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African Business

Les potentialités sont énormes

Les voyants économiques de la Côte d’Ivoire sont au vert. Les investisseurs répondent à l’appel du gouvernement et les potentiels sont nombreux, explique Emmanuel Esmel Essis, directeur général du Cepici.

Emmanuel Esmel Essis, Directeur général du Centre de promotion des investissements

 

Quel est le rôle du Cepici après la sortie de crise ? 

Quand on sort d’une crise, la première chose à laquelle on se consacre, c’est de tout faire pour relancer l’économie ! À savoir redonner confiance, une envie de vivre et un espoir à la population. Quand tout cet arsenal d’actions est en chantier, se pose la question de qui va les porter. Le monde moderne parle de marketing, c’est dans ce cadre que s’inscrit le Centre de promotion et des investissements en Côte d’Ivoire, qui est l’instrument du gouvernement pour contribuer à la promotion du pays. Les Ivoiriens ne sont plus dans cette période de guerre, bien au contraire. Le Cepici va attirer l’attention des investisseurs sur les potentialités dont regorge le pays avec un avenir qui se veut radicalement radieux. Nous avons connu un passé très douloureux, il fallait d’abord effacer cette image. Cette démarche est pragmatique, parce qu’avant que l’investisseur, le compatriote à l’extérieur ne vous écoute, il faut commencer par lui enlever cette mauvaise publicité contre l’image du pays qui a été faite pendant dix ans. Le marketing consiste à présenter les atouts de la Côte d’Ivoire avec des éléments concrets d’appréciation, relativiser ses faiblesses sans les nier, dans l’objectif de convaincre les investisseurs. Telle est la démarche du Cepici. L’existence du Cepici est donc tout à fait justifiée ! 

Par définition, vous êtes « le guichet unique » pour les investissements en Côte d’Ivoire. Avec quels arguments approchez-vous les investisseurs ? 

Notre passé ne nous complexe pas ! Des pays ont vécu des crises plus graves, mais ont connu la prospérité. Nous ne minimisons pas l’ampleur des dégâts au plan humain et matériel, toutefois je peux dire que nous en sommes sortis à bon compte. Car nous n’avons eu que dix ans de crise politique, et la crise militaro-politique n’a duré que quelque temps. En revanche, la crise postélectorale a été la plus sanglante. Quand on dresse le bilan, aujourd’hui, on constate que le pays peut avancer sur le chemin du développement. 

Aux investisseurs, je leur explique que ce pays regorge d’atouts. Du point de vue minier, pétrolier, agricole, touristique, infrastructures, la Côte d’Ivoire dispose de nombreuses ressources. Ensuite, je leur parle de notre Plan national de développement, le PND. Il est étalé sur cinq ans et valorisé à 11 000 milliards de F.CFA (22 milliards $). Rares sont les pays dans notre état de développement, aujourd’hui, qui choisissent cette orientation, en rédigeant un document qu’on appelle le plan national : il représente notre vision, transformée en projets. 

Nous partons avec une cible identifiée et un objectif économique. De plus, le plan vise tous les secteurs, y compris les secteurs sociaux. L’État a décidé de revenir à sa mission régalienne et a fait appel au privé pour l’accompagner dans ce développement, à hauteur de 60 % de ces 11 000 milliards de F.CFA. Enfin, je dis aux promoteurs que pour pouvoir y arriver, l’État s’engage dans des réformes pour améliorer l’environnement des affaires. Et croyez-moi, mes interlocuteurs sont réceptifs ! Je ne viens pas leur lire un discours avant de leur tourner le dos. Je leur donne de la documentation, je leur donne un plan secteur par secteur pour qu’ils aient une meilleure

visibilité. Pour conclure, je leur dis que nous avons une position stratégique, importante et déterminante en Afrique de l’Ouest. Sur le plan géographique, la Côte d’Ivoire est équidistante de tous les pays de la région. Elle représente 40 % des avoirs financiers de l’Uemoa, elle fournit de l’énergie aux pays de la sous-région. Nous allons développer bientôt des programmes d’autoroutes qui vont relier les grandes villes de l’hinterland, permettant ainsi leur accès aux ports, nous avons d’ailleurs deux grands ports qui servent de portes de sortie aux pays enclavés, nous tentons de tirer l’économie de la sous-région vers le haut. Et le dernier argument, consiste à leur dire : « Venez. Vous avez en face de vous le Cepici qui est là pour vous accueillir ». 

L’État a décidé de revenir à sa mission régalienne et a fait appel au privé pour l’accompagner dans ce développement

Est-ce ce qui explique votre rôle majeur durant le Forum ICI-Investir en Côte d’Ivoire de 2014 ? 

Dans le PND, il y a un chapitre qui s’appelle le Plan stratégique de promotion des investissements (PSPI) qui est le plan du Cepici pour accompagner toute notre démarche. Il précise les stratégies marketing, les cibles, les actions, que nous projetons de faire sur les cinq années pour qu’on accompagne le développement. Dans le PSPI figurait en bonne place une grande activité qui a été créée par le Cepici, le Forum investir en Côte d’Ivoire. Il n’est donc pas né ex-nihilo. C’est une activité qui résulte d’une stratégie. Partant de là, 2011 a été une année de reconquête ; 2012 a été celle de la confirmation que nous étions sortis de la crise et que nous allions vraiment de l’avant. En 2013, il fallait dire aux partenaires « Venez ! », tout en accélérant les chantiers de réformes. À la fin de ces deux années, il fallait jauger l’action qui a été menée, non pas par le Cepici, mais par le gouvernement, avec à sa tête le président de la République. Et quand le premier responsable de l’État s’implique lui-même dans l’effort de promotion, le message porte davantage. En 2014, le Forum a permis de nous jauger, de constater où en nous étions en termes de résultats. Et je vous confirme que l’événement a été un succès ! Plus de 4 000 personnes y ont participé. Je n’évoque pas encore ses retombées, mais la qualité des invités et l’engouement des participants politiques, économiques, démontrent que la Côte d’Ivoire a réussi en deux ans à se replacer sur la carte économique mondiale. Le prochain ICI prévu en 2016 devrait accueillir 4 000 à 5 000 participants. 

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