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African Business

L’indispensable implication de la diaspora

L’indispensable implication de la diaspora
  • Publiéjanvier 29, 2024

Diverses tables rondes organisées à Paris par la Chambre algérienne de commerce et d’Industrie ont mis en avant le rôle moteur de la diaspora dans le développement de l’Afrique. Un rôle qui change progressivement de visages.

 

La diaspora constitue un puissant vecteur de croissance pour le continent mais cet appui prend de nouvelles formes. Pour discuter des possibilités d’investissement et des retombées financières pour les populations en Afrique, la Chambre algérienne de commerce et d’Industrie (CACI) vient d’organiser une rencontre « Club entreprises et initiatives » en marge de son assemblée générale ordinaire. Cette rencontre a regroupé des entrepreneurs africains, des chefs d’entreprise, des experts en développement, le cluster digital africain et des décideurs soucieux de promouvoir le commerce et l’entrepreneuriat sur le continent.

« L’Afrique a une opportunité qui est assez unique de l’histoire, saisir l’occasion du chaos actuel mondial pour que nous puissions travailler ensemble à l’émergence d’une Afrique plus forte sur le plan social et économique. »

Des thèmes importants portant sur le rôle et la contribution de la diaspora dans le développement africain, les investissements, les transitions économique, énergétique et démographique, l’interconnexion de l’Afrique, le Business intelligence, la digitalisation et les nouvelles technologies ont été débattu.

Certes, l’Afrique est l’un des continents les plus peuplés avec une population plus jeune ; mais elle présente l’indice d’attractivité le plus faible.

L’un des défis majeurs de l’Afrique en 2024 reste et demeure la transformation numérique et l’intelligence artificielle. Comment s’approprier des outils du numérique, digitaliser le monde des finances et des administrations publiques et privées, renforcer les compétences et les capacités institutionnelles et organisationnelles en matière du numérique ?

Amadou Diawara, président du Cluster digital Africain considère le numérique et l’IA comme un défi important pour le continent. « C’est un outil de géopolitique qui a une importance particulière notamment au niveau des institutions et les entreprises, mais aussi dans les domaines de l’éducation et de la santé et des finances. Nous travaillons sur la souveraineté numérique du continent, dans le cadre des transformations et transitions, et utilisons énormément l’intelligence artificielle pour améliorer nos performances et nos rendements. »

Le cluster digital africain est une plateforme d’intelligence collective et d’écoconstruction basée dans 54 pays en Afrique et compte plus de 50 000 membres à travers le monde. Elle fédère toutes les instances avec une forte communauté de la diaspora notamment la CACI France.

 

Un précieux réseau d’experts

Amadou Diawara se dit confiant sur l’avenir numérique du continent africain et la contribution de sa diaspora dans le cadre de la vulgarisation des idées et des projets visant à améliorer les conditions de vie des populations africaines.

Amadou Diawara, président du Cluster Digital Africa, attentif aux débats.
Amadou Diawara, président du Cluster Digital Africa, attentif aux débats.

« Nous travaillons aujourd’hui avec les GAFAM pour stimuler la vie numérique des entreprises en Afrique. Des membres éminents des GAFAM nous ont rejoints lors du démarrage du projet et nous accompagnent pour développer l’intelligence collective et traditionnelle en utilisant beaucoup les nouvelles technologies. Nous avons eu à former de 15 000 personnes en création et gestion des entreprises et à équiper six centres de santé avec des technologies de pointe. Et là, nous sommes en train de travailler sur les métiers manuels, la formation professionnelle, avec une petite main-d’œuvre qualifiée, avec l’accompagnement des partenaires techniques et financiers qui nous consultent lorsqu’ils ont des projets. Plus de 50 000 experts dans le monde qui répondent à nos sollicitations », renchérit Amadou Diawara.

Pour Ibrahim Sissoko, de Renew Tech, « la jeunesse africaine constitue le capital, le cerveau, la tête et les bras du continent. Les jeunes doivent se former sur le plan digital et ingénierie pour pouvoir accélérer les transformations et les développements sur le continent. Ils doivent être visionnaires et penser au futur et au monde de demain qui sera un monde basé logiquement sur les connaissances et l’usage du numérique et de l’intelligence artificielle ».

Dans le cadre des transitions qui s’opèrent dans le monde, l’Afrique doit se réinventer et trouver son modèle de développement en adéquation avec la réalité. Avec les transitions démographiques, économiques, énergétiques et écologiques, les paradigmes changent et obligent de s’adapter au nouveau fonctionnement pour améliorer sa croissance.

« Il est important qu’on puisse transmettre des messages aux Africains et fédérer les populations. Que l’on puisse s’organiser et développer un pont entre l’occident et l’Afrique. C’est par cet intermédiaire que l’on pourra créer des valeurs ajoutées sur le continent et créer des emplois et tout ce qui tourne autour de la transformation, commente Ibrahim Sissoko, chef d’entreprise dans le domaine informatique et digital.

 

Les défis du continent

« L’Afrique évolue. Elle présente une croissance à deux chiffres. On doit s’organiser pour conserver les compétences à l’intérieur du continent. Nous les membres de la diaspora ou de la diversité, nous pouvons apporter ces types d’expertises pour faire bouger le continent et tous ces types de fonctionnements utiles à l’Afrique. »

Pour Moncef Said Athmani, le Président de Fruital, une société qui fabrique la boisson Coca-Cola basée en Algérie, « les transitions s’accompagnent de la transformation des mentalités africaines et de la contribution significative de la diaspora dans le développement du continent ».

C’est le même son de cloche pour Yassine Bouhara, Président de Tell Group, qui indique que « les défis de l’Afrique en 2024 sont énormes et variés. Ce sont entre autres les défis énergétiques et d’infrastructure, la perturbation des flux économiques et financiers, la démographie, l’exploitation des ressources naturelles, la délocalisation, les chocs logistiques maritimes et aériens, les transitions, le développement commercial et l’implication de la diaspora africaine dans la construction de l’Afrique ».

Selon lui, l’Afrique doit se connecter pour réussir son décollage et son expansion économique. Pour cela, il faudra résoudre les problèmes d’infrastructures et d’interconnectivité en créant un réseau énergétique qui répond aux besoins d’investissements, de la production et du développement.

Intervention remarquée de l'ancien ministre algérien du Commerce, Saïd Djellab.
Intervention remarquée de l’ancien ministre algérien du Commerce, Saïd Djellab.

L’ancien ministre du commerce Algérien, grand promoteur de la ZLECAf, Saïd Djellab, se dit confiant sur la question de la connectivité. Il mise sur l’entrepreneuriat et le libre échange pour le développement de l’Afrique.

« Il y a une prise de conscience en Afrique pour constituer un continent de croissance économique. Celle-ci ne peut se faire sans notre diaspora qui a un savoir-faire et des gros investisseurs. Certes, demeure le souci d’interconnexion en Afrique. Le commerce interafricain est très faible. C’est pourquoi nous devons augmenter les échanges interafricains à travers l’interconnexion des pays, en matière de marchés et en matière d’infrastructures, tout en valorisant des chaines de valeurs régionales et nos ressources naturelles. Le principal problème de l’Afrique actuellement, c’est les infrastructures et l’électricité pour une meilleure interconnectivité. »

 

Appréhender la dimension démographique

Pendant qu’en Europe, des pays comme l’Allemagne, l’Italie, le Portugal, la Finlande la Croatie et la Bulgarie enregistre un vieillissement plus rapide de la population, en Afrique la jeunesse constituent un atout majeur pour le continent. Face au défi du vieillissement, le continent reste jeune et des grands analystes économistes prédisent que l’avenir du monde va se jouer en Afrique.

Rejoignant le constat de Carlos Lopes, les différents chefs d’entreprise sont unanimes : l’essor démographique est un gage important pour l’Afrique. Le continent peut espérer à un décollage économique très rapide grâce a sa vaillante jeunesse avec des nouvelles stratégies de développement.

Pour Youssouf Camara, responsable de la Maison de l’Afrique, devenue agence d’intelligence stratégique, « le chaos dans lequel le monde est en train de redistribuer les cartes économiques sur la planète. L’Afrique a une opportunité qui est assez unique de l’histoire de saisir cette occasion pour que nous puissions travailler ensemble à l’émergence d’une Afrique plus forte sur le plan social et économique. » C’est pourquoi : « L’entrepreneuriat entre communautés africaines de la diaspora et pays africains peut contribuer à cette émergence sociale et économique du continent. L’Afrique doit travailler. Avec toutes les intelligences africaines dans toutes les industries, je ne vois que des opportunités en Afrique. Il faut juste se mettre au travail ! »

@AB

 

 

Écrit par
Mamadou Bah

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