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Les énergies renouvelables intéressent les investisseurs

Les énergies renouvelables intéressent les investisseurs
  • Publiédécembre 26, 2023

Le groupe malgache Axian Energy recevra 30 millions de dollars du Fonds d’infrastructure pour l’Afrique émergente, filiale du PIDG dans le cadre de l’une des plus importantes opérations de financement de la dette dans le secteur cette année.

 

Le Fonds d’infrastructure pour l’Afrique émergente (EAIF) accorde un prêt garanti de premier rang de 30 millions de dollars à la société malgache Axian Energy. Cette facilité est destinée à soutenir la société dans le déploiement de 460 MW de nouvelles capacités de production d’énergie renouvelable au cours des dix prochaines années.

L’EAIF a pour mandat de fournir des facilités de prêt à des conditions préférentielles pour des projets d’infrastructure du secteur privé en Afrique. Le fonds fait partie du Private Infrastructure Development Group (PIDG), qui est lui-même détenu et financé par six gouvernements donateurs et la Société financière internationale. Ninety One, une société de gestion d’actifs basée à Londres et au Cap, est le gestionnaire du fonds EAIF.

Un rapport publié récemment indique que l’Afrique ne reçoit que 2 % du financement mondial pour les énergies propres, alors qu’elle représente environ 20 % de la population mondiale.

Tidiane Doucoure, directeur chez Ninety One, explique à African Business que les projets prévus par Axian Energy contribueraient à « diversifier les sources d’énergie sur le continent », notamment grâce à des projets solaires sur site, à des mini-réseaux et à des batteries de stockage d’énergie. Il ajoute que la facilité de prêt de l’EAIF permettra de « réduire les risques » des projets, « ce qui les rendra plus attrayants pour des investissements supplémentaires et améliorera la fiabilité de l’approvisionnement conformément aux normes internationales ».

Madagascar, où Axian Energy est basée, souffre de taux d’accès à l’électricité parmi les plus bas du monde. Selon la Banque mondiale, seul un tiers de la population a accès à l’électricité, ce qui laisse quelque 18 millions de personnes sans électricité.

En plus d’investir à Madagascar, Axian Energy prévoit également de lancer des projets dans des pays tels que le Cabo Verde, le Gabon, le Mozambique, le Rwanda, Sao Tomé-et-Principe, le Sénégal et la Tanzanie.

 

Financement à des conditions préférentielles

Cette annonce est la dernière d’une série d’accords dans le secteur de l’énergie annoncés en Afrique.

Si le besoin pressant de solutions aux problèmes chroniques d’électricité en Afrique est largement reconnu, des questions subsistent quant à la viabilité financière de l’investissement dans des projets destinés aux communautés à faibles revenus, en particulier dans les zones rurales.

Tidiane Doucoure souligne que les solutions d’énergie distribuée, y compris les mini-réseaux, permettent de réaliser des économies car elles évitent le recours à des infrastructures de transmission. Cette réduction des coûts se traduit par une baisse des tarifs.

Il reconnaît que les développeurs de projets doivent faire preuve d’innovation pour mettre au point des méthodes leur permettant de récupérer les coûts. « Rendre ces projets plus viables sur le plan économique exige de s’assurer de leur rentabilité, d’où la nécessité d’améliorer la commodité de paiement pour les habitants de ces communautés, par exemple avec des systèmes de paiement à l’utilisation par le biais des téléphones mobiles. »

L’amélioration de l’accès à des connexions électriques fiables peut renforcer la productivité économique : Cela améliore la situation financière de chacun et la capacité à payer le prix, tout en les incitant à le faire

De nombreux autres accords de cette nature seront nécessaires pour répondre sérieusement à la crise de l’électricité en Afrique. Hassanein Hiridjee, PDG du groupe Axian  – la société mère d’Axian Energy – considère ainsi que les mécanismes de financement concessionnel devraient être renforcés afin d’accélérer la transition énergétique en Afrique et de contribuer à étendre l’accès à l’électricité sur tout le continent.

Un rapport publié en septembre par l’Agence internationale de l’énergie et la Banque africaine de développement indique que l’Afrique ne reçoit que 2 % du financement mondial pour les énergies propres, alors qu’elle représente environ 20 % de la population mondiale.

Le rapport souligne que les financements concessionnels devront jouer un rôle clé dans l’accélération des investissements. Il estime que 28 milliards $ par an de capitaux concessionnels seront nécessaires pour mobiliser 90 milliards $ d’investissements du secteur privé d’ici 2030, soit plus de dix fois le niveau actuel.

@AB 

Écrit par
Ben Payton

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