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African Business Analyse et Opinion

Les écosystèmes d’entrepreneuriat, l’exemple du Sénégal

Les écosystèmes d’entrepreneuriat, l’exemple du Sénégal
  • Publiéseptembre 30, 2022

Les entreprises du Sénégal adoptent les nouvelles technologies plus rapidement qu’ailleurs, constate une étude de la Banque mondiale. Qui encourage le secteur privé à poursuivre cette voie, appelant la création d’écosystèmes, sources d’efficacité et de résilience.

 

De l’étude de septembre de la Banque mondiale sur le Sénégal, il serait dommage de ne s’arrêter qu’au seul chapitre conjoncturel. Certes, l’institution, tout en saluant le fort rebond de l’économie en 2021 (+6,1%) a ajusté en baisse sa prévision pour 2022 (+4,8%). La BM prévoit toutefois une croissance fortement stimulée par le début de la production d’hydrocarbure les deux années suivantes, avec un PIB en hausse de 9,2% l’an, en moyenne (lire graphique ci-dessous).

Plus intéressant, les économistes s’interrogent sur les moyens qu’a le Sénégal de transformer la crise actuelle en opportunité, dans un chapitre intitulé « Renforcer les écosystèmes d’entrepreneuriat au lendemain de la pandémie ».

En plus d’améliorer potentiellement la productivité des entreprises, l’adoption de technologies peut également être synonyme de nouvelles opportunités pour l’entrepreneuriat numérique, qui a le potentiel de jouer un rôle de catalyseur en innovant pour soutenir les entreprises de tous les secteurs.

Au Sénégal comme à travers le monde, le constat est le même. Les restrictions de mobilité, les perturbations globales des chaînes de valeur, le ralentissement de l’activité économique mondiale, les chocs potentiels de liquidité et l’augmentation de l’incertitude qui ont caractérisé la pandémie de Covid-19 menacent la survie de nombreuses entreprises et une grande partie des emplois du secteur privé.

Au Sénégal, de nombreuses activités économiques vulnérables à l’impact direct de ces chocs font partie de chaînes de valeur critiques ; par exemple, le tourisme et l’agro-industrie. Deux cycles d’une enquête sur le pouls des entreprises mises en œuvre par la BM, en avril et décembre 2020, suggèrent que la plupart des entreprises ont connu des réductions des ventes, des heures travaillées, de la demande de leurs produits et services, de leur trésorerie et de la disponibilité des biens intermédiaires.

Pour autant, « les mesures adoptées par le secteur privé pour répondre aux défis sanitaires pourraient favoriser la réaffectation efficace des facteurs de production », pointe la BM. De plus, ces mesures peuvent accroître la productivité sectorielle en incitant les entreprises à adopter des technologies plus avancées (par exemple, dans l’agroalimentaire et le tourisme) et en stimulant l’innovation, notamment dans les secteurs moins exposés au choc. Les économistes citent l’exemple des services numériques.

 

Des gains d’efficacité

Cadre général : à quoi servent les écosystèmes ? Ces derniers jouent un rôle clé dans l’amélioration de la productivité des entreprises, ouvrant un nouvel angle à la politique stratégique de la croissance. L’activité économique est souvent corrélée dans l’espace et les chocs subis par certaines entreprises dans certains endroits pourraient perturber de manière significative l’ensemble de la chaîne de valeur par des effets d’entraînement.

Les chocs subis par les agglomérations d’entreprises à fort potentiel pourraient être particulièrement coûteux pour la productivité, ralentissant considérablement la reprise de l’économie. Mieux les connaître permet d’identifier la contagion potentielle des chocs et contribuer à bien orienter les budgets publics.

 

Les politiques qui soutiennent l’adoption de technologies et tirent parti du potentiel des écosystèmes entrepreneuriaux locaux pendant la pandémie sont essentielles pour favoriser une reprise rapide. Les entrepreneurs utilisent leur talent pour combiner des machines et des équipements, des travailleurs et des biens intermédiaires afin de produire et de vendre des biens finaux sur les marchés. Ce processus se déroule dans un écosystème, un lieu géographique (commune, région ou pays) où les acteurs concernés sont interconnectés et qui se caractérise par la densité, la variété et la qualité des apports et des résultats de l’entrepreneuriat.

C’est pourquoi identifier le potentiel des écosystèmes locaux au Sénégal et profiter des gains d’efficacité associés aux économies d’agglomération pour soutenir la mise à niveau technologique « pourrait stimuler considérablement la reprise économique à moyen et long terme », note le rapport. Les entreprises ne se contentent pas d’adopter mais augmentent également l’intensité d’utilisation des technologies numériques.

 

Des sources de productivité

Et le constat est là : les premiers adoptants de ces technologies, au début du choc Covid-19, affichent une reprise plus rapide. Près de 32% des entreprises qui vendent sur des plateformes numériques au Sénégal ont signalé une augmentation des ventes en ligne, dès avril 2020. Les résultats montrent que les entreprises au Sénégal utilisent les technologies numériques de manière plus intensive, ce qui constitue un signal encourageant quant à l’accélération potentielle de la diffusion des technologies numériques.

Bien que les mesures sanitaires les plus restrictives aient été levées, l’incertitude quant à l’apparition de nouvelles infections, tant au niveau local que mondial, persistera dans un avenir prévisible.

Par conséquent, les entreprises sont obligées de s’adapter à cette nouvelle réalité en cherchant de nouveaux moyens d’atteindre les clients et les fournisseurs. Les solutions numériques ont été l’un des principaux moyens d’adaptation des entreprises dans le monde. Au Sénégal, les entreprises adoptent les technologies numériques à un rythme sans précédent, notamment dans le secteur manufacturier. En plus d’améliorer potentiellement la productivité des entreprises de tous les secteurs grâce à l’adoption de technologies, cette tendance peut également être synonyme de nouvelles opportunités pour l’entrepreneuriat numérique, qui a le potentiel de jouer un rôle de catalyseur en innovant pour soutenir les entreprises de tous les secteurs de l’économie. « Un objectif potentiel est de donner la priorité aux entreprises ayant un fort potentiel de productivité », recommande la BM à l’endroit des politiques publiques.

@AB

 

Écrit par
Laurent Soucaille

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