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Les mini-réseaux solaires trouvent des financements

Les mini-réseaux solaires trouvent des financements
  • Publiéoctobre 27, 2023

Une levée de fonds record permettra à Husk Power d’intensifier le déploiement de mini-réseaux solaires. Présente au Nigeria, la société devrait prochainement proposer ses produits en RD Congo.

 

Husk Power, qui développe des mini-réseaux reposant sur l’énergie solaire et le stockage par batterie, vient de dévoiler la plus importante levée de fonds jamais réalisée dans le secteur des mini-réseaux. Les 43 millions de dollars de fonds propres obtenus lors de son tour de table de série D seront complétés par un financement par emprunt d’un montant total de 60 millions $, ce qui permettra à l’entreprise de disposer d’un important trésor de guerre pour développer ses activités en Afrique et en Asie du Sud.

Le succès de la levée de fonds d’Husk envoie « un signal clair au marché : les mini-réseaux en tant que classe d’actifs sont désormais bancables à l’échelle commerciale », affirme le PDG Manoj Sinha.

Un mini-réseau est un réseau électrique à petite échelle qui dessert généralement les populations des zones isolées ou rurales qui sont plus difficiles à atteindre avec le réseau principal de transmission et de distribution de l’électricité. Dans le cas de Husk Power, l’électricité est produite à partir d’unités solaires et sauvegardée par des batteries.

Husk a réussi à obtenir des engagements de la part de la société française de capital-investissement STOA Infra & Energy dans le cadre du cycle de financement, ainsi que de plusieurs institutions de financement du développement. Ces capitaux aideront l’entreprise à faire avancer son initiative Africa Sunshot, annoncée lors du sommet africain sur le climat en septembre, qui vise à déployer 2 500 mini-réseaux sur le continent pour un coût de 500 millions $.

Manoj Sinha, cofondateur et PDG de Husk, explique à African Business que le nouveau financement permettra à l’entreprise de procéder à une « expansion très rapide au cours des quatre ou cinq prochaines années ». Selon lui, le déploiement des mini-réseaux améliorera la vie de quatre millions de personnes et empêchera le rejet de « centaines de milliers de tonnes de CO2 » dans l’atmosphère.

Manoj Sinha ajoute que la fourniture d’électricité par les mini-réseaux peut contribuer à déclencher une « révolution industrielle rurale » en Afrique. L’un des facteurs clés de la réussite de l’entreprise à ce jour est son travail visant à encourager les petites industries manufacturières à passer de processus manuels à des processus mécanisés ; cela permet aux fabricants de développer leurs activités, tandis que l’augmentation de la consommation d’énergie rend les systèmes de Husk plus rentables.

 

Combler le déficit d’électricité

Husk opère en Inde depuis quinze ans et s’est implantée au Nigeria, son premier marché africain, en 2020. L’un des principaux attraits, nous confie Manoj Sinha, est que le Nigeria a adopté un cadre politique pour les mini-réseaux en 2016, en s’inspirant fortement d’une politique adoptée dans l’État indien de l’Uttar Pradesh et en la contextualisant ensuite pour le marché nigérian. Le résultat, juge-t-il, est une politique de mini-réseaux qui est « peut-être la meilleure au monde ».

Manoj Sinha indique que la RD Congo sera probablement le prochain marché africain sur lequel Husk s’implantera, ajoutant qu’il aimerait déployer des mini-réseaux dans « quatre ou cinq » autres pays africains.

Il ne fait aucun doute que l’énergie offerte par les mini-réseaux fait cruellement défaut sur le continent. Environ 600 millions de personnes en Afrique continuent de vivre sans électricité, tandis que des millions d’autres souffrent de connexions peu fiables ou limitées.

Un mini-réseau en RD Congo, soutenu par Gaia Impact Fund

 

Bien qu’une partie de la solution pour étendre l’accès à l’électricité provienne d’investissements dans les lignes de transmission et de distribution, Manoj Sinha insiste sur le fait qu’il n’y a pas de choix possible entre le déploiement de mini-réseaux et l’expansion des réseaux nationaux. « Nous devons faire les deux », considère-t-il, en soulignant que les mini-réseaux peuvent être connectés au réseau principal dans certains cas, de sorte que les réseaux puissent s’alimenter l’un l’autre en fonction des besoins.

Les mini-réseaux peuvent être « très importants » pour stabiliser un réseau national à mesure que l’intermittence de l’énergie éolienne et solaire devient plus fréquente. La connexion à un mini-réseau offre une flexibilité qui permet au réseau national d’importer ou d’exporter de l’électricité lors des pics ou des creux de la demande.

Manoj Sinha nie également que les mini-réseaux ne soient qu’une « solution provisoire » pour fournir de l’électricité en attendant que les réseaux de transport et de distribution soient développés. « Il s’agit en fait d’une solution qui dure plus de trente ans », affirme-t-il. « Nous avons démontré que les mini-réseaux fonctionnent pendant des décennies et des décennies dans un pays comme l’Inde, où le réseau est omniprésent. »

Le succès de la levée de fonds d’Husk envoie « un signal clair au marché : les mini-réseaux en tant que classe d’actifs sont désormais bancables à l’échelle commerciale », affirme Manoj Sinha. Husk prévoit d’installer un nouveau mini-réseau tous les deux jours en moyenne, afin de contribuer à combler le fossé de l’accès à l’énergie en Afrique.

@AB

 

Écrit par
Ben Payton

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