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African Business

L’essor des mégapoles

L’essor des mégapoles
  • Publiéjanvier 2, 2024

La poussée démographique et les bouleversements du monde du travail vont favoriser l’apparition et la croissance des mégapoles en Afrique. Ce qui laisse apparaître un ensemble complexe de défis et de promesses pour l’avenir du continent.

 

L’une des principales tendances qui façonneront l’avenir de l’Afrique est la croissance de sa population jeune. Selon les Nations unies, le continent comptera quelque 1,4 milliard d’habitants d’ici à 2050. Beaucoup de ces personnes voudront vivre dans des zones urbaines, poussées par le désir d’avoir un emploi, de meilleurs services sociaux et, de manière générale, une meilleure qualité de vie. Les tendances actuelles ont déjà conduit à la création de centres urbains tentaculaires sur le continent, notamment à Kinshasa en RD Congo, à Lagos au Nigeria et au Caire en Égypte. Si ces trois villes sont les seules du continent à pouvoir être qualifiées de mégapoles, d’autres villes telles que Le Cap et Johannesbourg en Afrique du Sud, Dar Es Salaam en Tanzanie et Nairobi au Kenya devraient bientôt recevoir ce qualificatif.

Avec une économie en croissance, une population qui s’urbanise et un déficit d’infrastructures, les villes nigérianes offrent de formidables opportunités d’investissement aux promoteurs privés.

L’essor des mégapoles en Afrique présente un ensemble complexe de défis et de promesses pour l’avenir du continent. L’un des défis les plus urgents liés à l’urbanisation rapide et à la croissance de la population dans ces villes est le besoin d’infrastructures améliorées et plus robustes. Avec l’augmentation de la population, les systèmes existants, tels que les transports, l’assainissement et les services publics, seront de plus en plus sollicités. L’expansion et l’amélioration des infrastructures sont nécessaires pour que ces centres urbains puissent supporter la croissance de la population et maintenir une qualité de vie élevée pour leurs résidents.

La future capitale d'Égypte ?
La future capitale d’Égypte ?

 

Parallèlement à la croissance de la population générale, la classe moyenne africaine est également appelée à se développer, entraînant une demande accrue d’équipements sociaux et culturels, notamment d’espaces de loisirs, d’établissements d’enseignement, d’installations de soins de santé et de centres culturels, qui seront désormais à la portée d’un plus grand nombre de personnes.

 

Des opportunités d’investissement

 La conséquence de cette augmentation de la demande d’infrastructures et d’équipements dans les villes africaines en pleine croissance est la création de nouvelles opportunités d’investissements substantiels. Pour les investisseurs nationaux et internationaux, ces villes sont des marchés potentiellement lucratifs pour diverses industries, de l’immobilier à l’hôtellerie en passant par les loisirs et les soins de santé. L’afflux de capitaux dans ces centres urbains peut stimuler la croissance économique et créer des emplois. Le développement et l’entretien d’infrastructures modernes, telles que des systèmes de transport public efficaces, des sources d’énergie durables et des solutions résilientes de gestion des déchets, requièrent également des professionnels qualifiés dans divers domaines.

De même, la mise à disposition d’un large éventail d’équipements sociaux et culturels nécessite une main-d’œuvre compétente dans des domaines tels que l’éducation, les soins de santé et la programmation culturelle. La promesse d’investissements considérables et le développement des capacités techniques offrent un potentiel de croissance économique à long terme et une meilleure qualité de vie pour les résidents. Les décideurs politiques, les urbanistes et les chefs d’entreprise doivent donc collaborer pour trouver un équilibre entre les défis à relever et l’exploitation des promesses des mégapoles africaines.

Une rue de Kinshasa.
Une rue de Kinshasa.

 

Déjà, on observe des signes prometteurs sur le continent, alors que les villes existantes et en projet relèvent ces défis, soutenues par de lourds investissements et un enthousiasme croissant de la part des gouvernements locaux et nationaux. L’Égypte est en train de construire une nouvelle capitale administrative, dont le nom n’a pas encore été dévoilé, située à 45 km à l’est du Caire et dotée de nombreuses caractéristiques, notamment 25 quartiers commerciaux, 21 quartiers résidentiels, des lacs artificiels, une ferme d’énergie solaire, un immense parc récréatif, un grand parc à thème, un parc technologique, un nouvel aéroport international, des établissements d’enseignement, des mosquées, des cliniques, des hôpitaux et des hôtels.

Le coût total n’est pas divulgué, mais le déplacement des ministères, des ambassades étrangères, du parlement et des palais présidentiels est estimé à 45 milliards de dollars. Au Kenya, la construction d’une ville technologique de 14,5 milliards $ dans le comté de Machakos a commencé. Inspirée de la Silicon Valley californienne, elle s’appelle la « Savane africaine du silicium » ou « Konza Technopolis ». Ce projet fait partie du plan de développement économique Vision 2030 du Kenya et vise à attirer les investisseurs et les talents technologiques. La ville se concentrera sur l’externalisation des processus d’affaires, le développement de logiciels, les centres de données, les centres d’appel, la fabrication et les instituts de recherche.

 

Un grand potentiel au Nigeria

Dans d’autres villes, comme Abuja au Nigeria, il existe un grand potentiel de réorganisation et de régénération, ce qui est l’objectif du projet Abuja midtown. Le Nigeria s’enorgueillit déjà de Lagos, la ville la plus grande et la plus peuplée d’Afrique. La ville représente un tiers du PIB du pays, soit la somme impressionnante de 136 milliards $, qui éclipse la production économique de certains voisins.

Première économie d’Afrique, le Nigeria dispose de vastes ressources naturelles et d’une classe moyenne en pleine expansion, dont le pouvoir d’achat augmente, ce qui crée des opportunités pour le développement immobilier, la vente au détail et d’autres secteurs. En 2015, PWC prévoyait que le Nigeria pourrait, avec l’Indonésie et le Mexique, devenir l’une des dix plus grandes économies du monde, supplantant la France et le Royaume-Uni.

Une vue de Lagos.
Une vue de Lagos.

La puissance ouest-africaine possède également l’une des populations les plus urbanisées du continent, avec 213 millions d’habitants, soit 53 % des citoyens vivant dans des zones urbaines, selon la Banque mondiale. Laquelle estime que cette proportion pourrait atteindre 70 % d’ici à 2050. Cette situation accentuera le déficit déjà important en matière d’infrastructures et d’équipements dans les grandes villes du pays, et des efforts concertés et collaboratifs entre les acteurs des secteurs public et privé seront nécessaires pour relever ce défi de plus en plus important.

Le gouvernement nigérian a reconnu la nécessité du développement urbain et a lancé des initiatives pour encourager la participation du secteur privé aux projets de développement urbain. Les partenariats public-privé sont encouragés pour favoriser la collaboration entre les entités gouvernementales et les promoteurs privés.

Son plan national de développement urbain, lancé pour la première fois en 2019 et révisé au début de cette année, vise à tirer parti de l’investissement privé pour atteindre les objectifs du gouvernement fédéral et ouvre la voie à d’autres investissements. En travaillant main dans la main avec les autorités locales et nationales, les promoteurs privés peuvent apporter des conceptions nouvelles et innovantes, des matériaux et des approches durables et contribuer à rajeunir les villes existantes, en les rendant plus conviviales et plus agréables à vivre. Il est notamment possible d’intégrer des concepts de ville intelligente dans les projets de développement urbain nigérians afin d’améliorer la qualité de vie des habitants.

Avec une économie en croissance, une population qui s’urbanise et un déficit d’infrastructures, les villes nigérianes offrent de formidables opportunités d’investissement aux promoteurs privés. En tant que l’une des plus grandes économies émergentes, le pays est également une destination attrayante pour les investissements, y compris pour les promoteurs ayant la capacité de transformer les habitations urbaines. La collaboration entre le secteur public, les promoteurs privés et les autres parties prenantes sera essentielle pour exploiter ce potentiel et favoriser un développement urbain durable au Nigeria.

@AB

Écrit par
Kwame Appiah

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