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Les stratégies de co-investissement des fonds souverains

Les stratégies de co-investissement des fonds souverains
  • Publiémai 24, 2024

Les fonds souverains paraissent essentiels pour les nations en développement aux grandes ambitions, car ils servent d’aimants pour les investissements dans des secteurs clés.

 

Selon Admassu Tadesse, PDG de la Trade Development Bank, les fonds souverains jouent un rôle majeur dans l’identification et la préparation des projets d’investissement, en s’attaquant aux obstacles de la préparation des projets et de leur « bancabilité ».

Lors du récent Forum de Djibouti, le banquier a souligné une évolution stratégique des fonds souverains en Afrique et dans le monde : ils ne se contentent plus de financer des fonds de capital-investissement qui investissent ensuite directement dans des projets, mais s’associent activement avec eux dans le cadre d’investissements. « Les investisseurs privés ont besoin d’être assurés qu’ils peuvent obtenir un rendement décent sur un projet. » En joignant leurs forces à celles des fonds souverains, le risque perçu diminue, ce qui améliore les perspectives de rendements substantiels pour les investisseurs privés. « Cela contribue à renforcer la participation du secteur privé à l’économie », considère Admassu Tadesse.

Alors que la plupart des fonds souverains consacrent une grande partie de leurs capitaux à des projets à l’étranger, celui de Djibouti restera axé sur les possibilités offertes sur son territoire à court terme.

Lequel préconise les modèles de co-investissement comme pierre angulaire pour attirer les flux d’investissements privés et renforcer le rôle du secteur privé dans l’économie. « Dans diverses régions du monde, le co-investissement entre fonds souverains apparaît comme une approche essentielle. »

Il a fait valoir que les fonds souverains africains, qui sont au nombre de 31 selon le SWFI, devraient donner la priorité aux lacunes critiques dans les infrastructures de transport, de communication et d’énergie, et tirer parti de la transition énergétique et de l’économie verte, qui offrent une chance d’obtenir un rendement décent tout en s’attaquant à une menace existentielle pour l’humanité.

« L’Afrique offre une pléthore d’opportunités d’investissement pour les investisseurs institutionnels panafricains, et ce pour plusieurs raisons impérieuses. Le continent possède d’abondantes ressources naturelles, notamment des minerais, du pétrole et des terres agricoles, qui constituent une base solide pour diverses industries », relate Admassu Tadesse. Qui appelle les fonds souverains et les investisseurs institutionnels en Afrique à se lancer dans des projets susceptibles de transformer les chaînes d’approvisionnement à l’échelle du continent, et pas seulement à l’échelle nationale.

 

Partager les risques avec les investisseurs privés

Les gouvernements doivent travailler en étroite collaboration avec les investisseurs institutionnels pour réduire les risques des projets en phase de préparation, approuve Osaruyi Orobosa-Ogbeide, premier vice-président, chargé du développement des projets et de l’investissement à l’AFC (Africa Finance Corporation). Qui prend en exemple du projet éolien de 60 MW dans la région de Ghoubet, près du lac Assal à Djibouti, dont les activités commerciales ont débuté en 2021. « Le projet a progressé très rapidement et est considéré comme un modèle pour le continent en termes de co-investissement. »

AFC a été le chef de file du projet de parc éolien de Djibouti depuis 2017, le développant d’une idée à un projet viable, obtenant un accord d’achat d’électricité take or pay de 25 ans avec Électicité de Djibouti en tant qu’acheteur, et signant un accord de mise en œuvre avec le gouvernement de Djibouti soutenu par une garantie gouvernementale.

Slim Feriani, directeur général du Fonds Souverain de Djibouti, considère d’ailleurs que le pays est prêt à prendre des participations aux côtés d’investisseurs privés pour donner vie à des projets prioritaires. Cette approche semble susciter l’intérêt des marchés.

Le fonds souverain de Djibouti partageant les risques, les investisseurs sont encouragés à entreprendre ces projets avec des bénéfices mutuels. Le Fonds stimule les investissements, les investisseurs obtiennent leur rendement et le pays bénéficie des projets et des avantages qui en découlent, y compris la création d’emplois.

Alors que la plupart des fonds souverains consacrent une grande partie de leurs capitaux à des projets à l’étranger, celui de Djibouti restera axé sur les possibilités offertes sur son territoire à court terme. « À ce stade, l’accent doit être mis sur Djibouti en premier lieu, mais il est évident que nous ne pouvons pas mettre tous nos œufs dans le même panier et, conformément à la loi, nous devons avoir un portefeuille équilibré avec environ 50 % d’investissements à Djibouti et 50 % à l’extérieur », révèle Slim Feriani.

Au cours du Forum de Djibouti, le directeur général du FSD a incité ses interlocuteurs à collaborer avec le Fonds sur des initiatives ayant un impact dans le pays, en soulignant les perspectives de rendements solides et les incitations à l’investissement, favorables du pays comme principaux arguments de vente.

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@AB

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