x
Close
African Business

Les ports africains progressent (lentement) en efficacité

Les ports africains progressent (lentement) en efficacité
  • Publiémai 22, 2023

Selon un indicateur de l’efficacité des ports à conteneurs, les ports d’Afrique subsaharienne ont réalisé quelques progrès en 2022, mais il leur reste du chemin à parcourir. Les ports nord-africains se distinguent.

 

Retour à la normale dans les ports. En effet, le rapport sur l’indice mondial de performance des ports à conteneurs (CPPI) constate « une nette amélioration des conditions opérationnelles ». Partout dans le monde, les ports continuent de récupérer leur retard et pourraient encore gagner en efficacité dans certains domaines. Le rapport souligne les excellentes performances des ports du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord.

Le rapport, conçu par la Banque mondiale et S&P Global Market Intelligence, signale combien ils réussiraient à accroître leur productivité et améliorer la qualité des services, en dématérialisant davantage les procédures et en modernisant les infrastructures. Cela leur permettrait également de réduire les émissions polluantes.

L’effet négatif des mauvaises performances d’un port peut s’étendre au-delà de l’hinterland de ce port à d’autres, car les services de transport de conteneurs suivent un programme fixe avec des fenêtres d’accostage spécifiques dans chaque port d’escale sur l’itinéraire.

Techniquement, l’indice mesure le temps écoulé entre l’arrivée en rade d’un navire et son départ du poste d’amarrage, une fois l’échange de cargaison effectué. Il permet d’identifier les lacunes des infrastructures portuaires commerciales et à formuler des recommandations qui profiteraient à tous les acteurs clés du commerce mondial : États, compagnies maritimes, opérateurs de ports et de terminaux, affréteurs, entreprises de logistique et consommateurs.

Si le port chinois de Yangshan – bien qu’affecté par des catastrophes climatiques –, arrive en tête de classement, trois ports de la zone Moyen-Orient Afrique du Nord suivent : Salalah (Oman), Khalifa (Aboud Dhabi) et le port marocain Tanger Med. À noter qu’en Europe, c’est le port d’Algérsiras – très proche de Tanger, mais orienté vers la Méditerranée –, qui arrive en tête, à la 16e place mondiale. Le port espagnol est bien mieux classé que le géant européen Anvers (66e) selon un classement avant tout qualitatif.

Le port de Berbera (Somalie), à la 144e place, est le plus performant d’Afrique subsaharienne (photo ci-dessus). Si Port-Saïd (Égypte) se classe au 10e rang mondial, Djibouti figure à la 26e place, mais Casablanca n’occupe que le 159e rang, Dakar le 196e, que Maputo n’est qu’au 248e rang et Douala (295e) ne brille guère… Mieux placés, Berbera (Somaliland) est au 144e rang, Conakry au 189e, Matadi (RD Congo) au 197e

 

Des points d’accès vitaux

 « De nombreux ports de la région pâtissent de la durée excessive des cycles de chargement/déchargement, faisant peser un risque constant de perturbation sur la chaîne logistique », souligne le rapport. Qui pointe néanmoins une meilleure performance, en moyenne, des ports d’Afrique subsaharienne, en matière de réduction des temps d’arrivée de navires. Ce, notamment aux ports du Cap, de San Pedro, d’Abidjan, et de Mombasa.

En effet, « il est indispensable d’accroître la performance des ports d’Afrique pour libérer la croissance et le développement du continent, considère Martin Humphreys, de la Banque mondiale. « Ces ports sont autant de points d’accès vitaux pour le commerce et les échanges ; leur efficacité contribue à la sécurité alimentaire et constitue également un facteur déterminant pour le plein épanouissement économique de l’Afrique », juge l’économiste.

Le port de Tanger au Maroc

 

Le transport maritime est à la base du commerce mondial et de la chaîne d’approvisionnement de l’industrie manufacturière. L’industrie maritime constitue le mode de transport le plus rentable, le plus économe en énergie et le plus fiable pour les longues distances.

Plus de 80 % du commerce mondial de marchandises (en volume) est transporté par voie maritime. Une proportion considérable et croissante de ce volume, représentant environ 35 % du volume total et plus de 60 % de la valeur commerciale, est transportée dans des conteneurs.

L’émergence de la conteneurisation a entraîné des changements significatifs dans la manière et le lieu de fabrication et de traitement des marchandises, une tendance qui devrait se poursuivre avec la numérisation. Les ports à conteneurs sont des nœuds critiques dans les chaînes d’approvisionnement mondiales et sont essentiels aux stratégies de croissance de nombreuses économies émergentes. Dans de nombreux cas, le développement d’une infrastructure portuaire de conteneurs de haute qualité fonctionnant efficacement a été une condition préalable à la réussite des stratégies de croissance axées sur les exportations. « Les pays qui suivent une telle stratégie auront des niveaux de croissance économique plus élevés que ceux qui ne le font pas », insiste le rapport.

 

Une étape clef de la chaîne de valeur

Des infrastructures portuaires efficaces et de qualité peuvent faciliter les investissements dans les systèmes de production et de distribution, favoriser l’expansion de la fabrication et de la logistique, créer des opportunités d’emploi et augmenter les niveaux de revenus.

Cependant, les ports et les terminaux, en particulier les terminaux à conteneurs, peuvent entraîner des retards dans les expéditions, des perturbations dans la chaîne d’approvisionnement, des dépenses supplémentaires et une baisse de la compétitivité.

L’effet négatif des mauvaises performances d’un port peut s’étendre au-delà de l’hinterland de ce port à d’autres, car les services de transport de conteneurs suivent un programme fixe avec des fenêtres d’accostage spécifiques dans chaque port d’escale sur l’itinéraire. Par conséquent, de mauvaises performances dans un port peuvent perturber l’ensemble du programme. Cela augmente le coût des importations et des exportations, réduit la compétitivité du pays et de son arrière-pays, et entrave la croissance économique et la réduction de la pauvreté. Les conséquences sont particulièrement importantes pour les pays en développement sans littoral et les petits pays insulaires en développement.

 

@AB

Écrit par
Aude Darc

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *