur et commercial pour transformer 100 millions de moyens de subsistance et créer 10 millions de nouveaux emplois dignes. » Selon ses promoteurs, l’originalité de timbuktoo tient dans sa conception, qui associe capital commercial et capital catalyseur pour réduire les risques d’investissement privé, avec une approche panafricaine de soutien aux start-up. Ce, tout en se concentrant également sur l’ensemble de l’écosystème, en engageant et en approfondissant les liens entre la politique gouvernementale, les universités, entreprises, partenaires de développement, partenaires catalyseurs et investisseurs commerciaux.

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Encadré 

L’expérience de l’Université d’Abomet-Calavi

 

Au Bénin, par exemple, l’initiative est portée par à l’Université d’Abomey-Calavi. Il vise à offrir aux étudiants le cadre, les équipements et l’accompagnement adéquats pour partir de leurs idées d’innovation à des prototypes vérifiés et mis en avant sur le marché.

De manière spécifique, il s’agira d’exposer un large éventail d’étudiants de toutes les disciplines aux concepts de la réflexion design et de réalisation de produits ; de leur fournir à la fois le logiciel pour la réflexion, l’équipement et les matériaux pour permettre le prototypage ; d’approfondir et élargir la compréhension en génie de fabrication numérique ; de permettre aux membres du corps enseignant de travailler en étroite collaboration avec leurs étudiants sur des projets de conception. Et bien entendu, il s’agit d’encourager la production de prototypes ayant de fortes chances d’être développés en produits commercialement viables ; et de sécuriser les innovations réalisées en leur assurant la détention de la propriété intellectuelle ; pus de faciliter la mise en marché des produits développés « en laboratoire » et susciter l’adoption de ces innovations par les grandes entreprises.

Dessin de l'Université Abomey-Calavi.

@AB

 

Écrit par
Aude Darc

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