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L’IA au service des soins de santé

L’IA au service des soins de santé
  • Publiéoctobre 26, 2022

Entreprise spécialisée dans les technologies de la santé et financée par du capital-risque, Viebeg Technologies contribue à élargir l’accès à des soins de santé à prix abordables, en aidant les établissements de santé à s’approvisionner en temps réel.

 

Au Rwanda, les ruptures de stock de médicaments et la pénurie de matériel médical dans les établissements de santé appartiennent désormais au passé, grâce à une innovation qui répond aux contraintes d’approvisionnement.

Entreprise spécialisée dans les technologies de la santé et financée par du capital-risque, Viebeg Technologies contribue à élargir l’accès à des soins de santé à prix abordables en Afrique centrale et en Afrique de l’Est, en aidant les établissements de santé à s’approvisionner en temps réel. Elle utilise l’intelligence artificielle (IA) pour gérer les processus de la chaîne d’approvisionnement (de l’expédition à l’entreposage, en passant par la distribution et la gestion des stocks) afin de s’assurer que les établissements de santé disposent en stock du matériel médical requis.

« Viebeg est un formidable exemple de ce qui peut être réalisé avec le bon mélange d’innovation, d’esprit d’entreprise et de soutien financier. L’investissement local dans une entreprise locale a donné des résultats transformateurs. C’est un modèle de partenariat qui peut s’appliquer à d’autres marchés. »

Le Fonds rwandais pour l’innovation (Rwanda Innovation Fund), financé en partie par la BAD (Banque africaine de développement), a investi dans la plateforme logistique de Viebeg, axée sur les données.

Tobias Reiter, cofondateur et directeur général de Viebeg Technologies, indique que la plateforme d’approvisionnement médical pilotée par l’IA met directement en relation les prestataires de soins de santé avec les fabricants. Ce qui élimine les courtiers et les intermédiaires sur la chaîne de valeur, entraînant jusqu’à 40 % d’économies pour les clients.

« Nous avons constaté que de nombreux établissements médicaux ne disposent pas du matériel nécessaire. Et nous avons également appris qu’en Afrique, toutes les cinq minutes, des gens meurent des suites de maladies qui auraient pu être évitées si nous disposions du matériel médical requis. »

Créée en 2018, l’entreprise travaille avec de nombreux établissements de santé au Rwanda, où 2 millions de patients ont été traités avec des produits Viebeg, selon Alex Musyoka, son cofondateur et directeur commercial. L’entreprise fait déjà une percée ailleurs en Afrique de l’Est – au Kenya, au Burundi et au Congo notamment –, et sert plus de 500 établissements. L’entreprise compte s’étendre à l’ensemble du continent africain.

 

Un fonds catalyseur

La clinique spécialisée Kivu, fondée par le Dr Amol Kulkarni, l’un des trois seuls chirurgiens maxillo-faciaux du Rwanda, fait appel à ses services. Les équipements modernes sont de la plus haute importance pour les spécialistes qui traitent les défauts et les blessures de la bouche, des dents et des mâchoires, des soins souvent hors de prix en Afrique.

Dr Amol précise que Viebeg avait aidé sa clinique à acquérir un appareil d’orthopantomogramme (radiographie dentaire panoramique des mâchoires supérieure et inférieure), ce qui a renforcé ses capacités de pointe. « Dans quatre mois, la clinique aura entièrement payé la nouvelle machine OPG. »

De même, le centre chirurgical Ejo Heza à Kigali avait besoin d’un nouvel appareil d’anesthésie mais n’avait pas les fonds pour en acheter un neuf. « Comme Viebeg offre des conditions de paiement préférentielles, Ejo Heza en est devenu client et a acquis le nouvel équipement en trois semaines. Ce qui a permis à notre établissement de continuer à sauver des vies », explique Dr Dominique Savio Mugenzi, chirurgien orthopédique et directeur général d’Ejo Heza.

Le revenu annuel de Viebeg est passé de 80 000 à 180 000 dollars, six mois après le financement du Fonds rwandais pour l’innovation, soit une croissance de 125 %. Alex Musyoka escompte atteindre les 2,5 millions $ d’ici à la fin 2022.

Outre améliorer ses revenus, le financement a permis à l’entreprise de dispenser des formations à ses employés, de disposer d’un fonds de roulement et de recruter davantage de collaborateurs, entre autres.

La BAD a investi 30 millions $ dans le Fonds rwandais pour l’innovation. Son soutien de la s’inscrit dans le cadre du plan National Information Communication Infrastructure du pays, qui mise sur les nouvelles technologies pour améliorer la prestation de services aux citoyens.

« L’innovation numérique peut transformer des secteurs, mais elle nécessite des investissements », commente Abdu Mukhtar, directeur du Développement industriel et commercial de la BAD. « Viebeg est un formidable exemple de ce qui peut être réalisé avec le bon mélange d’innovation, d’esprit d’entreprise et de soutien financier. Cela montre bien que le Fonds rwandais pour l’innovation a joué un rôle de catalyseur dans le développement de l’entreprise. » L’investissement local dans une entreprise locale a donné des résultats locaux transformateurs. « C’est un modèle de partenariat qui peut s’appliquer à d’autres marchés. »

 

Alex Musyoka, cofondateur et directeur commercial de Viebeg (au centre), discute avec un client de l’importance des données en matière de soins de santé.

 

AD, d’après la BAD

@AB

 

 

 

Écrit par
Aude Darc

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