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African Business

Les voies du coton durable

Les voies du coton durable
  • Publiéoctobre 5, 2023

Les professionnels du coton doivent faire mieux et plus, avec moins d’intrants et moins de ressources. Une approche qui nécessite de décloisonner la filière des problématiques générales du développement, juge la FAO à l’occasion de la Journée mondiale du coton.

 

Les efforts mondiaux visant à rendre la production de coton plus durable nécessitent des technologies innovantes, des investissements ciblés et une meilleure gouvernance.

Tel est le sens des déclarations du directeur général de la FAO, Qu Dongyu, à l’occasion de la Journée mondiale du coton. Le dirigeant de l’organisation basée à Rome souhaite « briser les silos », c’est-à-dire le cloisonnement des informations.

La Journée mondiale du coton, célébrée chaque année le 7 octobre, est marquée par une conférence à Vienne (Autriche) à l’initiative de plusieurs organismes onusiens et le Comité consultatif international du coton (CCIC). Le thème de l’événement de cette année est « Rendre le coton équitable et durable pour tous, de la ferme à la mode ».

Qu Dongyu voit dans ce rendez-vous l’« occasion de renouveler l’engagement d’améliorer l’efficacité, l’inclusivité, la résilience et la durabilité du secteur du coton », qui fait vivre environ 32 millions de cultivateurs et bénéficie à plus de 100 millions de familles dans 80 pays sur les cinq continents.

Étant donné que la demande mondiale de coton devrait augmenter à un taux annuel de 1,8 % au cours de la prochaine décennie, le besoin de durabilité reste essentiel.

« Pour cela, nous devons faire les choses différemment – nous devons adapter et transformer le modèle d’entreprise et produire plus avec moins. »

Par exemple, il est nécessaire de promouvoir le développement des sous-produits du coton, tels que l’huile comestible et les aliments pour animaux, afin d’aider les agriculteurs à générer des revenus supplémentaires. Il est également essentiel de garantir des conditions équitables pour tous les acteurs du commerce mondial du coton afin d’assurer une accessibilité, un prix et une disponibilité équitables.

 

Meilleure gouvernance

Selon la FAO, les parties prenantes concernées devraient se concentrer sur trois domaines principaux. Premièrement, la science et les innovations. Les nouvelles technologies peuvent contribuer à renforcer l’efficacité des petits exploitants et à réduire l’utilisation des ressources et l’impact sur l’environnement, tandis que les technologies innovantes peuvent améliorer les variétés de coton, augmenter les rendements et aider les agriculteurs à produire plus de coton conformément aux exigences fixées par l’industrie et les consommateurs.

Deuxièmement, l’investissement. En effet, pour augmenter les rendements du coton de manière durable, il faut accroître les investissements ciblés en faveur des petits exploitants et coordonner les financements publics et privés.

Le directeur général de la FAO, Qu Dongyu

 

Enfin, il ne faut pas négliger la gouvernance. Selon la FAO, il est nécessaire d’améliorer la cohérence et la coordination entre les segments de la chaîne de valeur du coton, ainsi que la cohérence des politiques, des stratégies et des actions entre tous les ministères, institutions et partenaires concernés. En d’autres termes, il est nécessaire d’adopter une approche systémique globale qui s’appuie sur l’interconnexion du secteur du coton avec divers facteurs socio-économiques et environnementaux.

Le Cadre stratégique 2022-2031 de la FAO suit déjà de près cette approche en tenant compte des dimensions sociales, économiques et environnementales du développement et en abordant les compromis pertinents.

L’organisme appui la transformation de la filière vers des systèmes agroalimentaires plus efficaces, inclusifs, résilients et durables pour les quatre piliers : une meilleure production, une meilleure nutrition, un meilleur environnement et une meilleure vie, en ne laissant personne de côté.

Par exemple, la FAO poursuit un projet régional qui vise à renforcer la production de coton des petits exploitants dans sept pays d’Amérique latine, ainsi que des projets nationaux en Afrique qui soutiennent la compétitivité et l’intensification durable du coton africain. Des projets similaires ont également été développés dans d’autres pays, notamment en Azerbaïdjan.

De leur côté, des institutions internationales comme l’Organisation internationale du travail (OIT) et l’Union européenne travaillent à l’élimination du travail des enfants et favoriser la durabilité dans la chaîne de valeur du coton. Les professionnels s’efforcent de promouvoir l’autonomisation des femmes en leur donnant un meilleur accès aux ressources et en les faisant participer au processus d’élaboration des politiques.

 

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En bref

Vers une campagne médiocre

Selon l’informé département américain de l’Agriculture (USDA), la production de coton en Afrique zone franc n’atteindrait que 4,92 millions de balles (480 livres) en 2023-2024. Ce qui marque certes une hausse de 22% par rapport à la précédente campagne mais encore un recul de 18% par rapport au record de 2021-2022, selon les chiffres donnés par le département américain de l’Agriculture. Lors de la campagne qui s’est achevée en juin 2023, l’infestation des jassides et l’insuffisance d’engrais ont fait chuter la production à un plus bas de dix ans.

Les superficies ensemencées en coton seraient en baisse de 2%, cette année, à 2,72 millions d’hectares. La plus grande perte de superficie se situe au Burkina Faso (-21%) en raison principalement de l’insécurité dans la partie orientale du pays. Le Bénin, premier producteur africain de coton, voit ses superficies diminuer de 8%, certains producteurs ayant abandonné le coton au profit de la culture du soja ou de maïs. De même en Côte d’Ivoire, certains cotonculteurs se sont orientés vers les cultures vivrières, la superficie recule donc de 5%. La production serait en hausse au Mali, qui redevient le premier pays en termes de superficie, ainsi qu’au Cameroun et au Togo.

@AB

Écrit par
Aude Darc

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