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African Business

Les entreprises s’engagent contre le paludisme

La Journée internationale du moustique, le 20 août 2020, est venue rappeler la nécessité de combattre ce fléau qu’est le paludisme. Une initiative privée, dirigée par Ecobank, rejoint les efforts de l’Union africaine pour mobilier les entreprises.

Par Laurent Soucaille

« Zéro palu, les entreprises s’engagent. » Telle est l’initiative lancée par divers partenaires, sous la tutelle de Ecobank, pour en finir avec le paludisme en Afrique. Le groupe bancaire s’est associé avec l’organisation à but non lucratif de communication Speak Up Africa, basée à Dakar, et le Partenariat RBM pour en finir avec le paludisme, hébergé par les Nations unies.

Ce nouveau programme vise à encourager l’engagement du secteur privé dans la lutte contre le paludisme en Afrique. Il rejoint le mouvement panafricain « Zéro palu ! Je m’engage » relancé lors du 31e sommet de l’Union africaine, en 2018.

La communauté scientifique a enregistré des progrès sensibles dans la lutte contre le paludisme. Tandis que la Covid-19 peut être un vecteur de transformation économique en Afrique. Les mesures qu’elle impose pour préserver la vie plaident en faveur de l’implication des PME.

À travers tous les pays d’Afrique touchés par le paludisme, à commencer par le Bénin, le Burkina Faso et le Sénégal. Cette collaboration encouragera les décideurs à accroître les financements et à offrir des réponses plus fortes et plus ciblées en matière d’élimination de la maladie.

L’objectif de cette initiative est de faciliter la mobilisation de ressources nationales pour un financement durable des programmes de contrôle et d’élimination du paludisme. Elle engage la contribution des entreprises dans cette cause, puis conçoit ou développe des plateformes de collaboration, lesquelles s’appuient sur le réseau de contacts du groupe panafricain.

« Sur le long terme, l’élimination du paludisme permettra d’accroître la prospérité dans toute l’Afrique, en favorisant une main-d’œuvre en meilleure santé qui pourra stimuler la croissance économique », commente Paul-Harry Aithnard, directeur exécutif Uemoa de Ecobank.

Initialement lancée au Sénégal en 2014, la campagne « Zéro palu ! Je m’engage » s’adresse aux dirigeants politiques, au secteur privé et aux communautés pour qu’ils prennent des mesures de protection contre le paludisme. La nouvelle initiative continuera d’avancer cette mission. À ce jour, quinze pays du continent ont lancé leur campagne nationale sur ce thème.

Accroître les financements

L’OMS estime à plus de 10 milliards de dollars les investissements nécessaires pour la mise en œuvre des stratégies nationales de lutte contre le paludisme dans trente pays africains au cours des trois prochaines années.

Toutefois, malgré les efforts déployés par les gouvernements, le financement de la lutte contre le paludisme reste un défi. Deux milliards de dollars supplémentaires par an sont nécessaires pour protéger toutes les populations exposées au paludisme, d’où l’importance d’engager le secteur privé.

« Pour que nous puissions en finir avec le paludisme à l’horizon de la génération actuelle, il est crucial d’accroître les financements de la lutte contre cette maladie, et ainsi protéger toutes les personnes à risque » souligne le Dr Abdourahmane Diallo, qui dirige le Partenariat RBM pour en finir avec le paludisme. Qui se félicite que le groupe Ecobank « montre la voie et présente au secteur privé dans son ensemble une occasion unique de se joindre à la lutte ».

Le paludisme reste l’une des maladies les plus meurtrières sur le continent, responsable de plus de 400 000 décès pour la seule année 2018. Le paludisme cause des dégâts sanitaires au sein des communautés africaines, mais aussi des dégâts économiques en limitant la croissance et en aggravant la pauvreté de la population active.

Bien que les investissements dans la lutte contre le paludisme aient contribué à sauver 7 millions de vies et à prévenir plus d’un milliard de cas de paludisme depuis l’an 2000, la pandémie Covid-19 menace ces acquis. L’OMS estime, dans son pire scénario, que le nouveau virus pourrait doubler le nombre de décès dus au paludisme en 2020.

Le paludisme peut être éliminé

 « Nous tirons parti de nos investissements dans les PME africaines pour évaluer la meilleure façon de tirer parti de notre plateforme pour l’élimination du paludisme », explique Carl Manlan, directeur des Opérations de la Fondation Ecobank. Qui trouve en Speak Up Africa « un partenaire de choix » pour faire progresser un partenariat public-privé pour mettre fin au paludisme en Afrique notamment dans trois pays.

Le paludisme est un ennemi de longue date mais il peut être éliminé. La pandémie de la Covid-19 représente « une opportunité » de repenser la santé en tant que problème économique. D’un point de vue commercial, « nous travaillons avec des millions de citoyens à travers l’Afrique », poursuit Carl Manlan. Qui considère que les dirigeants de PME ont un double rôle dans leur communauté, dont celui de prêter leur voix dans la lutte contre le paludisme.

En écho à l’initiative de l’Union africaine, cette démarche « agit comme une voix pour le secteur privé africain, et toute entreprise peut s’impliquer ». L’influence et les compétences que le secteur privé florissant de l’Afrique peut appliquer pour conduire un changement positif sont immenses.

« Si nous travaillons tous ensemble pour influencer les politiques et augmenter les financements, nous pouvons sans aucun doute avoir un impact considérable sur le nombre de cas de paludisme et des décès dus à la maladie. » En effet, le continent a beaucoup à gagner s’il éliminait ce fléau : « Nous ne pouvons pas réaliser le progrès économique sans des personnes en bonne santé ! »

Un surcoût modeste de la prévention

Le coût économique du paludisme est bien connu. L’initiative « zéro palu, les entreprises s’engagent » veut se traduire en une opportunité pour les chefs d’entreprise et leur permettre d’agir maintenant afin que l’Afrique vive demain sans moustiques nuisibles.

Malgré les progrès incroyables réalisés contre le paludisme et l’engagement manifesté par les gouvernements, les organisations du secteur privé et les communautés à travers le monde, le continent ne peut pas vaincre la maladie avec les outils ou les niveaux de financement dont elle dispose actuellement. Selon le responsable de la Fondation Ecobank, le surcroît de financement nécessaire, en apparence considérable, est inférieur à 2 $ par Africain et par an.

La communauté mondiale de la santé, de concert avec les communautés locales, a enregistré des progrès sensibles dans la lutte contre le paludisme. Tandis que la Covid-19 peut être un vecteur de transformation économique sur le continent africain.

Les mesures qu’elle impose pour préserver la vie plaident en faveur de l’implication des PME en Afrique. Le « miracle » viendra de la prévention, conclut Carl Manlan, qui fait allusion à la distribution de moustiquaires traitées et d’autres outils essentiels de prévention et de traitement du paludisme. « Les moustiques n’obéissent pas aux règles de distance physique en période de la Covid-19 ! »

Pour en savoir plus : zeropalu.org

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Written by Par Laurent Soucaille

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