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African Business

Les petites entreprises, moteur de la croissance verte

Les petites entreprises, moteur de la croissance verte
  • Publiéoctobre 25, 2023

Un forum de l’OMC a mis en évidence le rôle des petites entreprises, ainsi que des petits exploitants agricoles, au sein d’une économie africaine qui opte conjointement pour la croissance durable et le libre-échange.

 

L’International Trade Center (ITC) revient sur les principales conclusions du Forum public 2023 de l’OMC (Organisation mondiale du commerce), qui s’est déroulé à la mi-septembre. Sous le thème « Il est temps d’agir », les intervenants ont examiné comment le commerce peut-il contribuer à un avenir plus vert et plus durable.

« Le changement climatique exacerbe les problèmes existants. Une transition verte juste et inclusive doit impliquer la participation active des petites entreprises, en particulier celles dirigées par des jeunes, des femmes, des communautés autochtones et des groupes marginalisés », a ainsi déclaré Pamela Coke-Hamilton, directrice exécutive de l’ITC.

À noter qu’au cours du forum, le Sénégalais Babacar Birane, directeur de Concree, a montré comment les entrepreneurs peuvent concrétiser leur idée de commerce vert en utilisant l’intelligence artificielle.

Selon elle, les petites entreprises sont essentielles pour mener à bien la transition verte. Par conséquent, leurs voix doivent être entendues aux tables de négociation, y compris lors des deux grands événements mondiaux à venir, la COP28 de novembre 2023 et la 13e Conférence ministérielle de l’OMC, au début de 2024.

Pamela Coke-Hamilton.
Pamela Coke-Hamilton.

Pourtant, les petites entreprises manquent souvent d’informations, de compétences, de technologies et de financements pour prendre des mesures en faveur du climat. Dans l’Enquête sur la compétitivité des PME 2022 de l’ITC, menée auprès d’entreprises africaines, seules 38 % des micro, petites et moyennes entreprises déclaraient avoir pris au moins une mesure pour réduire leur exposition aux risques environnementaux, alors que le chiffre équivalent pour les grandes entreprises était de 60 %.

De quoi les petites entreprises ont-elles besoin non seulement pour atténuer le changement climatique et s’y adapter, mais aussi pour tirer parti des nouvelles opportunités commerciales vertes et participer à la prise de décision ?

 « Une plus grande collaboration est nécessaire pour plaider en faveur d’un changement de paradigme dans le système de financement international, et de la nécessité de mieux mesurer, de renforcer la résilience et d’adopter de meilleures mesures pour le développement durable », a déclaré Hyginus Leon, président de la Banque de développement des Caraïbes à Sainte-Lucie.

 

L’expérience des Caraïbes

Bien sûr, aider les petites entreprises dans la transition climatique exige que les banques multilatérales de développement et les institutions financières internationales renforcent leur plaidoyer ainsi que leur financement, leurs conseils politiques, le renforcement des capacités, l’assistance technique et d’autres formes de soutien institutionnel.

Marike de Peña est présidente du Réseau latino-américain et caribéen des petits producteurs et travailleurs du commerce équitable (CLAC). Elle a souligné l’importance des petits exploitants agricoles pour les systèmes et la sécurité alimentaires. Ils devraient donc être au cœur de l’élaboration des politiques, car ce sont eux qui sont touchés par l’évolution des réglementations et des paysages et qui reçoivent davantage de soutien pour se conformer aux nouvelles exigences en matière d’adaptation au changement climatique et d’atténuation de ses effets.

De plus, ont souligné les intervenants, une plus grande collaboration est nécessaire pour plaider en faveur d’un changement de paradigme dans le système de financement international.

Jerry Spooner, directeur exécutif de Regenerative Vanua, a fait part du succès de la nouvelle stratégie touristique de Vanuatu, qui implique les communautés autochtones en tant qu’entrepreneurs, tout en préservant le climat, la culture et la nourriture et en renforçant la résilience.

Représentant 90 % des entreprises dans la plupart des pays, les petites entreprises sont une force de transformation.

Enfin, lors d’une session consacrée au rôle de la ZLECAf (Zone de libre-échange continentale africaine), l’économiste Dorothy Tembo (photo ci-contre) a partagé deux idées fortes. Premièrement, les chaînes de valeur durables et résilientes sont essentielles pour atteindre les Objectifs de développement durable des Nations Unies et l’Agenda 2063 de l’UA. Deuxièmement, la ZLECAf offre une opportunité de faire progresser la production et le commerce durables en Afrique, et dans ce cadre, « les petites entreprises doivent en être la force motrice ».

« Nous ne pouvons pas le faire individuellement, nous devons nous associer et nous devons nous assurer que nous faisons les choses correctement. Le multilatéralisme est le seul espoir, il doit fonctionner », a martelé l’ambassadeur de Gambie en Suisse, Muhammadou M.O. Kah.

Peter Nyeko, cofondateur et PDG de Mandulis Energy en Ouganda, juge également que les petites entreprises peuvent rapidement fournir des solutions à petite échelle et profiter des initiatives internationales par le biais de la ZLECAf. Toutefois, la communication est essentielle pour comprendre la gamme d’offres de la zone de libre-échange.

 

PF, d’après un compte rendu de l’ITC

@AB

 

Écrit par
Paule Fax

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