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African Business

Les opportunités d’exportation vers la Chine

La Chine s’est engagée à faciliter les importations de produits africains, renforcer la reconnaissance des marques et les rendre plus disponibles en ligne. Les opportunités pour les vendeurs africains sont énormes.

Par Rosie Wigmore et Hannah Ryder

Le 19 janvier 2022 est un jour dont l’ambassadeur d’Éthiopie en Chine, Teshome Toga, se souviendra longtemps. Ce jour-là, la star chinoise de la diffusion en direct Austin Li Jiaqi, également connue sous le nom de Lipstick King, et l’ambassadeur ont réussi à vendre en une seule seconde plus de 11 000 paquets de trois marques de café éthiopien.

En ce qui concerne les produits africains, la plupart des consommateurs chinois ignorent encore ce que le continent peut offrir. Et la plupart des entreprises africaines méconnaissent les opportunités nouvelles qui s’offrent à elles.

Il serait facile de considérer cet événement comme un gadget marketing faisant la promotion d’Alibaba, la plateforme géante de commerce électronique chinoise. Il est surtout un exemple qui mérite d’être bien compris, notamment parce qu’il peut susciter des implications pour la nouvelle zone africaine de libre-échange.

Les 11 000 ventes se sont nouées dans la foulée de la huitième Conférence ministérielle du Forum sur la coopération sino-africaine (Fofac), qui s’était tenue en novembre 2021 à Dakar, au Sénégal, à laquelle nous avions assisté, aux côtés de l’ambassadeur Toga et d’autres personnalités.

Les gros titres de la presse internationale se sont concentrés sur les principaux engagements financiers pris lors de la conférence. Pourtant, parmi les discours et documents publiés figuraient des décisions importantes sur le commerce qui n’ont pas encore été vraiment intégrées par les entreprises et organisations africaines.

Expliquons-nous. De nouveaux accords commerciaux définissent le cadre dans lequel ces cartons de café ont été vendus, des accords que l’ambassadeur Toga et d’autres ont travaillés âprement pour proposer et négocier. Ces nouvelles mesures auront un impact sur les entreprises africaines en 2022 et la nouvelle année lunaire du Tigre.

Trois mesures spécifiques

Ces documents comprenaient un engagement de la Chine à atteindre 300 milliards de dollars d’importations annuelles en provenance d’Afrique, d’ici à 2025. C’est une avancée particulièrement importante étant donné que les importations en 2021, n’ont atteint que 106 milliards $. L’atteinte de cet objectif pourrait faire de la Chine la première destination d’exportation de l’Afrique, devant l’Union européenne.

Les engagements étaient assortis de trois mesures spécifiques. Premièrement, la Chine va ouvrir des « voies vertes » pour les exportations agricoles africaines vers la Chine. Deuxièmement, le pays va explorer la reconnaissance de l’origine géographique des produits africains. Et troisièmement, il ouvre largement le commerce électronique en organisant des fenêtres de shopping en ligne pour promouvoir les produits africains. Il lance une campagne pour commercialiser 1 000 produits africains et aider 100 magasins africains.

Cet ambitieux programme d’accès au marché chinois prévoit des détails spécifiques pour aider concrètement les entreprises africaines à travailler avec la Chine. En premier lieu, la rationalisation des importations agricoles

Les « voies vertes » facilitent et simplifient les processus d’entrée des marchandises en Chine. Ces nouvelles mesures permettent à des produits comme le café d’être vendus sur le marché chinois, en minimisant les tarifs douaniers et en supprimant les barrières non tarifaires, lorsque les produits traversent les frontières. On songe à la présentation des certificats d’origine, dont les délais d’obtention peuvent entraîner de longs retards en Douane et conduire à la destruction des produits agricoles. En effet, de nombreuses exportations agricoles importantes, telles que le maïs, le coton brut, le riz, le sucre, le blé, la laine et les fibres de laine sont en fait exclues des régimes en franchise de droits, pour les pays les moins avancés.

En second lieu, l’origine géographique. L’appellation d’origine est un moyen de préserver et potentiellement d’augmenter la valeur de produits, tels que le café éthiopien qui ont des procédés spécifiques et uniques qui devraient être reconnus comme propriété intellectuelle dans le monde entier, préservant ainsi leur valeur intrinsèque, comme c’est le cas pour le sirop d’érable canadien ou le champagne français.

Avec cet engagement, la Chine est devenue le premier pays à reconnaître la propriété intellectuelle associée aux produits agricoles africains, ce qui signifie qu’ils pourraient être vendus à des prix beaucoup plus élevés à l’avenir.

Troisièmement, la promotion du commerce électronique. Ce dernier est la voie royale à suivre en Chine, un pays où 80% de la population est enregistrée auprès de points de vente en ligne. Les détaillants aussi utilisent ces plateformes virtuelles. Avec la Covid-19, la part du commerce électronique, on le sait, a pris une autre dimension. La taille du marché potentiel du pays est énorme et en croissance. Le marché, lui, n’est pas virtuel : Shanghai compte déjà 7 000 cafés, soit près du double qu’à New York.

 

En ce qui concerne les produits africains, la plupart des consommateurs chinois ignorent encore ce que le continent peut offrir. Les nouvelles plateformes pour la commercialisation des produits africains auprès des consommateurs chinois – comme celle annoncée à Dakar – peuvent changer la donne d’une manière significative.

@RW et HR

 

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