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Les entreprises africaines sont favorables à la ZLECAf

Les entreprises africaines sont favorables à la ZLECAf
  • Publiédécembre 29, 2023

Le Comité panafricain du commerce et de l’investissement du secteur privé (PAFTRAC) a présenté sa dernière enquête sur le climat des affaires sur le continent. Retour sur ses principales conclusions et les débats qu’il suscite.

 

L’enquête annuelle sur le commerce des chefs d’entreprise donne un aperçu des sentiments des chefs d’entreprise africains et vise à éclairer la prise de décision des responsables politiques Cette année, plus de 1 000 chefs d’entreprise de 44 pays, soit l’échantillon le plus important jamais constitué, ont participé à l’enquête. Elle montre que si l’inflation et l’accès au financement restent des préoccupations majeures pour les entreprises africaines, celles-ci sont optimistes quant aux perspectives de la zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).

Des régimes tarifaires inégaux risquent d’être la principale pierre d’achoppement de la mise en œuvre de la ZLECAf. L’augmentation du commerce intrarégional dépendra également, dans une large mesure, de l’expansion de l’infrastructure routière.

Présentant les résultats de l’enquête, le professeur Patrick Utomi, président du PAFTRAC et consultant en politique auprès de l’Africa Export-Import Bank, a noté que la majorité des entreprises sondées étaient des petites entreprises, et qu’environ 35 % d’entre elles étaient en activité depuis cinq ans ou moins. Environ 80 % des entreprises en Afrique sont des PME.

Si l’augmentation de la dette et les problèmes de sécurité dans le monde sont préoccupants, l’inflation élevée est la principale préoccupation des personnes interrogées. « De manière écrasante, l’inflation est considérée comme ayant l’impact le plus important sur les entreprises », a déclaré Patrick Utomi.

 

Le libre-échange stimule l’optimisme

Malgré les défis, l’optimisme concernant la ZLECAf est élevé. Plus de 50 % des entreprises anticipent un impact positif, tandis qu’« environ 24 % jugent qu’elle aura un effet modéré sur leurs activités, tandis que 18 % estiment qu’elle aura peu d’effet, ou ne savent pas quel impact elle aura sur leurs activités ».

Le professeur Patrick Utomi.
Le professeur Patrick Utomi.

L’obstacle commun mis en évidence par l’enquête est l’accès au financement, qui affecte la capacité des entreprises de tous les secteurs à développer leurs activités. Patrick Utomi a noté que l’agriculture, l’industrie manufacturière et les transports, en particulier, considèrent le financement comme un obstacle majeur. « Cela montre clairement que si le financement n’existe pas, tout ce dont nous parlons, qu’il s’agisse du commerce transfrontalier, de l’unification ou de la ZLECAf, ne serait que de la rhétorique », a souligné Patrick Utomi.

Comme dans les enquêtes précédentes, le manque d’informations adéquates sur la ZLECAf constitue une préoccupation majeure. « La plupart d’entre eux ne savent pas comment en tirer profit ! »

En réponse à ces préoccupations, le rapport fait un certain nombre de recommandations, qui se concentrent sur la stimulation de la production à valeur ajoutée, la fourniture de plus d’informations sur les opportunités de la ZLECAf, la création de forums pour l’engagement des PME avec les décideurs politiques, l’incitation des agrégateurs transfrontaliers et l’encouragement de la collaboration entre le secteur privé et les institutions de développement. Le rapport souligne également la nécessité d’améliorer les capacités, de créer des structures permettant aux entreprises d’accéder au financement et d’assurer un suivi et une évaluation continus de la mise en œuvre de la ZLECAf pour assurer un avenir prospère au commerce en Afrique.

La présentation de l’enquête a été suivie d’un débat entre le professeur Utomi, Gwendoline Abunaw, directrice générale d’Ecobank Cameroun, Geoffrey White, PDG d’Agility Africa, et Amit Agrawal, directeur national d’Olam Agri pour le Ghana.

 

L’accès au financement est essentiel

Patrick Utomi s’est félicité des conclusions du rapport, déclarant qu’« il s’agit d’une réaffirmation importante, à savoir que le problème de l’accès au financement est un défi majeur, en particulier pour le commerce transfrontalier ». Il a noté que l’inflation reste également un défi majeur, découlant des tendances récentes et des crises de la chaîne d’approvisionnement liées à la pandémie de Covid-19. Cela a eu un impact significatif sur la capacité des petites entreprises à faire face à leurs engagements.

Patrick Utomi a également souligné l’importance de la disponibilité de l’information et du rôle des agrégateurs dans la facilitation d’un commerce efficace, ce qui, selon lui, pourrait leur donner le type de volume qui ferait d’elles des acteurs de premier plan. Il a souligné que la PAFTRAC continuerait à jouer son rôle et à travailler avec les décideurs politiques pour créer les conditions les plus propices aux affaires et au commerce sur le continent.

Gwendoline Abunaw

Réagissant aux conclusions du rapport qui indiquent que l’Afrique centrale est la région la moins dynamique du continent, Gwendoline Abunaw a rappelé que « les flux ne sont pas au niveau qu’ils devraient être. Et cela montre en fait qu’il y a eu une régression ou une stagnation ».

D’autres obstacles au commerce régional, signalés par la dirigeante de Ecobank Cameroun, sont l’insuffisance des liaisons de transport, les barrières d’intégration économique et physique, et la complexité des régimes douaniers et fiscaux. « La libéralisation du commerce stimulerait sans aucun doute la croissance économique et la réduction de la pauvreté. »

Elle a souligné les efforts déployés par des institutions financières pour faciliter les transferts d’argent et soutenir les petits et moyens acteurs du commerce transfrontalier, tout en insistant sur le rôle crucial de la volonté politique dans le traitement des questions d’infrastructure, de droits de douane et de décisions liées au commerce entre les pays participants.

Geoffrey WhiteDe son côté, Geoffrey White (photo ci-contre) s’est dit très encouragé par l’enthousiasme manifesté à l’égard de la ZLECAf, qui a le potentiel de créer un marché de 1,3 milliard de personnes, qui passera à 2,4 milliards au cours des 25 prochaines années. « Le concept de la ZLECAf est fort et tellement bénéfique pour tout le monde », a-t-il résumé.

Il a indiqué que son entreprise, Agility Africa, qui construit des entrepôts en Afrique, facilitera les activités des entreprises locales et étrangères, ce qui est conforme aux objectifs du libre-échange.

 

Le commerce favorise la production locale

À la suite de la Covid-19, les entreprises sont désireuses de produire localement afin d’éviter les problèmes liés au transport de marchandises sur de longues distances. La création d’un marché plus vaste grâce à la ZLECAf ferait de l’Afrique une destination plus attrayante. « Si l’on peut réellement faire circuler les marchandises à travers les frontières facilement et de manière transparente dans un seul bloc commercial, l’Afrique de l’Ouest, par exemple, devient un marché de 500 millions de personnes », a remarqué Geoffrey White.

Amit Agrawal
Amit Agrawal

S’agissant du commerce intrarégional, Amit Agrawal a indiqué que la CEDEAO (Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest) était un bon exemple de bloc commercial régional. « Le régime de la CEDEAO fonctionne en fait assez bien en termes de documentation, d’acceptation à travers les frontières, de droits de douane nuls et d’entrée sur les différents marchés de la zone. »

Laquelle dispose également d’un bon réseau routier qui permet de transporter les marchandises du Ghana jusqu’au Niger et au Bénin, par exemple.

En ce qui concerne la zone de libre-échange, le représentant d’Olam a observé que des régimes tarifaires inégaux risquent d’être la principale pierre d’achoppement de sa mise en œuvre. L’augmentation du commerce intrarégional dépendra également, dans une large mesure, de l’expansion de l’infrastructure routière. Et dans certains cas, il est plus rentable de transporter des marchandises de l’Asie vers l’Afrique qu’entre les pays africains.

Amit Agrawal a proposé une approche progressive en commençant par améliorer le fonctionnement des blocs régionaux. « La première chose que l’Union africaine peut faire est d’assurer le bon fonctionnement des blocs régionaux. Il y a beaucoup de possibilités d’améliorer leur fonctionnement. »

Sur ce point, Gwendoline Abunaw a souligné l’importance de faciliter aussi la circulation des personnes au sein des blocs sous-régionaux et dans l’ensemble de l’Afrique.

@AB

Écrit par
Kwame Appiah

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