Close
Avez-vous trouvé cet article intéressant?

African Business

Les start-up technologiques attirent toujours les investisseurs

Les opérations de capital-investissement dans les entreprises technologiques restent soutenues, en région MENA. Signe de l’agilité des jeunes entreprises du secteur face à la conjoncture, et d’un retour attendu prometteur. La tendance se poursuivra en 2021, selon une étude.

Par Laurent Soucaille

En dépit de la crise économique et sanitaire, les entreprises technologiques de la région MENA (Moyen-Orient et Afrique du Nord) ont attiré les investisseurs, en 2020. Selon une étude de la plateforme de données Magnitt, elles ont représenté plus de 1 milliard de dollars d’investissement, sous forme de capital-risque (MENA plus Turquie et Pakistan). Les experts se montrent plutôt confiants pour l’année qui vient. Au-delà des aléas conjoncturels, le secteur reste prometteur.

 « 2020 fut une année difficile à bien des égards et il est probable que l’impact de la pandémie continue d’affecter la population ainsi que les perspectives macroéconomiques de la région », souligne Philip Bahoshy, directeur général de Magnitt. Qui considère que l’année écoulée a été celle d’une « transformation » de l’entrepreneuriat.

« Le flux des transactions est sain et se renforce chaque jour, il y a plus de capitaux disponibles que jamais et nous avons une faim intense de voir la région se diversifier, loin des moteurs historiques de la croissance économique, et devenir une économie du savoir de premier plan. »

« Face à la nécessité du numérique, les obstacles à son adoption ont été rapidement surmontés et le marché a vu des poussées sans précédent de la demande. » Plus que jamais, « nous avons été témoin de la façon dont la technologie résout les nouveaux défis quotidiens de distanciation, tant pour les consommateurs que pour les entreprises ».

L’an passé, investissements ont davantage progressé dans les secteurs de l’alimentation, des boissons et de la santé. Ces investisseurs en capital-risque misent davantage sur les start-up agiles, capables de transformer les défis de la crise en opportunités d’affaires et d’en dégager des plus-values attractives, surtout dans des secteurs vitaux pour les ménages et entreprises.

Voici un an, Magnitt avait pronostiqué que, sauf événement géopolitique ou catastrophe naturelle, l’année 2020 se solderait par 1 milliard $ d’investissements en capital-risque, dans la région MENA. Personne ne prévoyait une pandémie mondiale, mais, signe de croissance continue, le pari a été gagné, donc, mais non sans nuances. Il est vrai que le premier semestre avait été le théâtre de quelques grosses opérations, déjà « dans les tuyaux » avant l’arrivée de la pandémie.

Une accélération en 2021

Néanmoins, en 2020, le nombre de sorties a chuté à seulement 13 acquisitions (-58%), pour une valeur totale divulguée de 361 millions $. Là réside un effet du ralentissement économique et financier. Les actionnaires des entreprises ont été, semble-t-il, réticents envers une sortie à des niveaux de valorisation qu’ils estimaient inférieurs à leurs attentes.

Tandis que d’autres ont été contraints de réajuster leur stratégie. Nous avons cependant assisté à une sortie majeure en 2020 avec l’acquisition d’Instashop pour 360 millions $ par Delivery Hero, une multinationale de livraison de produits alimentaires en ligne basée à Berlin.

Dans une année où les déplacements ont été fortement limités, la mobilité des start-up a été compliquée. Malgré cela, les gouvernements de la région ont saisi cette opportunité pour créer des programmes d’incitation permettant aux jeunes entreprises internationales de s’adapter à la zone MENA. « Le plein impact de ces programmes ne sera vraisemblablement perçu que lorsque le sentiment de normalité reviendra », nuance l’étude.

Enfin, intensifiée par la Covid-19, la tendance – déjà prévisible fin 2019 – d’une augmentation du nombre d’échecs s’est concrétisée, en 2020. Les chiffres précis manquent encore, mais on a assisté à davantage de fermetures annoncées publiquement que n’importe quelle année précédente, y compris dans le domaine porteur du commerce électronique. En revanche, malgré les défis des réunions transfrontalières en 2020, on a constaté une légère augmentation (+3%) du nombre d’investisseurs internationaux auprès des start-up de la région MENA.

Courtney Powell est directrice des Opération pour la société de capital-risque 500 Startups. Elle considère que « 2021 sera le point de basculement de l’entrepreneuriat dans la région MENA ».

La période qui vient verra l’aboutissement de plusieurs années de travail dans tout l’écosystème par les principales parties prenantes, en particulier par les fondateurs des start-up. « Le flux des transactions est sain et se renforce chaque jour, il y a plus de capitaux disponibles que jamais et nous avons une faim intense de voir la région se diversifier, loin des moteurs historiques de la croissance économique, et devenir une économie du savoir de premier plan. »

Évoquant sur les prévisions pour la région, Mike Butcher, rédacteur en chef de la revue spécialisée TechCrunch, distingue quatre points. Premièrement, « la croissance que nous avons constatée se poursuivra à mesure que la région elle-même se développera ».

Deuxièmement, « la pandémie obligera les entreprises et les consommateurs à des niveaux de numérisation de plus en plus élevés de leur vie et de leur travail ».

Troisièmement, « le vaccin, une fois distribué, permettra un nouveau boom économique dans la région ». Quatrièmement, « toute la numérisation et les nouvelles pratiques de travail et de vie issues de la pandémie seront adossées à la nouvelle réalité économique ».

LS

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Related Posts